CHAPITRE XV
‘teur de la Librairie. Dès lors une action administrative fut engagée contre Courier.
Ainsi les sanctions poursuivies contre lui furent suggérées par le seul homme sur lequel il aurait pu compter comme ami, dans cette triste affaire, s’il n’eût, comme à “plaisir, pris soin de se l’aliéner.
Après avoir recu de Paris des ordres précis, le baron Fauchet confie à l'un des conseillers de préfecture de Florence l'enquête! prescrite au sujet du dégât commis à la Laurentienne. Ce conseiller, nommé Cercignani, convoque à la Préfecture, pour le 19 juillet 1810, del Furia qui s’empresse d’accourir, en apportant le manuscrit maculé, afin qu’on puisse vérifiersa déposition. [nterrogé, il reproduit à peu près les termes du récit qu'il a déjà publié dans la Collezione d’'Opuscoli, en laissant de côté le style épique et les réminiscences de Virgile. Renouard est mis hors de cause, Courier est formellement accusé d’avoir fait la tache pour rester seul possesseur de la partie inédite du ms.*.
1! Toutes les pièces relatives à cette première enquête, à la saisie des 27 exemplaires de la traduction de Longus qui restaient en dépôt chez l’imprimeur, toutes celles aussi qui concernent une seconde enquête, laquelle eut lieu après la publication de la Lettre à M. Renouard (20 septembre 1810), en un mot, la plupart des documents officiels relatifs aux poursuites qui furent dirigées contre Courier, ont été dérobés au Ministère de l'Intérieur, et font partie de la Collection Leber, qui est conservée à la Bibliothèque de la ville de Rouen. M. Omont, membre de l'Institut, a publié toutes ces pièces si intéressantes dans la Revue critique du 16 novembre 1885. Qu'il veuille bien trouver ici et accepter l’expression de notre reconnaissance pour l’amabilité avec laquelle il a facilité nos recherches.
2... Il signore Courier avendo recusato di rilasciarmi una copia che noi aveva espressamente promessa del suo manoscritto tratto dall’. originale della biblioteca, ho tutto il fondamento di credere che la detta macchia fosse fatta maliziosamente per rimanere egli solo il proprietario di quella parte dell’ opera che manca fiuqui in
Cette accusalion était logique. De cette déposition on rédige procès-verbal que signent del Furia et Cercignani.
Quelques jours après, le 24 juillet, en exécution des ordres transmis par le Directeur général de la Librairie au Directeur de la police du Grand-Duché de Toscane, deux commissaires Tommaso Vannini et Francesco Galassi se présentent chez Piatti pour procéder à la saisie des vingt-sept exemplaires de la traduction complète de Daphanis et Chloé qui restaient en dépôt au domicile de cet imprimeur. Sans difficulté celui-ci les accompagne à l'étage supérieur de son magasin où, sur une tablette, ils aperçoivent un paquet de livres neufs brochés et couverts de papier bleu, qui avaient pour titre : Daphnis et Chloé, traduction complète, d’après Le manuscript de l’Abaye de Florence. Imprimé à Florence, chez Piatti, 1810.
Les 27 exemplaires sont mis sous séquestre. Quant au manuscrit de l'auteur, que les commissaires de police voulaient saisir aussi, il se composait de feuillets détachés que Piatti avait reçus de Courier à diverses époques et qu'il lui avait rendus l’un après l’autre « au fur et à mesure de l'impression ( a misura che avevano servito alla composizione del carattere) ».
Les volumes saisis sont alors remis au sieur Dubois, Directeur de la police du Grand-Duché, qui en adresse un à Portalis', en lui rendant compte de la saisie.
À son tour, le Directeur général dela Librairie transmet le dossier de cette affaire au Ministre de l’Intérieur. Enfin
qualcunque altra luogo ». Processo-verbale. — Revue critique, 16 novembre 1885, p. 379.
! Dubois n’adresse à Paris qu’un seul exemplaire, « n'ayant pas cru devoir charger le courrier dela totalité ». Le procès-verbal des commissaires de police, joint en original à cet envoi, nous apprend que Piatti avait imprimé 64 (et non 60) exemplaires du Daphais et Chloé, et que Courier en avait reçu 37 qu’il avait envoyés, pour la plupart, à Paris à des savants de sa connaissance.