‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 27 sur 264 · LA GARNISON DE THIONVILLE EN · texte numérisé non relu

LA GARNISON DE THIONVILLE EN

Courier à l’armée de la Moselle. — Efforts de Bouchotte pour « ré- « publicaniser » le corps des officiers. — Tiédeur civique de Paul-Louis. — Il étudie la fortification. — Mais il approfondit surtout la connaissance du grec. — Il défend contre son père son goût pour les études grecques et latines. — Avancement médiocre des officiers d'artillerie. — Courier se lance dans les divertissements mondains. — Sa tristesse au milieu des « cote- « ries ». Vains efforts qu’il fait pour apprendre à danser. — Il regrette la vie de famille.

La permission que Paul-Louis avait oblenue pour venir embrasser ses parents fut de courte durée. La compagnie du 7° régiment d'artillerie’ à laquelle il était attaché en qualité de lieutenant en second tenait garnison à Thionville. !l se trouvait ainsi placé sur les derrières de l’armée de la Moselle commandée par Houchard?. Ce général se concertait alors avec Beauharnais, commandant en chef de

1 Le 7° régiment d'artillerie à pied, dont la portion principale était alors à Metz, était commandé par le chef de bataillon Mouzé. Le régiment fournissait de nombreux détachements à différentes armées et places de guerre. Arch. de la Guerre.

2 Le parc d'artillerie de l’armée de la Moselle était alors à For-

bach.

l’armée du Rhin, en vue d’une action commune pour débloquer Mayence.

Mayence ou la mort! criaient les troupes. C'était le mot de ralliement, ce fut le premier que Courier dut entendre, car l’armée de la Moselle aussi bien que celle du Rhin, militaires aussi bien que journalistes et conventionnels ne s'entretenaient que des moyens qu'il faudrait mettre en œuvre pour délivrer la ville assiégée.

Mais à peine Houchard eut-il ébranlé son armée pour seconder Beauharnaïis, qui marchait sur Mayence, que l’on apprit Ja capitulation de la place (23 juillet 1793).

Peu de jours après cet événement, l’armée de la Moselle passait sous les ordres de Schauenburg, Houchard succédant à Custine dans les Flandres. C'était une époque critique pour les armées de la République désorganisées par suite du renvoi imprudent de presque tous les officiers nobles, devenus suspects malgré leurs services. Depuis la journée du 10 août, c'était un mot d'ordre de se défier des cidevant nobles et de leur retirer brusquement les places qu'ils occupaient aux armées. Bouchotte le ministre de la Guerre, un pur Jacobin, ne partageait que trop ces soupçous contre les officiers qui avaient le malheur d’appartenir par la naissance à une caste maudite. IL envoya aux armées des commissaires du pouvoir exéculif pour « répu- « blicaniser » et « sans-culottiser » le corps des officiers. Ces délégués, qui ne dépendaient, en réalité, que de l’administralion de la guerre, dénoncèrent comme suspects les généraux des armées du Rhin et de la Moselle qui se dis- {inguaient par les plus loyaux et les plus brillants services. Plus éclairés qu'eux, les représentants du peuple gardè- rent beaucoup de ces officiers dénoncés, mais ils durent en sacrifier quelques-uns.

Un officier comme Paul-Louis n’était pas à l’abri de leurs soupçons ; ses parents n’avaien{-ils pas possédé des fiefs nobles? La tiédeur de ses convictions, ou plus exactement, sa

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