CHAPITRE XII
Espagne tendaient à leur faire perdre. La Fortune semblait de nouveau séduite et conquise.
A ces nouvelles, notre officier démissionnaire regretta ses épaulettes; il fut pris, lui aussi, de cette fièvre de gloire et d’ambition qui secouait tous ses camarades. Certes, il n'avait guère connu le feu sacré, mais, à cette heure, il n'aurait rien eu d’un militaire s’il n’en avait élé saisi.
Il songea donc à reprendre du service; on avait besoin de canonniers à l’armée d'Allemagne, mais l'Empereur voyait d'un mauvais œil les officiers qui avaient déposé leur épée avant l’âge de la retraite’. Voilà pourquoi Courier eut besoin de recourir à ses amis; nul n’était plus à même de le servir, en cette occasion, que le général de Lariboisière, quise trouvait pour lheure investi du commandement en chef de l'artillerie de l’armée.
En l'absence du général, Paul-Louis alla trouver la comtesse de Lariboisière, et, selon son expression d’ancien régime, lui fitsa cour; il demanda la faveur de servir sous son mari en protestant de son ancienne inclinalion pour ce chef. La comtesse écrivit à Vienne; d’autres amis s’employèrent aussi pour le chef d’escadron, si bien que sa réintégration au service faisait l’objet, dès le 4 mai, d’un rapport au ministre de la Guerre.
Ce document, très favorable à l'intéressé, s'inspire des expressions mêmes dont il s'était servi dans sa demande; nous croyons intéressant de le reproduire ?.
& mai 1809. — Rapport au ministre sur la réintégration
1 Voir notamment dans le journal de l’Empire du 928 janvier 4809 la réponse de Napoléon à Clarke au sujet du général Becker qui, mis à la retraite sur sa demande, réclamait de nouveau du service. « Je n’entends pas accoutumer les officiers àädemander leur retraite dans ua moment d'humeur, et à redemander du service quand cette humeur est passée. Ces caprices sont indignes d’un honnête homme, et la discipline militaire ne le comporte pas ».
2 Dépôt de la Guerre. Arch. administratives.
au service de M. Courier démissionnaire en l'affectant à l’armée d'Allemagne.
Le S’ Courier ex-chef d’escadron au 1° Rég' d'art. à cheval qui a demandé sa démission et l’a obtenue le 10 mars d” expose à son Excellence qu'il ne l’a sollicitée que sur le refus qui lui a été fait plusieurs fois d’un congé qui lui était indispensable pour mettre ordre à ses affaires en France qui périclitaient, depuis six ans’ qu’il était employé en Italie, au point de compromettre sa fortune entière et celle de sa famille.
Les avant terminées, il sollicite la faveur de rentrer au service et d’être envoyé de suite à une armée.
Services du S'° Courier.
Élève d'Art°, le 6 octobre 1792.
Lieutenant, le 1° juin 1793.
Capitaine, le 41 Messidor an 8.
Chef d’Escadron, le 6 brumaire an 42.
L'offre de sa démission paraît effectivement n'avoir eu d'autre but que celui de récupérer la fortune qu’il était sur le point de perdre, puisqu'il a demandé avec instance sa rentrée au service el son envoi à l'armée, dès qu'il a eu rétabli l’ordre dans ses affaires particulières.
Si son Excellence pense qu’en ayant égard au motif excusable qui a forcé le S' Courier de demander sa démission, Elle puisse proposer sa réintégration à Sa Majesté, Elle est priée de faire connaître si son intention est qu’on Li sou-
mette à cet effet un Rapport à l'Empereur.