CHAPITRE I
Luce, fille de Jean Luce, marchand, suivant l'extrait de baptême délivré par le sieur Delavilleléon, en date du trois du présent, légalisé le quatre par M. Corzne! de Saunier, v. g* de Paris, lequel enfant a, en conséquence, été reconnu par lesdits époux pour légitime et demeure én effet légitimé, de même que s’il fût né après la bénédiction nuptiale, se réservant lesdits époux de faire mention de la présente reconnaissance en marge du registre de baptêmes de ladite paroisse de Saint-Eustache. — En présence et du consentement de M. Jean La Borde, père de ladite épouse, de maître Jean-François-Anne Estevelin de (sic) Hautes- Landes, lieutenant de la baronnie de Cinq-Mars, et de dame Marie-Magdelaine Feau, épouse dudit sieur Estevelin, amis des parties, de Pierre Bezard, maréchal de forge, de Toussaint et François Bezard, ses fils, de même état, de damoiselle Jeanne-Gabrielle Godefroi et autres, qui ont déclaré ne savoir signer, fors les soussignés. L.-E. Laborde; J.-P. Courier; Laborde; Feau Estevelin ; Estevelin ; Bezard; F. Bezard; Bezard le Jeune; Guérin, curé ».
Pour assurer à son fils tout le bénéfice de la légitimation, Courier introduisit une instance devant la chambre du conseil du Châtelet dé Paris, dont il obtint, le 2 décembre de la même année 1771, une sentence par laquelle était ordonnée la réformation de l'acte de baptème de Paul-Louis. En conséquence, mention fut faite sur le registre de Saint-Eustache de la reconnaissance qui avail eu lieu à Mazières.
Après la cérémonie, les époux rentrèrent au château du Breuil, accompagnés de Jean Laborde et du jeune Paul- Louis. Sa situation régularisée, Courier n’était pas pressé de quitter son château; il y resta quelques mois et y retint son beau-père ?. Ce vieillard avait éprouvé, près du
" ! Sic.
2 Ces détails nous sont connus par le registre de paroisse de
terme de son existence, la joie d'assister à la réhabilitation de sa chère fille et de son petit-fils. Il accueillit avec empressement la proposition qu’on lui fit de ne plus les quitter. Dès lors il vécut entre son gendre et sa fille, tantôt au Breuil et tantôt à la Véronique.
Pendant cet été de 1777, que l’on passa au château du Breuil, la nouvelle Madame Courier se fit connaître dans le pays; si elle ne vit pas la noblesse des environs, pour laquelle son mari n'avait qu'aversion el défiance ‘, elle inspira par ses façons simples une entière confiance aux petites gens. Dans le temps même que le seigneur du Breuil soutenait un procès contre un de ses voisins, le sieur de Crémille, au sujet d’un droit féodal, Le garde de ce châtelain vint prier Madame Courier de tenir sur les fonts baptismaux son jeune fils. Le parrain fut Jean La Borde; l'enfant reçut les prénoms de Jean-Louis réunissant ainsi ceux du parrain et de la marraine *.
Déjà le 1% mars, c’est-à-dire trois semaines après son mariage, Louise La Borde avait servi de marraine au fils du closier de la Véronique, qui avait également été appelé Louis. Aïnsi la nouvelle Madame Courier, se conformant aux traditions de la noblesse, répand son nom dans la contrée qu’elle habite, en baptisant les enfants des villageois.
Après avoir passé au Breuil tout l’été de 1777, M. et M"°
Mazières où nous voyons M®* Courier et Jean Laborde signer en, qualité de parrain et marraine.
1 Sa haine pour les nobles était absolue, depuis les démélés retentissants qu’il avait eus avec un duc et pair qui avait voulu le faire assassiner un soir qu’il sortait de l'Opéra. C'est à la suite de cet événement que M. Courier était venu habiter la Touraine. Voir l’Essai d’Armand Carrel,
* Registre de l’état civil de Mazières, 2 août 1777. Baptême de Jean-Louis Pionneau.