‹ La jeunesse de NapoléonChapitre 98 sur 109 · CXXIX. Lettre de Quenza et Bonaparte à Maillard (p · texte numérisé non relu

CXXIX. Lettre de Quenza et Bonaparte à Maillard (p

9 avril 1792.

Nous sommes, Monsieur, dans le danger le plus éminent. Les brigands, maîtres d’une partie de la ville et du faubourg, font un feu roulant et très vif. Ils n’ont eu aucun respect pour le drapeau de paix. Nous ne pouvons même pas nous dissimuler que maîtres de toutes les issues où se tient le corps municipal, celui-ci ne peut plus faire des délibérations libres parce qu’il est violenté. Nous avons obéi à la proclamation municipale, nous avons cessé notre feu nu moment où on nous a assuré de nos vies, et ce, sur l’autorité que nous supposions au corps municipal sur les rebelles. Mais les révoltés n’ont plus de frein, ne respectent plus d’autorité. Si vous voulez savoir le vrai état des choses, consultez vos soldats de vos différents postes ; ils vous rendront témoignage de notre modération et de la fureur des brigands. L’on voudrait nous faire abandonner notre quartier qui est le seul asile qui nous reste après notre courage; mais vous n’y consentirez jamais. Que l’on fasse cesser le feu des brigands, et alors, sûrs de la vie des nôtres, nous serons à même de prendre tous les partis qui pourront reconduire dans notre malheureuse patrie la paix et la tranquillité. Nous sommes avec respect,

Les lieutenants-colonels du bataillon national des districts d’Ajaccio et Tallano.

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