‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 99 sur 264 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

pour « dégrossir son ouvrage ». Voilà pourquoi il profita de son séjour à Parme pour amasser les matériaux dont il aurait besoin. Son travail, dès lors entrepris, mais plusieurs fois abandonné au cours des années suivantes, ne devait être achevé qu’à la fin de 1807. Quant à la publication de l'ouvrage, elle fut longtemps retardée par suile de circonstances qui ne dépendaient pas de Ja volonté de l’auteur. Nous verrons qu’elle n’eut lieu qu’en 1813.

Le grec n’occupa pas seul notre touriste; il flâna longuement au milieu des bouquins les plus divers, profitant de ce que la surveillance dont il était l’objet s’élait bien relàchée par suite de la maladie de Pezzana. Il visita aussi le Musée, proche de la Bibliothèque, où il vit les Corrège et une toile alors célèbre, la mort de Virginie par Doyen, peintre français bien oublié qui fut le maître de David. Sans respect pour l’école classique, Paul-Louis observa que ce tableau n’était « pas trop bon »1, et ilse rappela ses anciennes études de dessin.

Enfin au bout de deux semaines?il poursuivit son voyage: il s'était lié, pendant les quinze jours qu'il passa à Parme, avec le fils de l’administrateur général, jeune homme dont l’âge et les goûts étaient sans doute assortis aux siens.

Ce fut cet ami qu'il chargea par lettre, après son départ, de lui faire parvenir à Barletta une petite caisse contenant des livres, soit qu’il jugeàt difficile, étant à cheval ainsi que son domestique, de les transporter avec lui, soit qu'il les eût oubliés. Toujours est-il que le jeune Moreau de Saint- Méry assez embarrassé vint trouver le bibliothécaire Pez-

1 Dans la Conversation chez la comtesse d'Albany, le peintre Fabre donne la préférence, en toute chose, aux siècles passés, mais il avoue que, depuis un temps, onse relève chez nous « de ce méchant goût où tomba si tôt notre école après ses beaux jours ». C’est la même condamnation de la génération antérieure à David.

2 « Je m'arrêtai quinze jours à Parme », Sautelet, I, 64.

zana, et le pria de se charger de l'expédition et de faire préparer la caisse par un de ses employés.

A peine Îles livres qui la garnissaient furent-ils sous les yeux du custode, qu’il reconnut parmi eux quelques ouvrages appartenant au dépôt dont il avait la surveillance. Averti de cette étrange découverte, Pezzana se hâta de venir la constater, et il est de fait qu'il trouva dans le paquet destiné au commandant « le célèbre Horace » orné de gravures par Pine, ouvrage en deux volumes, un livre grec assez rare, auquel Courier avait arraché la marque de la bibliothèque (il registro della Biblioteca) et un troisième volume dont Pezzana a oublié le titre”.

Ce n’est pas sans tristesse que nous devons relater ce fâcheux incident, absolument inconnu jusqu'à ce jour; il est d’ailleurs accablant pour Courier, mais il nous paraît impossible de révoquer en doute le témoignage de Pezzana.

1 Bibliothèque nationale de Florence. Fonds del Furia. Le conservateur de la Laurentienne ayant adressé, en 1810, à son collègue de Parme le factum qu'il venait de publier au sujet de la : célèbre tache d’encre faite au manuscrit de Longus, Pezzana lui répond qu’il n’a « nullement hésité à croire M. Courier l’auteur d’une si grande scélératesse » et, à l’appui de son affirmation, il raconte cette histoire, vieille de six ans, qu'il avait tenue secrète. Il donne de la manière suivante la raison de son silence : « L'an- « née d'après mourut le custode. S'il vivait encore et s’il pouvait « attester la vérité de ce fait, je n’hésiterais pas un instant à le faire «connaître au public par l'impression, aujourd’hui que le carac- «tère de ce Français se trouve dévoilé grâce à votre écrit plein « d’à-propos; et j'en obtiendrais la permission de l’ancienadminis- « trateur M. Moreau. Mais, d'après son désir, comme cette affaire « a été tenue secrète par le défunt cüstode et par moi-même, il ne « conviendrait pas de la publier sans pouvoir y ajouter le témoi- « gnage de celui qui fit la découverte. C'est pourquoi je vousprie « de ne faire usage de cet avis qu'avec la plus grande prudence ». Lire la lettre de Pezzana aux Documents inédits et pièces jusüficatives, ne VII.

