XXII. Lettre de Bonaparte à J. -B Quenza (p
(Cette lettre n’a pas de date: mais on voit sur l’adresse le timbre de la poste d’Ajaccio et le chiffre 19; elle est donc du 19 avril 1793, puisque Saliceli quitta Bastia le 13 de ce mois et y rentra le 16.)
La poste de Bonifacio n’est pas encore arrivée. Celle de Corle ne nous porte aucune nouvelle intéressante.
Saliceti est arrivé à Corle. Il y est resté un jour, et puis il est parti pour Bastia. Demain je monte à cheval pour me porter à Bastia. Il doit y avoir deux bataillons de supprimés. J’espère que le nôtre restera en pied. J’avais travaillé pour cet effet avec toute la chaleur dont je suis capable. — J’espère que les affaires s’arrangeront et que les commissaires marcheront d’accord avec le général Paoli. Celui-ci vient de publier une circulaire aux districts où il prêche la concorde. 11 se plaint beaucoup de Volney. Vous savez que nous n’avons pas lieu de nous en louer.
Ecrivez-moi à Bastia. Mettez en exécution ce que je vous ai écrit l’auire jour.
Luccioni est avec moi, de la compagnie Ottavi. Je pense qu’il serait politique d’accepte r Piciafoco, enfin de finir la question du sergent que l’on a nommé et qui est un mauvais sujet. Le général, qu’il a été voir à Corte, le recommande par une lettre à son capitaine.
Les nouvelles de France sont assez bonnes, et il est à espérer que nous repousserons les efforts de l'Europe entière.
Je vous embrasse.
Buonaparte.
Mille choses à Robaglia, au vieux Gabriel et à tous camarades.
[Sur l’adresse.] Au citoyen Quenza, commandant de la place de Bonifacio , Bonifacio.
XXIII. Lettre des officiers municipaux d’Ajaccio au Directoire (p. 125.)
Ajaccio li 5 aprile 1793, 2“ délia Repubblica.
Cittadini Amministratori,
Il giorno di lunedi scaduto si è eretta una società di veri amici incorruttibili del popolo, essa ci ha fatto 1 onore d invitarci alla prima riunione. Questi
NOTES ET NOTICES
cittadini al numéro di cinquecento ci hanno accolto coa quel desiderio che puol manifestare un popolo bene afïetto verso i suoi magistrat]', e noi gli abbiamo manifestato quei senlimenti cbe ci hà dettato il nostro zelo pel ben pubblico. E slato opplaudito aile loro savie instituzioni, e gli abbiamo insinuato che la félicita del popolo consiste nell’amore perla liberia, e nell’unione degli spiriti per difenderla. Questa riunione ha avuto per ogetto che le due società non facessero che una, ma malgrado tutti gl’inviti li più sensibili ed onesti per parte degli amici incorrutlibili del popolo, non è stato facile d’indurre gli altri clubisti a rendersi a queste offerte.
1 utto il fatto lo vedrete meglio e più estesamente enunciato nel processo verbale délia nostra società. Essa ha fatto delle pelizioni, che vi saranno presentate da alcuni commissarj cbe ha deputato; vi preghiamo di prenderle in considerazione per soddisfare la brama di questi cittadini che confidano nella vostra autorità, e nel vostro zelo.
I rovarete anche alcune mozioni che vi sono fatte per estingucre l’infame ed incendiaria denuncia contro il Dipartimento, ed il General Paoli. La viltà di questi perfidi è arrivata al colmo. poichè non contenti di aver denunciato, banno voluto assistere al trasporto dei Marsigliesi nel metlere aile flamme la statua del general Paoli; queste sono le notizie pervenuteci jeri con un battello provenienle da Marsiglia.
Luciano Buonaparte, Bonaventura Barbiéri, Giuseppe Barbiéri, Antonio Costa, Tomaso Sari, Stefano Pô, Stefano Conti, e Pietro Antonio Lanfranchi sono sbarcali questa mattina ad esclusione del primo che è restato in Francia per cabalare. Questi cittadini, cbe si pretendono denunciatori o aderenti aile denuneie potrebbero alterare la tranqui llità pubblica, corne hanno lentato più voile; percio vorressimo proporvila nécessita di spedire la commissione, che ci avete annunciato, accio purghi la città dalP infezione di questi ed altri mal intenzionati.
