XXII. Montarby de Dampierre
Nicolas-Laurent Montarby de Dampierre était fils de messire Etienne-Louis de Montarby de Dampierre, seigneur de Dampierre-en-Bassigny, et de dame Gabrielle-Josèphe de Roze, qui furent tous deux dénoncés par le comité révolutionnaire de Langres, condamnés par le tribunal révolutionnaire de Paris et exécutés le 12 juillet 1794. Il naquit à Dampierre le 10 août 1769. Admis élève du roi à la nomination du 31 décembre 1779 parce que ses parents ont cinq enfants et 2 000 livres de rente, il entra le 22 octobre 1784 à l’Ecole militaire de Paris avec rang de sous-lieutenant dans les troupes le même jour. Souslieutenant de remplacement au régiment de Royal-Dragons (27 août 1787), réformé (1er mai 1788), replacé (15 septembre 1788), il assista le 31 août 1790 à l’affaire de Nancy qui compta pour une campagne de guerre, et peu de temps après entra comme sous-lieutenant dans la garde à cheval du roi, 2° division, compagnie de Sommièvres, où il resta jusqu’au licenciement (30 novembre 1791- 30 mai 1792). Il émigra, servit à l’armée des princes, puis de 1793 à 1796 comme capitaine des hussards de Choiseul, en 1797 et en 1798 comme capitaine des hussards de Rohan. Il regagna la France en 1800, mais ne jarit du service sous Napoléon qu’en 1813. Capitaine au 4° régiment des gardes d’honneur, il partit le 3 août 1813 pour l’armée. La Restauration l’employa aux colonies. Nommé chef de bataillon et commandant le bataillon supplémentaire du 5e léger (23 octobre 1814), promu chevalier de Saint-Louis (26 octobre 1814', il alla défendre l’ile Bourbon contre les Anglais; mais il eut de vives discussions avec le maréchal de camp Bouvet de Lozier et revint en France. Le 26 février 1817, on le faisait colonel d’infanterie, mais il prenait rang du 18 août 1815. Quelques mois plus tard (13 août 1817), il recevait le commandement militaire de la Martinique. Il y mourut de la fièvre jaune le 8 novembre 1818.
Son frère cadet, Louis-Charles-Marie, né le 8 décembre 1770, élève à Brienne
et camarade de Bonaparte, sous-lieutenant au régiment de Navarre, lieutenant (17 décembre 1786-15 octobre 1791), prit part à la campagne de 1792 dans l’armée des princes où il appartenait, sous les ordres du marquis de Mortemart, à la compagnie de Navarre. Mais il soullrit tellement dans la retraite de Champagne qu’il ne put faire d’autre expédition. Aussi, sous la Restauration, eut-il beau rappeler le souvenir de son aîné et assurer qu’il avait servi les Bourbons aussi fidèlement que ses ancêtres l’avaient fait depuis l’an 1375, qu’il avait le premier, à Langres, arboré la cocarde blanche et crié « vive le roi »; il n’eut ni la croix de Saint-Louis ni le grade de chef de bataillon qu’il sollicitait.