‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 148 sur 264 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

déclarant qu’ils se feront tous les trois un plaisir de « coopérer à ses doctes travaux! ».

A cet envoi, qui est du T octobre, Courier répond vingt jours après par une lettre que nous avons trouvée dans la collection del Furia, et qui est inédite :

En voici le texte :

Livorno, 27 octobre 1808.

Stimatissimo Signor mio,

Ebbi a tempo suo la collazione del Filottete e non le posso dire quanto mi sia Cara, si per le interessantissime varian{i in essa contenute, come per quelle che dal medesimo Codice mi spero in avvenire, medianti i suoi pregiatissimi favori.

Ora silo aspetlando dalla sua bontà e di quei signori Bencioi e Gelli un simile saggio del plutarco Riccardiano che mi premerebbe di spogliare tutto anche prima del Sofocle. Mi lusingo che dalla parte dell’eruditissimo biblioltecario non ci sarà nessun ostacolo, e por quest'oggetto mi raccomando alla sua amicizia da me per tanti contrassegni sperimentata.

Non trovandosi attualmente a Firenze il generale Darancey, faccia consegnare al sig’ Capitano Boucher ogni letlera o piego ch’ella mi voglia favorire. Dove abiti detto Sig” Capitano si potrà sapere a casa Capponi.

In tanto, mi creda, colla piu distinta stina, Signore, suo

obligat° servitore.

Courier.

Cette lettre, pourrait-on dire, marque l’apogée de l'amitié — le mot s’y trouve — de l’auteur et de del Furia. On y relève l'expression d’une juste reconnaissance pour les ser-

1 Faut-il voir une flatterie ou une simple ignorance, dans ce fait qu'il appelle Courier : stimatissimo colonello? Je penche pour la flatterie.

vices rendus, l'espoir d’en obtenir d’autres à l’occasion de Plutarque, dont Courier est si avide de connaître les leçons, enfin d’adroites flatteries à l’eruditissimo bibliotecario qui lui a donné tant de marques de sa bonté et de son amitié.

11 ne s’agit pas sans doute d’un attachement solide fondé sur la similitude des goûts, comme celui qui unissait notre officier avec Akerblad, esprit indépendant, ouvert; mais il est certain toutefois, d’après ce document, que Courier entretint, avant la Tache d’encre, des relations fort cordiales avec l’homme sur lequel il devait déverser un torrent d’injures. Comparons le ton de cette correspondance avec les principales invectives contenues dans la lettre à Renouard : « M. Furia est un cuistre, ancien cor- « donnier comme son père, qui fait aujourd’hui de mau- « vais livres n'ayant pu faire de bons souliers, helléniste « fort peu habile, à huit cents francs d'appointements; « copiant du grec pour ceux qui le paient; élève et succes- « seur du seigneur Bandini, dont l’ignorance est célè- « bre ».

Nous avons vu que le père de del Furia était pauvre. Lui-même apprit-il l'état de cordonnier? En tout cas, il l’apprit fort peu de temps, car tout jeune il vint étudier à Florence et, avant celte époque, il s’était fait remarquer par son application à l’école de Pratovecchio. Quant au reproche de copier du grec pour ceux qui le paient, nous ne voyons pas jusqu'à présent qu'il ait été question d'argent entre del Furia et Paul-Louis. Ce dernier paya aux sieurs Bencini et Gelli le prix convenu pour leurs services, mais il est hors de doute que le conservateur ne demanda ni ne reçut rien pour ses propres complaisances.

Or, quelque dénué de mérile qu’on le suppose, il est hors de doute qu’il rendit plus d’un service à Courier, au cours de cetle année 1808, et la lettre que nous venons de publier en fait foi; mais les caresses qu'elle contient élaient intéressées et si peu sincères qu’au premier heurt

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