La plus jeune de leurs sœurs aînées
n est pas heureux, mon cirer rena
talent lui vaut plus de gloire qu< Mais enfin nous ferons ce que ne et avec autant de plaisir que ti recevoir.
Écris-nous souvent, ne te lasse ] ou quatre lettres, quand une seule drait, c'est toujours assez pour èti J'en ferai de même de mon côté, ] plaisir que tu auras d'entendre famille et d'une sœur qui t'a toi Pauvre Félix! que ton sort me f Mais ne te décourage pas, mon ai nesse n'estas heureuse, tu en pensé. Conduis-toi bien, fais-toi es tu sais te faire aimer. Ton esclai éternel. Supporte-le avec fermeU pour toi et pour nous tous.
apporterait un grand changement dans ton sort. Adieu! Du courage! Aime-moi, aimenous comme nous t'aimons, et ne néglige surtout aucun moyen de nous écrire. Je t'en promets autant de mon côté.
Toute à toi, ta meilleure amie et ta
sœur.
M. Desbordes.
Au libraire Louis ! .
Bruxelles, 9 décembre 1818.
Monsieur,
Il semble qu'un sort s'en mêle. Je suis malade depuis trois jours. Une fièvre de fatigue qui me brise. J'ai raisonné autant qu'on peut le faire avec une tête naturellement faible et
1. Le libraire Louis préparait alors la première édition des poésies de madame De s bord es- Val more. C'est par l'entremise du célèbre docteur Alibert, sou médecin et son ami, qu'elle était entrée en relations avec cet éditeur, et c'est Alibert qui l'avait enfin décidée à laisser imprimer ses vers. Elle l'en remerciait indirectement en lui dédiant la première pièce du volume, l'Arbrisseau, dont les corrections font précisément l'objet de la présente lettre. Engagée alors au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, où elle tenait l'emploi des jeunes premières, c'est de Bruxelles qu'elle correspondait avec son éditeur, lequel semblait vouloir lui dicter certains changements qui n'étaient pas tous de son goût.
arbrisseau ». Voilà l'autorité. Ap
sauve une répétition fatigante du seau, qui reviendrait quatre ou cinq pour l'oreille.
Au bruit des roseaux balancés, etc.
Il faudrait, je crois, pour que ce fût dit:
Au bruit de cette eau qui se promèn
et cela ne se peut. Il me semble vaut mieux ainsi :
Je rêve au bruit de l'eau qui se pror Au bruit du saule agile par le vent.
Le mot € balancés par... » m'a> car voilà ce qui m'avait fait renon du saule, qui est presque toujours comme le roseau est dedans. .
La parure ne se cache point,
mais je ne l'aime guère. L'autre vers, s'il n'est pas bon, est plus franc. Je voudrais aussi un mot de plus au vers 56* :
L'air qu'il respire alors est un bienfait nouveau.
Le nom de mon amie est Albertine Gantier 1 .
Je partage singulièrement vos ennuis à cause des lenteurs et des obstacles que vous éprouvez, quoique ma vie en soit tissue. J'aimerais mieux qu'elle se composât d'autres choses, mais personne au moins n'entre mieux que moi dans ce que les autres souffrent,
Monsieur Sarrazin ne revient donc pas 8 ?
Surcroit de déplaisir. Rappelez-moi, de grâce, à son souvenir, et dites-lui que personne ne lui souhaite plus de bonheur que moi. Personne aussi ne sait mieux que moi combien il en mérite.
Vous êtes bien tourmenté, bien fatigué, bien dégoûté peut-être. Moi, je suis tout cela. Le théâtre m'absorbe toute, et cette saison ajoute encore au désagrément de jouer dans une salle glacée, ouverte à tous les vents.
i. A qui était dédiée une des pièces du volume : les Deux Amitiés.
2. Adrien de Sarrazin, écrivain bien oublié aujourd'hui, auteur, entre autres, d'un recueil de contes orientaux, le Caravansérail, qui ne laissa pas d'obtenir quelque succès.
vrau
Monsieur Alibert vient de m'< qu'il meurt d'impatience et qu'il d'aussi lent que cette impression compte, je voudrais que voi retardée d'un an; le tout y et j'avais eu plus de temps, j'aurais bien des pompons inutiles, ou jugez-moi. Encore cette petite re faite au milieu de migraines et d'<
Croyez, Monsieur, au plaisir q de me dire toute à vous pour touj<
M" Desbordes- Valm<
1. Petite nouvelle en prose qu'on avait ii première édition des Poésies afin de gros qui fut plus tard replacée dans les Veillées
2. Il va sans dire que, le volume paru, ma Valmore le fit adresser aussitôt à son a elle reçut sans larder la lettre que voici : — reçu votre recueil, je l'ai dévoré. 11 est
A Jars x .
Bordeaux, le 18 août 1823.
A l'heure où, toute faible encore d'une dernière maladie, je me crois assez forte pour vous écrire parce que je le désire beaucoup, vous dites peut-être que je suis une ingrate. Un petit remords, Monsieur, s'il vous plaît. Je ne vous accablerai pas du récit de ce que j'ai souffert. Il faut, selon toute apparence, quelque (sic) soit la durée de la vie, que j'en abandonne une bonne moitié à la fièvre, devenue
demoiselles? Revenons à votre livre. II est charmant. Je voudrais que vous vous appliquiez à la prose. Rien n'empêcherait de l'entremêler de quelques romances. Mais j'ai la certitude qu'un roman de vous aurait un grand succès. Au surplus, si vous entreprenez quelque chose, il faudra le mûrir et composer un livre qui reste. — Savez-vous que je ne suis pas content du tout de votre libraire Louis? Mon intention était de vous faire une surprise. Je voulais employé le prix de votre ouvrage à quelque chose qui vous fût agréable, pour vous le faire parvenir à Bruxelles. Ne voilà-t-il pas qu'il me répond sottement la veille du premier de Tan qu'il a employé tout son argent pour les gravures, qu'il faut attendre, etc. Je lui ai écrit sur cette pitoyable conduite deux mots qui ne l'ont pas flatté. — B OB Aubbbt. »
1. Député du Rhône, ami très dévoué de madame Desbordes-Val more. Il s'occupait de littérature et de musique et était l'auteur du livret de Julie ou le Pot de Fleurs, opéra de Spontini dont Marceline avait créé le rôle principal pendant son court séjour & l'Opéra-Comique. C'est ainsi qu'elle l'avait connu.
142 M"" DESD0RDES-VALS1OBE.
mon ennemie intime, selon l'expression de madame Gay, qui, je vous l'annonce, se prépare encore un nouveau titre à la réputation brillante dont elle est entourée. Je né sais de quel genre sera son nouvel ouvrage. Nous le saurons tout à l'heure, car elle y travaille avec une ardeur et une constance qui me jettent en admiration.
J'ai reçu vos deux jolies romances. J'espère les chanter bientôt chez une dame fort aimable dont je dois l'amitié à madame Gay.
C'est la seule personne, l'unique que je voie à Bordeaux, où je vis dans une retraite encore plus décisive qu'à Lyon. Pour de la poésie, je ne sais plus si on en parle. Je crois qu'elle est comme une chose belle et sacrée aussi pour moi, reléguée au fond de quelques âmes qui n'osent pas se révéler. Vos avis sur cette Goutte d'eau * sont d'une grande justesse : je les ai mis à profit, peut-être moins heureusement que je l'aurais dû. Toutefois, j'ai corrigé autant que j'ai pu cette moitié qui vous a déplu, et qui me déplaît aussi présentement. Si vous voulez voir le fruit de vos observations, je vous renverrai celle pièce et