‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 133 sur 264 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

l’autre à pour titre reptirrixñe. On sait que Courier, depuis l’époque de son séjour à Plaisance, formait le projet de donner de ces ouvrages un texte « plus correct que celui des livres imprimés ». C’est à quoi devait lui servir la collation des bons manuscrits de France et d'Italie. Ayant dépouillé ceux de Rome et de Paris, il ne lui manquait que de connaître ceux de Florence, qu'il se proposait d’aller étudier avant de publier son travail. La traduction projetée était destinée à être offerte à Sainte-Croix dont les éloges et les encouragements furent pour l’auteurle meilleur stimulant. C’est pourquoi il n’eut plus de répit qu’il ne l’eût terminée.

Il ne s’agit plus d’une œuvre de fantaisie comme l’Éloge d'Hélène. Cette fois l’'helléniste n'ajoute rien à son modèle. «J'ai cherché à la rendre exacte »,dit-ilde sa traduction. Mais ce souci d’exactilude, il le porte aussi dans l'établissement du texte, où il a « remis à leur place toutes les vieilles leçons des manuscrits » quand elles « s’y sont pu ajuster sans aucune correclion moderne ». C'était, on.le voit, une méthode excellente que de rejeter tant de conjectures trop ingénieuses des érudits modernes, tant de corrections inutiles ou aventureuses, pour revenir à la tradition des meilleurs manuscrits. Courier pouvait donc se flatter d'offrir à Sainte-Croix un texte, sans doute « fort mutilé, comme tous les monuments antiques, mais non refait, ni restauré ou retouché le moins du monde ».

Quant à la version elle-même, nous n'hésitons pas à la

1 En réponse à une lettre aimable et flatteuse, Courier lui écrivait de Naples, en juillet 1807 : « Monsieur, vous vous moquez de moi... Que si vous parlez tout de bon, sans doute l'amitié vous abuse. Il se peut que je sois capable de quelque chose; mais cela n’est pas sûr, comme il l’est que jusqu’à présent je n’ai rien fait ». On voit que l'écrivain se défend des éloges décernés à son jeune talent, mais qu’au fond il en est ravi.

déclarer fort remarquable, surtout quand on la compare à celles qui se publiaient du temps de Courier. Au lecteur qui l'examine avec soin, le texte grec sous les yeux, elle donne l'impression d’une fidélité presque parfaite. La seule critique que l’on pourrait peut-être adresser au traducteur serait d’avoir trop donné dans les expressions techniques. Xénophon ne s’écarte guère de la langue ordinaire, et il ne montre point le souci de prouver son exactitude en se servant d’un terme consacré par les gens de l’art, si ce terine est inconnu à la langue commune. Paul-Louis, quoique bon helléniste et interprète avisé, n’a pas compris ce scrupule de délicatesse, et toutes les fois que l’auteur grec ne s’est point servi du terme propre, il a conclu, bien à tort, qu’il l'ignorait'. Pour lui, il ne s’est pas fait faute d'employer tous ceux qui sont usités dans Ja langue propre à l'art vétérinaire; on sait qu'il était dans son caractère, de faire étalage de sa science. Mais ici surtout, homme de guerre s'adressant à des savants et leur expliquant ce qu'ils u’ont point appris dans leurs livres, il éprouve une satisfaclion évidente à montrer ses connaissances techniques. Semblable au coursier, qu’il décrit d'après Xénophon, il

«Il y avait un mot grec pour dire le pâturon : sans doute « Xénophon l'ignorait; car on ne saurait supposer que par délica- « tesse 1l ait évité de s’en servir, ayant employé d’autres termes « de maréchallerie, tels que le boulet, la fourchette, les crochets, « etc. ». Note de Courier. Le mot dont Courier affirme l’existence, sans le citer, paraît être mesoxüviov qui se rencontre dans les Hippiatrica. Si Xénophon connaît la plupart des termes employés par les connaisseurs, il n’est pas vraisemblable qu’il ignore celui qui servait à désigner le pâturon. Mais peut-être n'a-t-il pas voulu l'écrire parce qu’il n’était pas d’une bonne grécité. En revanche, il ua pas fait scrupule de se servir du mot yskdev qui désigne la fourchette, ni du mot xuv4nodes qui signifie les boulets, ni enfin du mot xuvadovres par lequel on traduit les crochets. Il use encore des termes suivants : 6 xexpÜpælos le frontal, # &xpouix le garrot, h xopupuia la têtière.

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