Certes, bien qu'ayant été choisi par le gouvernement français pour administrer la bibliothèque de Parme, on peut être assuré qu'il avait peu de bienveillance pour nos compatriotes. Mais il n'était pas le premier venu, il jouissait d’une réputation méritée de savant bibliographe.

En outre, on ne voit pas quel intérêt il aurait eu à inventer cette histoire contre Courier, puisqu'il renonce à la publier autrement que dans une lettre à del Furia, puisqu'il n’en tirera aucun avantage. [1 n’y a qu’un fou d'ailleurs qui puisse créer de toutes pièces une accusation de ce genre, étayée sur des affirmations précises; or la lettre de Pezzana, parfaitement nette et claire, dénote un esprit juste, pondéré.

La letire écrite de Giulia-Nuova par Courier, qui demande l'appui de son ami pour ravoir ses livres oubliés, prouve la matérialité de ce fait que le jeune Moreau de Saint-Méry était chargé de lui faire parvenir la petite caisse laissée à Parme. 1l en résulte une charge fournie par l’inculpé contre lui-même. En outre, Courier n’a pas protesté ; il a accepté la décision prise contre lui, ce qui prouve sa culpabilite. Pour ces raisons, nous concluons nettement contre Courier.

Ce délit, si peu excusable, prouve une fois de plus le sans-gêne, l’indélicalesse foncière de celui qui l’a commis ; sa personne morale en est amoindrie.

Cependant, il ne faut pas exagérer la gravité du fait, que les circonstances peuvent atténuer, jusqu'à un certain point.

Après avoir découvert cette indélicatesse, le président de la bibliothèque de Parme en informa l’administrateur général. Celui-ci, quelque déplaisir qu'il éprouvât d’avoir à sévir contre un compatriote, décida qu'il fallait expédier la caisse à son propriétaire, mais prescrivit de retenir ceux des livres qui appartenaient à la bibliothèque. On eut soin de ne pas ébruiter cette triste affaire.

Courier avait fait preuve, en cette occasion, d'autant d'inconscience et de sans-gène qu’il en avait montré avec Oberlin. Il se préoccupait si peu des conséquences de sa faute que ce fut son imprudence qui la fit découvrir; en effet, arrivé à Giulia-Nuova, le 19 octobre, il écrivit à un ami de Parme, qui est sans aucun doute le fils de l’administrateur, pour le prier de l'aider à ravoir les’ livres oubliés. Or, c’est pour s'acquitter de cette commission que le jeune Moreau de Saint-Méry commit la maladresse de s'adresser au custode de la bibliothèque, ce qui fit décou vrir le rapt des livres.

Courier est soldat; il vit en pays conquis. Le peuple italien est soumis, mais il reste hostile et sournois. C’était l’époque où, en pleine ville de Plaisance, à trois heures de l'après-midi, un sbire assassinait un canonnier du régiment de notre officier; la foule donnait refuge au meurtrier que l’on cachait si bien que ni l’autorité militaire ni la police ne purent jamais le retrouver”. Un tel état d’esprit prouve aux Français que, malgré la paix, ils sont en pays ennemi.

Dès lors, l’acte de Courier change un peu de caractère. C’est un acte de pillage plutôt qu'un vol.

L'exemple lui venait de haut: Bonaparte, dès 1796 et depuis, avait dépouillé l'Italie de ses chefs-d'œuvre; les chevaux de bronze de Saint-Marc étaient à Paris; toute

! Cette lettre, toujours inédite, s’est trouvée entre les mains de M. Charavay; j'ai pu en avoir l’analyse et un extrait. Courier donne des nouvelles de son voyage. On lui a beaucoup parlé de brigands, mais il n’en a pas vu. En revanche, il a vu une femme « près de laquelle les anges du Ciel sont de misérables ramoneurs. Son teint ferait pâlir les roses et si vos Corrèges la voyaient, la grâce dont elle est formée serait à la fois le modèle et le désespoir de leur art. Tant d’attraits appartiennent à l'évêque de Fermo ». On reconnaît le ton des conversations libertines de Paul-Louis.

