‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 26 sur 264 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

obtint d’être classé avantageusement parmi les autres élèves ». Ainsi, cette époque si terrible de la Révolution nous apparaît comme l’âge d’or des candidats aux grades et aux emplois. Ils étaient si peu nombreux qu'il fallait bien accueillir ceux qui se présentaient. Et voilà comment Laplace ne tint point rigueur à Courier de sa négligence et de son étourderie, puisqu'il conserva comme rang de sortie le n° 21 qui avait été son rang d’entrée!,

A la date du {°° juin 1793, il était nommé second lieutenant comme ses 34 camarades. Il avait espéré êlre appelé du côté de l'Espagne ; mais cetteattente fut déçue, car, classé au 1° régiment d’artillerie à pied, c’est à Thionville qu'il alla rejoindre. Toutefois, il put, avant de gagner sa garnison, aller embrasser ses parents; le projet de séjour à la Véronique avait dû être abandonné à cause de l’approche des insurgés vendéens; M. Courier père, avait regagné Paris et c’est là que le père, la mère et le fils se trouvèrent réunis, pour la première fois depuis que Paul-Louis était entré à l’école de Chälons.

11 nous semble bien que ce fut la première occasion qui s'offrit à Paul-Louis d'embrasser ses parents depuis son entrée à l’école ; encore M. Courier avait-il dû s’employer en démarches pour faire venir son fils à Paris.

Prévoyant qu'après avoir subi ses examens de sortie Le

1 Voici la liste de sortie de la promotion de Courier: 1. Ruty; 2, Blonde de la Blossière ; 3. Michel; 4. du Vauroux; 8. Zévort; 6. Pierson; 7. Floch; 8. du Roc; 9. Demanelle; 10. Coulommier ; 41. Lafitte ; 12. Riverieulx; 13. Pelgrin; 14. Fantin; 15. Laurent; 16. Marcilly; 17. Corda; 18. Mengin; 19. Baud; 20. Robineau ; 21. Courier ; 22. Mangin ; 23. Charbonnel ; 24. Evain; 95. Hazard ; 26. Mathieu; 27. Bolot; 28. Abraham; 929. Tamisier; 30. Le Pin; 31. Morio, 32. Valée; 33. Haxo ; 34. Bonamy; 33. Martin. Nous devons également ce document à l’obligeance de M. Chuquet que nous prions d’agréer l'expression de notre reconnaissance.

GASCHET. 4

jeune officier serait envoyé sur la frontière, les époux Courier voulaient l'avoir quelques jours près d’eux. C'est pourquoi, au début de mai 1793, M. Courier alla trouver son compatriote, le citoyen Gardien, député d'Indre-et- Loire à la Convention; il le chargea de faire passer au ministre de la Guerre une lettre par laquelle il demandait pour son fils « un congé de quelques jours » en invoquant des « affaires de famille indispensables ». Cette lettre donna lieu à an rapport, que nous reproduisons ci-dessous‘; il fut visé par Bouchotte et le congé fut accordé, ce qui permit à Paul-Louis de se retremper dans la vie de famille, qui lui était si chère, avant d'aller s’exposer aux. hasards de sa nouvelle carrière.

? Artillerie, 6 mai 1793. — Rapport.

Le citoyen Gardien, député du département d’Indre-et-Loire à la Convention nationale, fait passer au ministre une lettre du citoyen Courier qui demande pour son fils Paul-Louis Courier, élève sous-lieutenant d'artillerie à l’École de Châlons, un congé de quelques jours. Sa demande est fondée sur ce que des affaires de famille indispensables rendent sa présence nécessaire à Paris. Il observe que soa fils doit subir dans les quinze premiers jours de ce mois son second et dernier examen, à la suite duquel il pourra profiter de ce congé si le ministre veut bien le lui accorder. Le citoyen Gardien appuie cette demande.

En note : Bouchotte, ministre.

Archiv. administratives du ministère de la Guerre.

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