CHAPITRE VII
donné. L'essentiel serait de vous assurer, si vous avez celte complaisance, non seulement si le volume manque à sa place, mais s'il ne serait pas transposé, ou resté par oubli dans une autre bibliothèque.
Le séjour que j'ai fait à Paris a élé si court que je n'ai pu remettre moi-même à leur adresse les lettres dont vous m'aviez Chargé. Mais j'ai eu soin de les faire tenir aux personnes à qui elles étaient adressées. |
Recevez, Monsieur, l'assurance de mon dévouement et de ma reconnaissance, pour toules les marques d'amitié el d'intérêt dont vous m’avez honoré.
Salut et Respecl.
Courier.
À Langeais, départ‘ d’Indre-et-Loire.
Oberlin s'était intéressé à Courier sur la recommandation de Villoison avec lequel il échangeait une correspondance savante depuis 1773. Il prêta donc à notre officier les livres dont il avait besoin pour ses études, comme le Lexique gréco-latin de Scapula: de là, les protestations de reconnaissance que l’on vient de lire.
Mais Courier était parti sans restituer tous les volumes, et bien qu’avouant sa négligence il ne s’empressa pas de la réparer. Quinze ou seize mois plus tard, il quittera la France pour se rendre à Plaisance, sans avoir remplacé le livre qu'on lui réclamait.
Nous verrons qu'Oberlin ne se tint pas pour battuet qu'il continua à réclamer son bien, mais cette fois en faisant intervenir Villoison.
Le voyage à Paris, dont il est question dans la leltre que nous publions, n'eut pas lieu aussi vite que Courier avai projeté de le faire, soit que l'Éloge d'Hélène ne fût pasterminé, soit que d’autres soins aient retenu l’auteur.
Enfin, dans les premiers jours de l’année 1803, il quitta
la Touraine et vint à Paris, pour voir ses amis et pour faire imprimer son opuscule.
Il retrouva Mme Pipelet, Clavier, Boissonnade et aussi Schweighaeuser, qui avait quitté Strasbourg depuis plusieurs mois. Ce fut à ce dernier savant qu’il s'adressa pour trouver un éditeur. Schweighaeuser luiindiqua un alsacien nominé Henrichs, qui se chargea de la vente de l'ouvrage imprimé chez Cramer, rue des Bons-Enfants. L’impression fut terminée à la fin de mars. Ce premier ouvrage publié par Courier forme une ‘plaquette in-8° de 41 pages (non compris le faux titre)‘ qui est devenue très rare.
D'assez nombreuses affaires occupèrent notre voyageur qui étaitd’ailleurs pressé de rentrer en Touraine, où d’autres intérêts le rappelaient.
Voilà pourquoi il vit ses amis un peu en courant; après avoir emprunté un livre, à M. Boissonnade, il n'eut pas le loisir de le lui reporter et dut charger de cette petite commission le bon Schweighaeuser, avec lequel il avait déjà pris l’habitude de ne pointse gêner”. On voit au reste par la lettre qu'il lui écrit, qu’il proteste contre quelques critiques adressées à l'Éloge d'Hélène. L'érudit Slrasbourgeois avait
1 Faux titre : Éloge d'Hélène.
Titre : Éloge d'Hélène traduit d'Isocrate.
A Paris
Chez Henrichs, rue de la Loi, n° 14231 (Ancienne librairie de Du Pont)
An XI En fin de la page 41, on lit:
De l'Imprimerie de Ch. Fr. Cramer, rue des Bons Enfants, no 12. Le titre de départ porte :
ÉLoGE D'HÉLÈNE À Madame Constance Pipelet.
? Lettre du 12 mars 1803.