? Mémoires de Griois, I, 2382.

la cité de Florence était consternée du rapt de la Vénus de Médicis, et ses admirateurs montraient avec douleur sa place restée vide dans la Tribuna des Uffizi'. Maisil fautsurtout se rappeler le pillage de Rome et du Vatican par les envoyés du Directoire; et la plupart de ces dévastations n’avaient pas l'excuse d’être accomplies au profit de l'État. « Le fer du soldat et la serre des agents français°» dépouillaient Rome pour enrichir des misérables, comme Bassal, sous les yeux de Courier lui-même.

La preuve que son larcin fut excusé en fait, à cause des exemples officiels, c’est qu'on ne crut pas possible de réclamer des sanctions contre lui et que, d’un commun accord, administrateur et bibliothécaire se bornèrent à retenir les livres dérobés.

Courier avait si peu le sentiment de ses torts et de la honte qui l’atteindrait, après son départ, si la disparition des volumes venait à être constatée, qu’il se mit en route d’un cœur léger et qu’il acheva son voyage comme une promenade, s’arrêtant partout où sa fantaisie, ses goûts d’érudit ou le hasard de quelque relation agréable le relenaient.

C'est ainsi qu'à la première étape, il retrouva, dans l’aimable et hospitalière ville de Reggio, un ancien ami, le poète Lamberti’. C’est dans l’entourage des Clavier et des Villoison, qu'il avait fait sa connaissance ; car La mberti après avoir débuté dans son pays d’une façon fort honorable avec un volume de poésies élégantes‘, était venu à Paris, au temps du Consulat, c’est-à-dire à l'époque où

1Mém. de Griois, I, 191. « Elle était là, me dit-il, et nous n'avons rien mis à sa place, parce que rien ne peut remplacer notre Vénus; c'était la gloire de Florence ».

2 Courier. Éd. Sautelet, [, 34.

3 Lettre à M. Lejeune, 24 mai 1805

# Publié à Parme, chez Bodoni, en 1796.

Courier malade prolongeait, de congé en congé, son séjour dans la capitale. Lamberti, chez qui le poète se doublait d’un helléniste distingué, avait même publié à Paris en 4801 les Chants querriers de Tyrtée accompagnés d’une traduction en vers italiens’. Rentré dans sa patrie, il avait obtenu la chaire d'Eloquence à l’Académie de Brera, à Milan, où il succédait à l’illustre Parini. Pourvu de cette place avantageuse, Lamberti? devait, après la fondation du royaume d'Italie, y joindre celles de bibliothécaire du Roi à Brera et d’inspecteur général de l'instruction publique.

A l’époque où Courier se rendant à Barletta traversa Reggio d'Émilie, c'est-à-dire dans les premiers jours d’octobre 1804, Lamberti, profitant de ses vacances, se reposait dans sa ville natale ; car il étail né à Reggio en 1759. Cette rencontre des deux lettrés ne fit que resserrer les liens d'amitié qui les unissaient déjà; ils devaient se retrouver quelques années plus tard à Milan et vivre cette fois dans l'intimité. Ce qui rendit durable cette Liaison, ce fut, outre l'amour du grec, la sérieuse estime qu'avait Paul-Louis pour le talent poétique de Lamberti. Cette langue correcte et pure, cette phrase élégante mise au service d’une imagination froide et réglée lui paraît représenter l'idéal que doit atteindre l'écrivain; Courier lui-même n'a-t-il pas, en effet, porté dans la littérature, avec plus d’éclat, les qualités qu’il admirait chez le traducteur de Tyrtée? Les deux amis se recommandaient donc l'un à l’autre par des goûts identiques et par la même doctrine littéraire; l’un était poète, l’autre ne se piquait que d’être un amateur éclairé; ainsi fut écartée de leurs relations toute rivalité qui aurait pu les troubler.

