COURIER A BLIES-CASTEL ET À MAYENCE
Ses premières armes. — Sa désertion. — Le subterfuge auquel il eut recours pour dissimuler sa faute. — Courier va servir à Alby où il reçoit la nouvelle de la mort de son père.
En passant de Thionville à Blies-Castel, Courier ne changeait pas de régiment. 11 comptait toujours au T° d’artillerie à pied qui était, ainsi qu’on l’a vu, divisé en petits détachements répandus dans différentes armées, et places de guerre, et sur les côtes. C’est ainsi qu’il se trouvait des détachements de ce corps à Gravelines, à Saint-Malo, à Givet et à Douai. L’état-major et la portion principale étaient à Metz.
Lorsque Courier fut nommé au 7°, le régiment était commandé par le chef de bataillon Mouzé. Après Mouzé, divers officiers le commandèrent par intérim, l’adjudantmajor Trimaille, le capitaine Alexandre Lauriston. C’est ce dernier qui, dans une note de service adressée au citoyen Dupin, adjoint de Bouchotte, signale la nomination de Courier à l'emploi de 1° lieutenant. Cette nomination avait eu lieu pendant que le jeune officier était encore à Thionville, le 4 frimaire an II. Voici ce document‘:
‘ Dépôt de la guerre. Arch. historiques.
Le capitaine commandant par intérim le 7° régiment d'artillerie.
Au citoyen Dupin, adjoint au ministre de la Guerre,
Je te préviens que le citoyen Ragmey venant d’être nommé capitaine commandant de la 28° compagnie d’artillerie à cheval, ci-devant Beaufranchet, le citoyen Grosset 1% lieutenant, qui le remplace dans lemploi de 2° capitaine de ladite compagnie, est remplacé par le citoyen Courier, 2° lieutenant; et que le citoyen Lancrenon, sergent-major, vient d'ètre promu par ancienneté au grade de 2° lieutenant. Alexandre LAURISTON.
Courier était donc 1° lieutenant depuis plusieurs mois lorsqu'il vint au camp de Blies-Castel, sur la Blies, affluent de la Sarre. L'époque de sa vie depuis cette arrivée, au printemps de 1794, jusqu’au mois de juin 1795, est assurément une des plus obscures. Nous n'avons pu découvrir aucun document qui y soit relatif. Nous en sommes donc réduits à nous contenter de la sèche notice qui accompagne les Lettres inédites. Nous y lisons que le jeune lieutenant ayant rejoint au camp de Blies-Castel l’armée de la Moselle vit la guerre pour la première fois et apprit à coucher au bivouac à côté de ses canons.
« Après l'occupation de Trèves, qui eut lieu le 9 août « 1794, il fut appelé au grand parc de l’armée et chargé « d'organiser un atelier pour la réparation des armes. Il « s'établit à cet effet dans un vaste monastère que les « moines avaient abandonné et prit pour lui le logement « de l’abbé ».
Comment s’appelail cette abbaye? L'auteur des notices a négligé de nous l’apprendre. Il nous assure que Courier — et nous le croyons sur parole — usa de tout avec discrétion et empêcha les soldats de commettre aucun désordre. D'ailleurs, il ne fut point insensible à la « commodité » et au luxe de son logement. Il est probable qu'il y