CHAPITRE I. mn
en épousant Louise-Élisabeth La Borde, et en légitimant son fils. [l avait donc, à cette époque, trois domiciles : son château du Breuil, dans la paroisse de Mazières, sa maison de la Véronique, et un appartement qu'il avait conservé à Tours dans la rue de la Galère.
Bien qu'il eût peu de relations dans cette grande ville, la célébration de son mariage ne pouvait y passer inapereue. À sa paroisse urbaine de Notre-Dame de Lécrignolle, il préféra donc l’humble église de Saint-Pierre de Mazières où, en qualilé de seigneur du Breuil, il avait non seulement droit de banc dans le chœur, mais encore « droit de la chapelle de Notre-Dame, pour assister au service divin ». C’est là qu'il reçut la bénédiction nuptiale le 41 février 1777. La future madame Courier avait encore son père Jean La Borde, ancien bourgeois de Paris. Ce vieillard, qui s'était transporté au Breuil pour assister à la cérémonie, élait alors âgé de soixante-neuf ans.
Le mariage fut célébré dans l'intimité. Courier eut pour principal témoin son notaire de Cinq-Mars, M° Estevelin, qui était accompagné de sa femme, née Féau. Les autres témoins furent de simples artisans de Mazières : un sieur Bezard, maréchal de forge et ses deux fils qui exerçaient la profession paternelle, enfin une damoiselle Godefroi.
Voici l'intéressant extrait du registre de la paroisse de
action). Quelques jours plus tard, eut lieu l’originale prise de possession des lieux de la Véronique et de la Guyotterie. En présence de son notaireet de plusieurs témoins, lenouveau propriétaire pénètre dans la cour, dans le jardin et dans les bâtiments de l’une et l’autre closerie, «ouvre et ferme les portes », casse partout « des brins de bois et d’épine », arrache de l’herbe et « jette des pierres par cy et par là ». Courier se soumet à toutes ces formalités ainsi qu'en fait foi l'acte signé des témoins, et notamment de la venderesse M'° Taschereau de Sapaillé, après que lecture leur en a été faite « en la salle en roc dudit lieu de la Véronique ».
1 Né en 1708 (Registres de la mairie de Cinq-Mars-la-Pile).
Mazières qui relate ce mémorable événement du mariage de Jean-Paul et de la légitimation de Paul-Louis Courier :
« L'an mil-sept-cent-soixante-dix-sept et le onzième jour de février, après une seule publication de bans faite au prône de nos paroisses, lant en celte paroisse qu’en celle de Châtillon-sur-Loing, diocèse de Sens? et celle de Cinq-. Mars-la-Pile, de ce diocèse, entre M. Jean-Paul Courier : seigneur du Breuil et de ses dépendances, majeur, fils de feu M. Jean Courier, marchand pour la provision de Paris, et de feue dame Jeanne Joly, de cette paroisse en partie et de celle dudit Cinq-Mars-la-Pile pour lautre partie du domicile... D'une’part.
« Et damoiselle Louise-Élizabeth La Borde, fille majeure de M. Jean La Borde, ancien bourgeois de Paris, et de feue dame Marie-Magdelaine Massinot, de la paroisse de Châtillon-sur-Loing en (Gâtinais, diocèse de Sens... D'autre part.
« Vu les dispenses des deux autres bans accordées par Nos seigneurs les archevêques de Sens et de Tours,
« Vu la permission à nous accordée de faire la célébration du mariage par M. le curé doyen de Châtillon et son certificat de publication sans empêchement ni opposition en date du cinq du présent, nous, curé soussigné, avons donné aux parties ci-dessus dénommées la bénédiction nuptiale, et dans le moment a été reconnu par lesdits époux que, sur la foi des promesses qui viennent d'être sanctifiées, il est né de leur cohabitation un enfant actuellement vivant qui a été élevé, éduqué et entretenu par ledit époux dans la maison duquel il demeure, et qui à été baptisé à l’église paroissiale de Saint-Eustache, à Paris, l’an mil-sepl-cent-soixante-douze, le samedi quatre janvier, sous le nom de Paul-Louis, né ledit jour, fils de M. Jean- Paul Courier, de Méré et de Louise-Élizabeth, de Mont-de- Ville, sa mère, rue du Mail, dont le parrain a été Jean- Remi Petit, marchand, la marraine Marie-Magdelaine