‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 13 sur 114 · D'ARGENSON, LIL · texte numérisé non relu

D'ARGENSON, LIL

dales ? Aussi bien ce mariage était-il désapprouvé par les conseillers de la Maison qui auraient souhaité pour Louis-Philippe la main d’une princesse allemande, telle la seconde fille de l’Electeur de Bavière, capable d’appuyer son gendre contre la Maison d’Espagne, en cas de compétition à la couronne de France.

Petite-fille de François-Louis de Bourbon, prince de Conti et de la Roche-sur-Yon, dont l'esprit et la grâce enjôlaient tout le monde, courtisans et cordonniers, malgré la malveillance royale, — qui plaisait à toutes sans être bien fait, — assez aventureux pour être ambitieux, mais trop amoureux pour conquérir une couronne, heureux en fin de compte que les circonstances ne l’aient pas mis à même de tromper les: espoirs qu’il promettait? — fille de ce Louis-Armand, plus lettré que soldat, aussi spirituel que crapuleux, Louise-Henriette avait été élevée avec soin, comme tous les Conti, par une mère entreprenante et tenace, capable de « remuer l’Achéron » pour tirer un trône à son fils’. Retenue d’abord par l'éducation, la générosité de son sang déborda quand elle se vit la femme libre d’un mari faible et timide. Dès lors, la fantaisie dévora sa vie qu’elle voulut courte et bonne. Brune candide et piquante à la fois, aux yeux brillants et tendres, à la bouche amoureuse, elle ravissait par une grâce toute franche que ne gâtait pas une tenue négligée et le défaut du buste qu’elle portait en avant#. Mais les plaisirs, les nuits blanches, les voyages répétés, les ragoûts singuliers à l’esprit-de-vin et à l’eau de la reine de Hongrie, lui surchauffèrent le sang et boutonnèrent son visage, grêlé par la petite vérole en 17545.

Sa verve hardie la portait à toutes les fanfaronnades et à toutes les extravagances ; elle aimait à étonner et à déconcerter? ; mal lui en prit pour sa réputation et sa mémoire. On

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