CHAPITRE
ainsi que le capitaine du Hamel. Cetexemple avait entraîné le départ d’une quinzaine d'élèves !, parmi lesquels était Duroc, qui donnait le 22 août, et réitérait le 28, sa démission. En revanche, sept ou huit élèves formaient l’opposition”?; aussi ardents dans leurs convictions républicaines que les autres étaient obstinés dans leur attachement au roi, ces jeunes gens faisaient partie pour la plupart du club Jacobin.
Il faut remarquer que la promotion de mars 1792, celle de Marmont et de Griois, comptait beaucoup de nobles?. Celle de Courier en comprenait moins; peut-être dut-elle à celle circonstance d’être moins travaillée par la fièvre de l’émigration. Un seul des nouveaux admis partit pour rejoindre l’armée des Princes; c'était Mornavy. 11 fut remplacé d’ailleurs par Duroc qui, regrettant d’avoir émigré, rentra à l’école le 4° mars 1793 en prétextant, pour excuser son absence, qu’il avait dû vaquer à des affaires de famille et en présentant d'ailleurs un certificat qui attestait, non sans complaisance, son service dans la garde nationale de Pont-à-Mousson, sa ville natale. On sait qu'il devait être appelé aux plus belles destinées par la confiance de Napoléon. Son retour à l’école, après sa fugue à l’armée des Princes, eut pour conséquence de faire de lui un camarade, et plus tard un protecteur de Courier.
Parmi les élèves de la promotion qui arrivèrent à une haute situalion militaire, on doit ciler encore Ruty qui, entré onzième, fut le premier sur la liste de sortie. Ainsi que l'indique ce classement c’était un laborieux : il acquit
1 La promotion de mars 1792 était de 47 élèves ; la liste de sortie ne comprend que 32 noms. Chuquet, Mémoires de Grioïs.
2 Griois (Mémoires, p. 21), cite Demarçay, Foy, Aubry, Mossel, Choppin.
3 On en compte au moins dix-sept, c’est-à-dire plus du tiers
des élèves.
+ Chuquet, La jeunesse de Napoléon, LD 171
la réputation d’un des plus savants officiers de l'artillerie et devint général de division et comte de l’Empire. Mais M. Chuquet observe qu'il était paperassier et poussait à l'excès l’esprit de détail.
Plus brillante encore devait être la carrière de Valée® qui, général de division en 1811, devint sous la Restauration premier inspecteur général de l'artillerie et plus tard, après la prise de Constantine en 1837, maréchal de France et gouverneur {général de l’Algérie.
Quant aux condisciples que Courier devait retrouver dans sa carrière, on peut citer Hazard et Demanelle, avec
: lesquels il servit en Italie; le second fut son commensal et son intime ami à Plaisance, où il commandait le 2° régiment à pied lorsqu'il succomba prématurément en 1805, à la suite d’une blessure légère reçue à Caldiero. Mais aucun élève de la promotion du 1° septembre 1792 ne se lia avec Paul-Louis plus intimement que François Haxo, qui lui consacra une notice biographique restée jusqu’à ce jour inédite. Entré dans une école d'artillerie, il en sortit lieutenant du génie et c’est dans cette arme qu'il fit toute sa carrière, d’abord lente et médiocre, mais rapide et brillante à partir de 1809 et du siège de Saragosse.
Tels furent quelques-uns des savants officiers dont l’école de Châlons avait été la pépinière. A côté de la gloire de ces hommes de guerre, les titres militaires de Courier pourront sembler minces; toutefois, nous nous attacherons à montrer qu'il fut brave et que, sans son humeur indépendante et rêveuse, sansses études d'helléniste incompatibles avec lexercice de sa profession de soldat, il aurait égalé ses plus brillants condisciples.
Une remarque s'impose : il comptait parmi les plus âgés. Né le 4 janvier 1772, il avait plus de vingt ans et demi au
1 Né à Brienne le 17 décembre 1773, il avait été élève à l’école militaire de sa ville natale avant d'entrer à celle de Châlons.