LVII. Garnier (p
Pierre-Dominique Garnier, fils d’un entrepreneur architecte, né à Marseille le 19 décembre 1756, soldat au régiment de l’Ile-de-France (21 février 1776- 15 septembre 1779), colon à la Guadeloupe, où il sert quatre ans dans les dra gons de l’ile (1774-1778), revenu à Marseille et élu capitaine de la garde nationale, enlève le 30 avril 1789 à la tête de cinquante hommes le fort de la Garde, fait la garnison prisonnière et arbore le drapeau tricolore. Lieutenantcolonel en second du bataillon fédéré de Marseille, il est blessé le 10 août 1792 à l’attaque des Tuileries, devient sous-lieutenant au 51e régiment d’infanterie et adjoint à l’état-major de l’armée des Alpes (15 septembre 1792), lieutenantcolonel du 11» bataillon de chasseurs (26 octobre 1792) et combat à l'armée du Rhin à Rulzheim, Jockgrim, Rheinzabern, Germersheim. Promu général de brigade à l’armée d’Jtalie (12 septembre 1793), nommé général de division par les représentants du peuple Barras, Rieord, Fréron et Saliceti (20 décembre 1793), et confirmé dans ce grade (29 août 1794), il réprime l’insurrection des barbets et commande la 8° division militaire ou division de Marseille, et ensuite les départements des Basses-Alpes et des Alpes-Maritimes. Envoyé à l’armée d’Italie (6 mars 1800), réformé (21 mai 1801), rappelé à l’activité sous l’Empire, et mis à la tête d’un corps de troupes rassemblé sur l’Escaut (8 août 1809), retraité en 1811 et, sur sa demande d’un commandement de jrlace ou d’un emploi dans les ponts et chaussées, nommé commandant d’armes de Barcelone (26 août 1811), autorisé de nouveau à prendre sa retraite (1er juillet 1812) et retraité pour la seconde fois avec une solde de trois mille francs (28 décembre 1812), réemployé commandant d’armes à Lay-
bach (23 avril 1813), se rendant à Parme, puis à Turin après l’évacuation des provinces illyriennes , commandant de la ville et citadelle de Blaye (25 mars 1814), Garnier fut admis définitivement à la retraite le 30 décembre 1814 et mourut le 11 mai 1827 à Nantes. Dans son rapport du 20 décembre 1796 Clarke l’avait ainsi apprécié : « N’a ni talents ni moralité, n’est nullement militaire, ses opinions passent pour fort exaltées », et le 16 août 1809, l’empereur écrivait à Clarke, devenu son ministre : « Qu’est-ce que le général Garnier que vous envoyez pour commander une division ? Est-ce celui qui était à Toulon et depuis a fait une carte? Si c’est celui-là, rappelez-le sur-lechamp, il n’est pas capable de commander une compagnie. N’empestez pas mes troupes de pareilles gens. » Cf. Félix Bouvier, La Révolution française , XII, 851.