‹ La jeunesse de Napoléon (volume 2)Chapitre 167 sur 188 · CCXIV. Les Du Raget · texte numérisé non relu

CCXIV. Les Du Raget

Les Du Raget entrèrent dans le corps royal comme fils d’un ancien capitaine de cavalerie et parents de Chambonin, qui avait été longtemps premier commis du bureau de l’artillerie.

Du Raget l’aîné (Pierre-François), né à Vassy le 29 janvier 1764, élève d’artillerie (1er août 1780), lieutenant en second (14 juillet 1781), et en premier (6 janvier 1785), capitaine par commission (8 janvier 1789), émigre, fait la campagne de 1792 à l’armée des princes, assiste à la défense de Maëstricbt en 1793, combat l année suivante en Hollande dans le régiment de Ilohenlohe, et de 1795 à 1801 participe à tous les combats de l’armée de Condé, on il sert dans l’artillerie comme capitaine en second. Il est nommé chevalier de Saint-Louis à la fin de 1801. De retour en France, il obtient de Napoléon d’abord l’emploi de trésorier civil du 4e régiment d’artillerie à pied (10 août 1803), puis, lorsque cette création arrêtée le 30 avril précédent est rejetée par le conseil d’Etat, la place de trésorier de l’Ecole d’application, qui lui rapporte 2 500 francs par an et qu’il occupe du 22 septembre 1803 au lor décembre 1823. Les Bourbons lui donnèrent le brevet de lieutenant-colonel, daté du 8 janvier 1801.

Du Raget le cadet (Louis-Alexandre), né à Yassy le 29 janvier 1764, élève d’artillerie (1er août 1780), lieutenant en second (5 août 1781) et en premier (23 janvier 1785), second capitaine au 69 régiment dit d’Auxonne (1er avril 1791), émigre comme son aîné et l'accompagne partout. Lui aussi est à l’armée de Condé, où il arrive le 26 mai 1793 et figure en 1801 sur l’État du corps comme capitaine en second de la 3e compagnie de canonniers. Lui aussi est nommé chevalier de Saint-Louis en 1801. A son retour en France, il est successivement trésorier civil du 4° régiment d’artillerie à cheval (8 août 1803), quartier-maîtretrésorier du 1er régiment à pied ou de La Fère avec grade de lieutenant par décision du 4 avril 1805 et avec grade de capitaine en second par décret du

NOTES ET NOTICES

8 mai 1805, puis, après avoir donné sa démission de quartier-maître-trésorier (11 novembre 1806), employé à l’armée d’Italie où, disait le bon Sorbier, une augmentation de capitaines était nécessaire, détaché à Corfou à la direction d’artillerie (7 janvier 1812), et enfin envoyé capitaine en résidence fixe et à vie à Monaco (4 juin 1812). Les Bourbons lui donnèrent un brevet de chef de bataillon, daté du 1er avril 1799.

Un troisième Du Raget (Toussaint-Gabriel), dit Du Raget de Chambonin, né le 18 février 1769 à Neufbrisach, élève d’artillerie (lor septembre 1782), lieutenant en second (lor septembre 1788) et en premier (4 janvier 1787), mourut le 16 août 1788 dans sa famille.

CCXY. Sorbier.

Sorbier (Jean Barthelmot), né à Paris le 16 novembre 1762, élève d’artillerie à l’École de Metz (1er septembre 1782), reçu le 23° sur 33 au concours des officiers (1er septembre 1783) et nommé t\ la même date lieutenant en second surnuméraire au régiment de La Fère, lieutenant en second (1er juillet 1784), lieutenant en premier à la 4° compagnie d’ouvriers (4 octobre 1788), capitaine en second à la même compagnie (1er avril 1791), employé en 1791 à l'instruction et à l’organisation d’une compagnie d’artillerie à cheval formée à Strasbourg, capitaine en second de cette compagnie (12 mai 1792), capitaine-commandant de la même compagnie (28 août 1792), adjudant général chef d’escadron (22 juin 1793), après la bataille d’Arlon (cf. A. Chuquet, Wissembourg , p. 34), suspendu (24 septembre 1793), réintégré par le Comité de salut public, chef de brigade du 3e régiment d’artillerie à cheval (22 mars 1795), nommé général de brigade sur le champ de bataille de Neuwied par Hoche (17 avril 1797) et confirmé par le Directoire (17 juin 1797), général de division (6 janvier 1800), inspecteur général (21 janvier 1800), commandant en chef l’artillerie de la Grande Armée (11 mars 1813), premier inspecteur général (29 mars 1813), mis à la retraite avec une pension civile de 12 000 francs (ordonnance du 4 novembre 1818), mort à Saint-Sulpice, dans la Nièvre, le 23 juillet 1827.

CCXYI. Fontanille.

Balthazar-Joseph-Gharles Bouvier de Fontanille, né à Vinay (Isère) le 20 avril 1763, élève d’artillerie (16 août 1781), lieutenant en second surnuméraire (1er septembre 1783), lieutenant en second (19 mars 1784), lieutenant en premier (25 mai 1788), second capitaine (1er avril 1791), donne le 15 juin 1792 sa démission, qui est acceptée par le roi le 10 juillet suivant, écrit le 30 juillet à Le Dieudeville, son lieutenant-colonel, qu’il regrette sa démarche, se fait appuyer le 6 septembre par une lettre de Vallier et rentre en activité comme capitaine commandant (11 septembre 1792). Mais il ne rejoint pas et il est destitué (9 avril 1793). Pourtant, grâce à Gauthier, il se voit, comme il dit, rendu au service de la République, et le 8 septembre 1793, Gauthier, Dubois-Crancé et de La Porte écrivent qu’ils sont très satisfaits de son zèle, de ses connaissances, et de ses sentiments. 11 rentra dans son grade de capitaine au 6" régiment d’artillerie (24 décembre 1794) et fut employé à l’arsenal de Grenoble (20 mai 1795). Le 4 décembre 1798 il donnait sa démission. Il devait néanmoins reprendre du service. Réintégré par les Bourbons capitaine d’artillerie (12octobre 1815), nommé capitaine enrésidence fixe à Grenoble (9 novembre 1815), à Yincennes (23 janvier 1821), commandant l’artillerie à Ardres (21 septembre 1822) et à Gravelines (11 mars 1824), chef de bataillon (7 juillet 1824), il fut admis au traitement de réforme (17 avril 1825), rayé des contrôles d’activité (18 mai 1825) pour avoir nié une dette qui lui était réclamée à bon droit depuis longtemps, et le 23 décembre 1827 retraité. Il mourut le 25 octobre 1835.

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