‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 192 sur 264 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

dans ses mains : 4° la copie d'un fragment de Lungus (sic) faite par M. Courier, contenant dix pages d'écriture cotées et paraphées par M. le baron de Tournon, préfet du département de Rome, marquées à chaque feuille des lettres A. B. T. et réunies au moyen d'un lacet de soie, scellée à son extrémité d'un cachet en cire rouge portant l'empreinte suivante :

OV AOKEIN

AAA'EINAI OA- BIOZ GEAQ".

2° Un exemplaire de ce même fragment imprimé par les soins de M. Courier.

Ces pièces ayant été reçues par M. del Furia pour être déposées” à la Bibliothèque dont la garde lui est confiée, il en a fourni son récépissé, en signant avec nous le présent procès-verbal de dépôt ».

En transmettant le même jour la copie de ce procèsverbal au Directeur de la Librairie”, le Préfet Fauchet avait la bonne fortune de clore un différend mémorable qui, s'étant élevé à Florence même, sous ses yeux, avait duré quinze mois, du 10 novembre 1809 au 11 février 1811.

Cette affaire terminée, Courier allait pouvoir retrouver la tranquillité et retomber dans ses rêveries insoucieuses. Quant à del Furia, bien que sa victoire n’eût pas l'ampleur qu’il eûl souhaitée, il triomphait cependant de son adver-

! On reconnaît le cachet de P.-Louis Courier à la philosophique devise qu’il y avait fait graver.

? Hélas! La bibliothèque n’a pu conserver. ce dépôt que del Furia avait exigé avec tant d'insistance. M. le commandeur Biagi, préfet de la Laurentienne, nous affirme en effet que ces pièces n'existent pas à la Bibliothèque dont il a la garde.

3 Ce n’était plus Portalis, mais le général de Pommereul, conseiller d'État, ancien préfet.

saire. L'autorité administrative lui avait donné gain de cause, Sa joie fut grande, d'autant que tous les lettrés italiens l’adulaient dans des épîtres enthousiastes, où s’exaltait l’'amour-propre national.

Il devait avant tout des remerciements à cette administration impériale qui l'avait aidé à triompher; voilà pourquoi il se mit en frais et déploya toute son éloquence emphatique dans une lettre au ministre de l'Intérieur. Ce morceau, péniblement élaboré, est daté du 24 février. Ayant retrouvé dans les papiers de del Furia le brouillon tout surchargé de ratures, nous avons cru intéressant de publier cette pièce, qui constitue le véritable épilogue de la tragi-comédie qui s'était jouée à Florence et à Rome.

A son Excellence le Ministre de l'Intérieur le Bibliothécaire de la Laurentienne.

Florence, le 24 février 1811.

La voix de mon devoir et de ma reconnaissance parle à mon cœur, et je ne saurais, Excellence, l'arrêter plus longtemps : elle veut parvenir jusqu’à vous, environnée des hommages et des remerciements universels pour la nouvelle assurance de la protection que vous venez de donner aux Lettres, en ordonnant que la copie authentique du fameux Fragment de Longus, qui a été faile conjointement à son impression soit remise à la Bibliothèque Laurentienne pour servir à la réparation du ms. qui l'avait fourni et qui avait, si malheureusement, été dégradé. C’est en effet rendre la lumière à l'œil aveuglé, c’est réparer les dommages que des circonstances imprévues apportent quelquefois aux objets plus précieux‘ et plus chers. Je me

1! Les ilalianismes pullulent, comme on voit. Quant au style, c’est bien celui de Ja Lettera dont Courier s’est moqué dans sa Letre à Renouard, comme nous le verrons plus loin.

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