‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 61 sur 264 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Guerre pour lui faire part de son embarras!, et le ministre répond, le 9 prairial an VIII, « quoique je n'approuve pas le «silence de ces officiers à votre égard, cependant comme ils «sont employés activement vous ne devez point les rempla- «cer... Le citoyen Courier depuis son retour de l’armée « d'Italie est à Paris dangereusement malade ».

Cette lettre est écrite, on le voit, peu de temps après que le bon docteur Bosquillon a délivré à son client le certificat qu'on à lu plus haut. Mais, revenu à la santé, l'officier helléniste ne songea pas à reprendre du service actif etil ne dut pas souffrir d’être lié par la parole donnée à l'ennemi. Lorsqu’enfin letraité de Lunéville lui eut rendu la liberté, Courier trouva le moyen de ne pas rejoindre.

A la grande surprise du général Gassendi?, qui le croyait parti pour son régiment depuis trois mois, Courier était encore à Paris au mois de prairial an IX. Qu’y faisait-il? Assurément rien d’utile pour le service de l’armée. Il cherchait à se faire oublier du ministre et du directeur de l’artillerie et n’y parvenait que trop bien, ce qui prouve un certain désarroi de l'administration de la guerre. C’est cette négligence des autorités militaires qui cause notre surprise bien plus que l’apathie de Courier; car aucune infraction au devoir ne saurait plus nous étonner de la part d'un homme que nous avons vu afficher tant de fois le mépris de sa carrière.

[Il avait toutefois une excuse à faire valoir, c'était sa santé. Mais il semble bien qu'il en ait abusé. Du moins le ministre le pensa comme nous-même.

Fut-il malade dans les mois qui suivirent immédiate-

1 Lettre du commandant Miché au ministre de la Guerre, le 1°* prairial an VIII. Dépôt général de la Guerre. Section historique.

2 Le général Gassendi était chef de la division d'artillerie au ministère de la Guerre. En cette qualité, il eut plusieurs fois à s'occuper de Courier qu’il connaissait personnellement.

ment la conclusion de la paix’, alors qu'il aurait dû rejoindre? Rien n'autorise à le croire. Mais lorsqu'il ne Jui fut plus possible de prolonger son séjour à Paris, une rechute vint juste à point justifier un nouveau congé. « Alteint de faiblesse de poitrine par l'engouement des poumons », il était alors soigné par le médecin Portal qui lui délivra «un certificat de son état grave d'indisposition ». Toutefois, craignant un refus à cause des nombreux congés qu'il avait sollicilés depuis le commencement de l’année 1800, il crut prudent de joindre aux attestations de la faculté l'appui de quelque autorité militaire. Il s’adressa donc au général d’Aboville, sous lequel il avait servi à l’armée de la Moselle : celui-ci s'empressa d'écrire en sa faveur au Conseil de santé des armées.

Alors Courier dut fournir un certificat de visite, qui lui fut délivré, le 29 floréal an IX, par les officiers de santé attachés au dit « Conseil de santé des armées ». Dans le rapport qui fut fait au ministre, à la suite de celte visite, on propose de lui accorder un congé de deux mois avec appointements, à partir du 4° prairial. Mais le général Gassendi étonné écrit au-dessous du rapport: «cetofficier devait rejoindre il y a trois mois » et il ajoute : Vu : Gassendi.

Cette note du directeur de l'artillerie devait détruire l’effet de la recommandation du général d’Aboville. En effet, six jours plus tard, le ministre fait, en ces termes, connaitre sa décision au conseil d'administration du 7° d’artille- HÈX

Le 14 prairial an IX.

Avis au conseil d'administration du 7° régiment d'artillerie à pied, à Strasbourg.

« Je vous préviens, citoyens, que j'ai accordé au c® « Courier deuxième capitaine au T° régiment d'artillerie à

! Le traité de Lunéville fut signé en février 1801.

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