COURIER A STRASBOURG ET A LA VÉRONIQUE
Premiers travaux d’érudition. — Étude sur l'Athénée de Schweighaüser.— Paul-Louis, en semestre à la Véronique, compose le Ménélas après la fuite d'Hélène. — Étude sur cet ouvrage; la prose rythmée, les strophes libres. — L'éloge d'Hélène d’après Isocrate. — La part d'originalité du traducteur. — L'épisode de Thésée. — Le héros athénien offert à Bonaparte comme le type du souverain libéral. — Goût de Courier pour les copies des œuvres antiques. — Publication de l'éloge d'Hélène chez Cramer. — Les critiques de Schweighaüser. — Vente de la Véronique. — Séjour à Douai. — Amitié de Paul-Louis pour sa cousine M° Pigalle. — Les Conseils à un colonel. — Scepticisme et
mécontentement de Courier. — Sa haine de Bonaparte commence à poindre. — Il trouve le style qui convient au pamphlet.
Arrivé à Strasbourg, dans un corps où il était presque inconnu, Courier retrouva pourtant quelques camarades, comme Tugny qu’il avait rencontré devant Mayence et qui était devenu capitaine en premier. Malgré le peu d'éclat de sa carrière, malgré les longues années qu'il venait de passer dans legrade de capitaine en second, Paul-Louis put se convaincre qu’il ne se trouvait point trop en retard surses compagnons. C’est que, pendant cette série de guerres, l’avancement avait été beaucoup plus lent dans l'artillerie que dans d’autres armes.
Le T° était alors commandé par le chef de brigade Dedon, dit Dedon l'aîné. C'étail un officier ambitieux, dévoré du désir d'arriver aux plus hauts grades, et qui déployait beaucoup de zèle et d'activité pour la réorganisation de son régiment. Il était prêt d’ailleurs à sacrifier ses subordonnés à sa fortune : Courier devait en faire plus tard la triste expérience. Mais pour l'instant il n'eut pas trop à se plaindre de ce chef.
Plus agréables toutefois furent ses relations avec le chef de brigade de Lariboisière, qui venait d’arriver à Strasbourg comme directeur d'artillerie”; Paul-Louis, grâce à sa naissance, à ses façons et à sa politesse d'ancien régime, fut reçu comme uu ami dans celte famille de ci-devant nobles; de son côté, il éprouva dès lors, si on l'en croit, une véritable &inclination » pour cet officier supérieur, auquel il devait s'attacher en 1809, avec l'espoir de faire auprès de lui la campagne à la grande armée. Courier n'allait pas tarder à passer capitaine en premier, le 41 floréal an X.
Mais, en attendant, il dut reprendre son rang d’ancienneté parmi les capitaines en second. C’est dans cette position que nous le montre un « élat général des ‘officiers composant le 7° régiment à l’époque du 22 nivôse an X ». Quelques jours plus tard, est rédigé un autre état des officiers du régiment qui avaient leurs compagnies à Strasbourg. Courier y figure à sa place comme capitaine en second à la 19° compagnie. Il fut question à cette époque
‘ À Naples en 1807, où Dedon l’aîné commandait l'artillerie de l'armée.
3 Sa nomination est du 13 mars 1801. Baston de Lariboisière, né à Fougères le 18 août 1759, était chef de brigade depuis le 6 novembre 1796. On sait qu'il devint général de division.
$ Voici un extrait de ce document. Arch. historiq.
Septième régiment d'artillerie à pied.
Tableau nominatif des officiers dudit régiment, non compris l’État-