‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 59 sur 264 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

prouver au ministre de la Guerre la légitimité de son séjour à Paris. Par la même occasion, il réclama le paiement de ses appointements, qui lui étaient dus depuis le 18 juin 1799. A Îa fin de nivôse an VIII de plus en plus malade, il oblint enfin le paiement de sa solde arriérée’. Mais son état de santé ne s’améliora pas, et Courier dut recevoir les soins éclairés du savant docteur Bosquillon. C'était, en même temps qu'une sommité médicale de l’époque, un professeur de langue et de philosophie grecque du Collège de France; de là une amitié véritable qui s'établit entre le docte praticien et son client, et qui fut durable?.

Le 28 ventôse, constatant son état de faiblesse qui ne lui permettait pas de quitter le lit, il lui délivrait un nouveau certificat que Courier transmettait, quelques jours plus tard, au ministre de la Guerre, en l’accompagnant d’une lettre tendant à obtenir de nouveau le paiement de ses appointements. Voici le texte de ces deux pièces qui figurent dans son dossier aux Archives administratives du ministère, où nous avons pu en prendre copie :

Le 9 germinal l'an 8,

Courier capitaine d'artillerie au ministre de la Guerre, Citoyen Ministre,

Je vous adresse ci-joint un certificat qui prouve que ma santé n’est pas meilleure aujourd’hui qu’à la fin de nivôse dernier, époque à laquelle vous avez ordonné le paiement des derniers appointements que j'ai touchés à Paris. Je vous prie de vouloir bien me faire payer actuellement ce qui m'est dû pour les deux mois pluviôse et ventôse. J'espère que vous voudrez bien avoir égard à l’état où je me trouve

1 L'autorisation de paiement est du 19 nivôse an VII. 2? En 1810, Courier fait remettre à Bosquillon un des dix-huit

GASCHET. 8

pour faire expédier le plus tôt possible les ordres néces-

saires à cet effet.

Salut et respect,

CouRïIER!.

Je soussigné docteur Régent de la ci-devant Faculté de médecine de Paris, médecin du grand hospice de Paris, et professeur au collège de France, certifie que le C Paul- Louis Courier, capitaine d’artillerie, demeurant, rue des Bernardins n° 16, douzième arrondissement, est retenu depuis quatre mois chez lui par une hémoptepsie (sc), qui le jette dans un tel état de faiblesse qu’il ne lui est pas possible de quitter son lit. En foi de quoi, je lui ai délivré le

présent certificat ce 28 ventôse a. 8.

BosquizLon *.

Cette lettre expédiée, Courier obtint aussitôt l’autorisalion de paiement qu'il sollicitait. Elle est datée du même jour.

Son indisposition fut longue. Quand elle prit fin, on le laissa à Paris où il fut employé à la suite de la direction d'artillerie. En effet, aux termes de la capitulation signée le 29 septembre 1799, par le général Garnier, les officiers de l’armée de Rome étaient regardés comme prisonniers de guerre de l'Autriche et ne pouvaient plus porter les armes. La situation qu’on lui donna était donc la seule qui pût lui convenir à ce moment.

Elle était en même temps très propre à le satisfaire, car elle lui permit de reprendre les études grecques et latines,

exemplaires du « beau Longus grec », qu'il avait adressés à Mme Marchand, sa cousine, chargée de les distribuer.

‘ Seule lasignature est de la main de Courier, ce qui prouve la gravité de sa maladie et la faiblesse où il était tombé.

? La signature est attestée véritable par les administrateurs municipaux du 12° arrondissement du canton de Paris.

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