A Orléans, où madame Branchu s'était retirée
A Madame Amahle Tastu.
[Paris] 22 novembre [1838?].
Le temps affreux m arrête et la migraine aussi pour aller vous dire moi-même que ce que j'ai souhaité est accordé l . Votre beau nom passera comme mot d'ordre, et comme madame Tastu ne peut aller honorer sa place sans s'y faire accompagner, son fils entrera toujours avec elle, ou sans elle. C'est donc, bien positivement, l'entrée de deux personnes que M. Lireux accorde à notre demande. Il eût été mieux qu'il vous l'annonçât lui-même, relativement à ce qu'il vous doit; mais faites la part d'un tumulte incessant dans ce théâtre qui se lève sur des ruines et qui attend toujours quelque nouvelle éruption. Il m'a donc laissé le bonheur de vous envoyer ce petit rayon.
Comme mère, je sais que vous y serez sensible. Voilà pourquoi j'avais dès hier soir donné à mon fils cette bonne mission. La peur Ta saisi dans votre escalier. Il demeure frappé de sa
1. Madame Tastu avait exprimé le désir d'avoir ses entrées à l'Odéon, et Valmore, engagé à ce théâtre, s'était entremis pour les lui faire accorder.
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première illusion d'enfance, que vous devez être vêtue en velours d'or, et son costume de rapin l'a consterné tout à coup. Non, vous n'avez pas de velours d'or, et vous en êtes plus charmante.
Moi, je suis bien vraiment toute à vous.
W Desbordes- Valmore.
A Martin (du Nord) '.
[Paris] !•' janvier 1839.
Monsieur le ministre,
Dans nos jours de travail et nos nuits de prières, nous qui pensons à vous pour vous bénir d'avoir consolé tant de malheureux, nous avons aussi des élans nouveaux vers vos charités inépuisables.
Je pense donc, à l'heure qu'il est, Monsieur, qu'il n'y a jamais eu de ministre plus selon Dieu que vous, car vous êtes bon comme un
1. Ministre de la justice, dont on connaît la Un lamentable. 11 était Flamand, comme madame Desbordes-Valmore, et elle se prévalait de son titre de compatriote pour obtenir de lui, chaque année, la grâce de quelque ou de quelques prisonniers. On la voyait souvent dans ce but au ministère, où, respectueusement familière avec le ministre, elle l'égayait et le faisait sourire en lui parlant le patois de leur pays, que ni l'un ni l'autre n'avait oublié.
père, même envers ceux qui sont un peu méchants; quand ceux-là pleurent de l'avoir été, vous les plaignez et vous leur faites grâce-
Pour moi, qui vais les voir à travers leurs barreaux, je vous en ai quelquefois apporté d'ardentes supplications.
En voici une nouvelle que je mets sur vos genoux à cette première heure de l'année, comme un salut de votre plus humble servante,
Marceline Valmore.
Acoutè m'on peo 1 ! Car je demande avec un mélange de hardiesse et de crainte mes étrennes promptes de vos mains généreuses : deux mois de grâce pour une pauvre mère captive à Saint-Lazare, où votre nom a déjà de doux échos qui montent bien haut, Monsieur le ministre. Faites que cette pauvre femme aille souhaiter du bonheur à ses enfants!
A Antoine de Latour '.
[Paris] 27 février 1839.
Monsieur,
J'ai lu le témoignage touchant de l'intérêt que vous prenez à mon sort. Des paroles ne