‹ La jeunesse de Napoléon (volume 3)Chapitre 67 sur 86 · LVIII. Despinoy (p · texte numérisé non relu

LVIII. Despinoy (p

Haycinthe-François-Joseph Despinoy, fils d’un avocat en parlement et trésorier des émoluments du sceau de la chancellerie du parlement de Flandre, naquit le 22 mai 1764 à Valenciennes. Cadet au 91e régiment, ci-devant Barrois (18 juillet 1780), sous-lieutenant (10 juillet 1784), lieutenant (15 septembre 1791) , capitaine des grenadiers (22 mai 1792), nommé adjudant général chef de bataillon par les représentants Barras, Baille et Beauvais (22 juin 1793), puis général de brigade par les représentants Barras, Ricord, Fréron et Saliceti (20 décembre 1793), confirmé dans ce grade par le ministre de la guerre a la date du 14 novembre, il se rendit à l’armée des Pyrénées- Orientales après la prise de Toulon. Dugommier, qui l’employa comme chef d état-major et le chargea de porter à la Convention les trophées de la campagne, lui donna le 16 octobre 1794 le témoignage suivant : « Chargé de la direction du siège de Toulon, j’appelai auprès de moi Despinoy, dont je connaissais les talents militaires et le patriotisme; il servit à Toulon comme dans 1 armée d Italie et justifia bien ma confiance. Il fut blessé grièvement à l’épaule dans la nuit du 27 au 28 frimaire à l’enlèvement de la redoute anglaise qui nous donna Toulon. Après sa guérison, il fut employé sur ma demande à l’armée des Pyrénées-Orientales, où son activité et ses talents l’ont mis à même, avec ses frères d’armes, de bien mériter de la patrie. » Appelé à 1 armée d Italie par Bonaparte (31 mars 1796), Despinoy prit part aux combats de Dego et de Mondovi, et fut chargé de commander tout le Milanais (10 juin 1796). 11 s’empara du chàleau de Milan, et le général en chef lui en fit son compliment, le nomma le vainqueur de Milan, lui donna le commandement d une division. Il l'appelait « son cher général » et lui écrivait sur un ton cordial, familier : « Ne vous endormez pas dans les délices de Milan, et surtout n’écrivez pas de lettres qui fassent tourner la tète à notre pauvre' chef d’état-major, car depuis que vous lui avez parlé d’une belle actrice qui 1 attend à Milan, il meurt d impatience d y arriver... Fiez-vous au commissaire des guerres, ne lui dites rien, laissez le faire son embarras. » Despinoy vint commander à Peschiera, puis assister aux combats de Lonato et de Casliglione. Mais Bonaparte, après avoir loué son activité, jugea qu’il était très bien à Milan et très mal dans le commandement d’une division. Despinoy, disait-il au Directoire, est « mou, sans autorité, sans audace; il n’a pas l’habitude de la guerre, n’est pas aimé du soldat, ne se bat pas à sa tète, a d’ailleurs de la hauteur, de l’esprit et des principes politiques sains; bon à commander dans l’intérieur ». Despinoy fut réformé par le Directoire, pour l’intérêt, lit-on dans le rapport, de la subordination entre le général en chef et les officiers généraux sous ses ordres; Bonaparte, ajoutait le Directoire, reprochait à Despinoy de n avoir pas exécuté le mouvement ordonné, de n'avoir pas montré dans cette occasion la bravoure d’un général français. A force de prières, Despinoy

notes et notices

obtint d’être remis en activité. « Vous ne permettrez point, avait-il écrit au

premier consul (6 novembre 1800), que l’un de vos anciens compagn d armes, que 1 ami le plus intime de l’illustre Dugommier, celui qui parta tous ses travaux, languisse désormais dans l’oubli et soit condamné à'

le temps. » Le 20 novembre 1801, il recevait le commandement, rpignan, qui était vacant et qu’il avait sollicité de Berthier. Le

ions rtagea

retraite avant le temps. » Le 20 novembre 1801, il recevait le commandement dermes de Perpignan, qui était vacant et qu’il avait sollicité de 1 27 janvier 1803, il était nommé commandant d’armes à Alexandrie. Mais en vain il se plaignait à diverses reprises d’avoir été arreté en 1796 au milieu de sa carrière, et rejeté dans l'inaction par une « fatalité sans exemple ». En vain, lorsque l’Empereur se couronna roi d’Italie, demandait-il d’assister à la cérémonie comme l’un des plus anciens généraux et le premier qui eût commandé la Lombardie sous les ordres de Sa Majesté. En vain, lorsque l’Empcîeui passait a Alexandrie, souhaitait-il d’être réintégré sur le tableau de 1 organisation de l'armée : « J’ai du sang dans les veines, écrivait-il, j’en ai à répandre pour votre service, je vous supplie de me réintégrer dans le rang des braves, du moins de servir à l’avant-garde de l’une de vos armées et d’y mourir en combattant. » On lui répondit que l’Empereur avait décidé que les commandants d'armes n’étaient plus admissibles à ctre remis en activité dans la ligne. Il dut rester commandant d’armes à Alexandrie jusqu’à la fin de 1 Empire. Le 30 avril 1814, dans un discours, il acclamait Louis XVIII qui remontait sur le trône de ses ancêtres. 11 fut remis alors en activité. Il écrivait au ministre Dupont qu’il avait encouru la disgrâce de Bonaparte et passé douze ans à Alexandrie dans une sorte d’exil et l’exercice d’un commandement ingrat : » Il y a quatorze ans qu’uprès une disgrâce dont je m’honorerai toujours d avoir été l’objet, le chef du gouvernement consulaire et impérial m’a comme enseveli dans les états-majors de place. » Il rappelait l’événement qui avait fait son malheur : « Mes plus grands crimes furent dans mes succès, dans le témoignage d’indignation que je fis éclater à l’aspect des rapports mensongers qui m’en ravissaient tout le prix, enfin dans ma courageuse résistance aux vues perfides et aux actes arbitraires d’un homme qui prétendait attribuer à lui tout le mérite de mes opérations et soumettre aux calculs de son ambition jusqu’à mon existence et mon honneur. » Nommé par la première Restauration commandant supérieur de Valenciennes (3 août 1814), puis, sur ses instances, commandant d’armes à Strasbourg (21 décembre 1814), il dut aux Cent-Jours cesser ses fonctions (-6 mars 1815) et fut mis à la retraite par l’Empereur (29 mai 1815). Mais, bien qu’il eût été pareillement mis à la retraite par une décision royale du 9 septembre 1815, il fut rétabli commandant d’armes à Strasbourg sous la seconde Restauration (13 septembre 1815), puis nommé cammandant de la lre division (12 octobre 1815) et de la 12e division militaire (7 mars 1821). Une ordonnance de 20 août 1830 l’admit définitivement à la retraite. Il mourut à Paris le 29 décembre 1818.

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