Ces deux hommes destinés à se comprendre, à s’estimer

11 cantici di Tirteo, tradotti ed illustrali da Luigi Lamberti Parigi. Presso Treuttel et Wurtz, An. Rép. IX. ? Lamberti fit sa leçon d'ouverture le 15 juin 1801.

et même à s'aimer, si l’on peut dire que Courier ait jamais aimé une autre personne que sa mère, ne purent alors rester ensemble que quelques heures, car Paul-Louis se voyait obligé de poursuivre son voyage.

Il traversa Modène, dont il ne dit rien, puis arriva dans la grande et belle ville de Bologne, qui excita son admiration et sa curiosité. Il fut frappé surtout des galeries à arcades qui bordent toutes les rues, permettent de circuler en tout temps, malgré la pluie et le soleil, et forment « une perspeclive extrêmement agréable ».

Le voyageur érudit qu'il était put d’ailleurs se satisfaire. S'il n’eut guère le temps de fouiller la riche bibliothèque de cette ville savante, du moins, il ne négligea pas de copier des inscriptions. On sait que le goût de l’épigraphie lui était venu lors de son séjour à Rome et de ses relations avec le docte abbé Marini. Il put donc contenter son amour pour cette science « qui est une espèce de divination », et à Bologne, et quelques jours plus tard, à Fano et à Sinigaglia qui se trouvaient sur son chemin, mais où il n'osa s'arrêter trop longlemps; en effet, pendant que Courier flànait d'étape en étape, la saison s’avauçait ét il pouvait craindre d’être arrêté par les torrents au passage des Abruzzes. Obligé enfin de se hâter, il arriva le 19 octobre à Giulia- Nuova, premier village du royaume de Naples.

Ce malheureux pays, livré au fanatisme et au brigandage, lui apparut dès le premier jour tel qu'il allait le voir et le décrire pendant les trois années, pleines d’imprévu et de dangers, où il le parcourut soit en curieux, soit en mililaire chargé de missions.

Il dut, en y pénétrant, se rappeler les plus tristes souvenirs de son premier séjour en Italie. Le royaume de Naples avait en effet suivi les destinées des États pontificaux en 1799; et la république parthénopéenne n'avait pas survécu à la république romaine. Dans les provinces que traversait notre officier, les patriotes (ainsi se nommaient les

républicains) avaient été écrasés, après le départ des Français, par les bandes féroces du cardinal Ruffo et partout sur son passage il vit Les ruines accumulées par la guerre civile *.

Dès l’abord, il fit une remarque frappante : toute la société intelligente ou cultivée, tous les gens comme il faut, tous ceux même qui avaient reçu tant soit peu d'instruction étaient libéraux et formaient ce qu'on appelait le parti jacobin. Au contraire, toute la canaille, la plèbe illettrée et superstitieuse, les paysans qui, {dans cette région, aux époques troublées ne se distinguent guère des brigands, toute celte tourbe, à laquelle se joignaient de nombreux forçats échappés du bagne, constituait le parti du Roi et de la Reine Caroline.

Ces indignes souverains, honteuse incarnation du despotisme, du mensonge, de la lâcheté, de tous les vices et de tous les abus dont mourut l’ancien Régime, se maintenaient encore à Naples, grâce à l’appui de la flotte anglaise, grâce aussi à la superstition et au fanatisme d’une populace que gouvernaient les moines. Mais le mépris qu'ils inspiraient aux patriotes était immense. Ils avaient naturellement pour amis et pour favoris tous les scélérats qui s’élaient signalés par des cruautés dignes d’un autre âge, et ils prodiguaient les faveurs et les flatteries à des monstres tels que le sanguinaire Mammone?, ancien meunier qui

! « J’arrivai à Pescara le 20, la maison où je fus logé avait été saccagée comme toute la ville par les bandits du cardinal Ruffo, après la retraite des Français, il y acinqans ». Lettre à M. Lejeune, 2% mai 1895.

? & Parmi les plus pervers de ces troupes archi-perverses, un certain Gaetano Mammone, meunier de son métier, s'était particulNèrement signalé; sa cruauté féroce surpassait toute imagination humaine et elle aurait été réputée fabuleuse, si les actes n’en eussent été par trop manifestes. IL faisait une épouvantable boucherie des victimes qui tombaient entre ses mains. Assis à table, il

s'était fait, par goût, bourreau de Francais et de Napolitains patriotes.

