‹ La jeunesse de Mme Desbordes-Valmore d'après des documents nouveaux: d'apre?s des documents nouveauxChapitre 58 sur 62 · Madame Pauline Duchambge, intime amie aussi de Brizeux · texte numérisé non relu

Madame Pauline Duchambge, intime amie aussi de Brizeux

A Madame Bascans '.

[Paris] i* r mai 1855.

Bien aimée Madame Bascans,

Je ne vous vois pas quand je veux ; je ne fais rien de ce que je veux; la vie ne m'est pas restée entière*. Je demeure des heures sans mouvoir ma volonté ni mon corps. Je suis ainsi à présent, pour toujours. Aussi je vais au hasard, et toute consolation est bien bonne de me chercher, car pour moi je n'ai guère l'instinct de la chercher. Dieu l'a voulu ainsi!

J'ai à réclamer encore votre cœur, qui n'en finit pas! C'est pour une autre destinée, plus instruite, plus capable d'en diriger d'autres avec innocence et intelligence. Cette personne a vingt-trois ans; élevée à Saint-Denis, avec un naturel charmant, courageuse, gaie, modeste et sensible, avec un air de vierge. Son père est un

1. Maîtresse, à Chaillot, d'une pension dans laquelle Ondine Valmore, après y avoir été élève, était plus tard devenue sous-maitresse. M. Bascans, ancien rédacteur du National, était l'ami d'Armand Marrast, qui, devenu maire de Paris en 1848, avait nommé Ondine Valmore inspectrice des pensions de demoiselles de Paris.

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