Per atterrare i nemici con più succcsso sarebbe necessario che le guardie civiche s’impadronissero del forte délia cittadella ; e siccome possiamo riprometterci del zelo e confidenza di queste guardie, ve ne presentiamo il bisogno, accio possiate dare i mezzi di effettuare il desiderio di questi zelanti cittadini, e quello che avressimo di vedere bene occupato un forte di tanta importauza.
Gli ufficiali municipali délia città d’Ajaccio.
Casalonga, Maestroni, Colonna Bozi,
Glitera, maire.
P. S. — Osservate che quelli che si sono opposti alla riunione delle due società sono Napolione Buonaparte, il vicario Fcsch, Francesco Levie d" il disgraziato, Michel-Angelo Ornano, e Nicolo Paravicini, tutti uomini sediziosi ed incendiarj.
XXIY. Lettre de Paoli aux officiers des gardes civiques d’Ajaccio (p. 125).
Corte, 9 avril 1793, an 2e de la République.
J’ai reçu, citoyens, votre lettre du 5 de ce mois, et j’apprends avec une vraie satisfaction que la garde nationale de cette ville se soit (sic) complètement organisée par le choix qu’elle vient de faire des officiers si dignes de sa confiance, et d’être chargés de la défense de la patrie au moment où elle est menacée des efforts réunis des ennemis de la liberté.
Je ne saurais être plus vivement louché des expressions de votre bienveil-
lance en celte occasion et de la part que votre bonne opinion sur mes principes et ma conduite vous fait prendre aux désagréments que la calomnie par des machinations de tout genre a tâché depuis quelque temps de multiplier sur les dernières années de ma carrière. Je suis amplement dédommagé des amertumes passagères qu’elle a pu me causer par les témoignages flatteurs que je reçois de toutes parts de la confiance de mes compatriotes. C’est la seule récompense que j’aie jamais ambitionnée de mon entier dévouement au service de la patrie et du peu de sacrifices que les circonstances m’ont fourni 1 occasion de lui offrir, et auxquels il ne me reste que celui de ma vie même à ajouter.
Nous répondrons aux dénonciations et aux calomnies des malveillants en redoublant d’ardeur pour la défense de la liberté et de l’égalité, en saisissant avidement toute opportunité de prouver par tous les moyens en notre pouvoir notre loyauté envers la grande nation dont nous faisons partie, notre attachement à la République. Nous nous dévouerons plus que jamais à la cause pour laquelle le sang de nos pères a été répandu, pour laquelle le vôtre même a coulé autrefois avec une gloire supérieure aux succès. Nous montrerons ainsi à ceux de nos frères du continent dont on a pu réussir à égarer l’opinion sur notre compte que nous sommes encore dignes de leur estime et de leur fraternité.
< Ce sont> je n’en doute pas, les sentiments des braves officiers auxquels j’ai 1 honneur d'écrire, et qu’iis partagent sûrement avec les braves gardes nationales qui les ont choisis pour les commander. Assurez-les, citoyens, qu’ils seront toujours les miens, et agréez en même temps les expressions de mon estime et de ma reconnaissance.
Pasquale de Paoli.
XXY. Constantini (p. 127 et 27).
Ajoutons aux détails que nous avons donnés sur Constantini qu’il était lieutenant de la garde nationale, qu il fut dénoncé et traité de brigand et de factieux par la Feuille du jour en 1791, qu’il avait armé et équipé à ses frais trois volontaires de sa section, deux en septembre 1792 et un en avril 1793. Il fut arrêté dans la nuit dul9au 20 septembre 1793 et mis comme suspecta Sainte- Pélagie par ordre du Comité de sûreté générale. Mais vainement il se rétracta le 19 octobre suivant dans une lettre au président de la Convention en assuîant qu il ne représentait plus le département de Corse en qualité de député extraordinaire. Il ne fut relâché que le 9 février 1795, après avoir beaucoup souffert, surtout des changements de prison, car if fut transféré successivement à Sainte-Pélagie, à Saint-Lazare et au Luxembourg. Une dame Genart, son hôtesse, qui ne cessa de l’assister, non sans danger, avait, raconte Bozio, instamment sollicité sa liberté.