Le tableau que Courier nous présente du royaume de Naples livré aux fureurs de la reine Caroline et de ses fidèles égorgeurs est malheureusement trop exact. Il suffit, pour s’en convaincre, de le rapprocher des récils des conlemporains, et entre autres de ceux que nous a laissés un jeune patriote Calabrais qui fut plus tard le général Guilfaume Pépé!. D'ailleurs l'officier français, exempt des passions auxquelles étaient en proie les sujets du roi, a pu se montrer historien impartial.

« Ceux quise distinguèrent alors (sous les ordres du car- « dinal Ruffo) par leur brigandage sont aujourd’hui les fa- « voris du gouvernement, qui les emploie à lever des contributions. La canaille est le parti du roi, et tout pro- « priélaire est jacobin : c’est le haro de ce pays-ci. Le 22, « je fus logé à Ortona, chez le comte Berardi, qui me ra- « conta que le gouverneur de la province était un certain « Carbone, d’abord maçon, puis galérien, ensuite ami du «roi lors de la retraite des Français, aujourd’hui Pacha. Ce « Carbone lui envoya, peu de jours avant mon arrivée, un « ordre de payer douze mille ducats, environ 50.000 francs; « il en fut quitte pour la moitié. Voilà comme ce pays-ci «est gouverné : c’est la reine qui mène tout cela ; elle affi- «che la haine et le mépris pour la nation qu'elle gou-

(( VErTne »,.

prenait plaisir à avoir devant les yeux une tête nouvellement coupée et toute sanglante encore; et cependant ce monstre, auteur de tant d’atrocités, était honoré, par le roi Ferdinand et par la reine Caroline, du titre ffatteur de cher général et de fidèle soutien du trône, tant l’esprit de haine et de vengeance est puissant dans le cœur endurci des princes ». Mémoires du général Pépé, Paris, Perrin, 1906.

1 Ouvrage cité dans la note précédente.

Enfin, le 5 novembre 1804, Courier arrivaau quartier général de l’armée de Naples établi à Barletta.

Cette armée qui, depuis dix-huit mois environ, était sous les ordres de Gouvion-Saint-Cyr' comprenait une seule division française, celle du général Verdier, à laquelle on avait joint la division italienne commandée par ile général Lecchi : réunies elles comprenaient environ 15.000 hommes et 2.000 chevaux?.

Paul-Louis trouva, en arrivant à Barletta, sa nomination au poste de chef d'état-major de l'artillerie à l'armée de Naples*, en remplacement du chef d’escadron baron d’Anglemont qui passait en Calabre. C'était une bonne fortune pour lui, car ces fonctions étaient à la fois plus importantes et plus agréables que celles qu’il pensait occuper de commandant des deux compagnies d'artillerie à cheval détachées à cette armée. Elles le mettaient en relief, auraient pu le désigner pour l’avancement en cas de guerre, et lui procuraient, en attendant, de fréquentes relations avec le général en chef*. Celui-ci, qui était un des officiers les plus in-

! Général de division en 1794, Gouvion-Saint-Cyr avait été appelé, en mars 1798, au commandement de l’armée de Rome. On sait que sa lutte pleine de fermeté contre les commissaires et les consuls, qui organisaient le pillage de Rome, aboutit à son rappel, après | ue célèbre de l’ostensoir en or garni de pierreries, qui avait été dérobé au prince Doria et que Saint-Cyr fit restituer. En 4803, Gouvion-Saint-Cyr, qui siégeait au Conseil d'État, reçut l’ordre d'aller prendre à Faënza le commandement du corps d'armée que Murat avait rassemblé en vue d’une nouvelle occupation du royaume de Naples par suite de la rupture du traité d'Amiens.

? Voir : Gouvion-Saint-Cyr, Mémoires pour servir à l’histoire militaire sous le Directoire, le Consulat et l'Empire.

3 Dépôt de la guerre. Archives administratives. La fiche de ie nomination de Courier est à la date du 19 vendémiaire an XIII ou 12 octobre 1804.

, # « Ma position actuelle est fort agréable : mon emploi de chef

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