ARRETE
lippe le Gros ressemble à Louis XVE par la lourdeur et la mollesse des traits!. Hors Louis le Pieux, bizarre eveeption, les princes d'Orléans se sont alourdis dans les plaisirs et la bonne chère. L’obésité les prend dès la jeunesse, l’apoplexie les menace dès la force de Fâge. Elle frappe Monsieur à 61 ans et aucun de ses descendants ne dépasse ce terme. Le Régent est foudroyé à 49 ans 4 mois, Louis-Philippe le Gros suceombera à la goutte à 60 ans et demi ; Louis le Pieux s'éteint avant 49 ans.
Leur mine reposée, trop fleurie, souvent bourgeonnée, indique leur oïisiveté ; la détente de leurs traits dénonce l’affaissement du caractère. Ce ne sont pas des princes de bataïlle: qui luttent pour la couronne: où la vie ; ils naissent installés dans leur dignité et leur apanage que personne ne conteste. Il leur manque les circonstances, les difficultés qui forment les grands comme Henri IV ; Monsieur lui-même ne semble s’ètre souvenu des troubles de la Fronde que pour mieux savourer la quiétude des temps. Assaillis de flatteurs et de rapporteurs, traités comme des malades que l’on ménage sans cesse, ils perdent toute netteté d’esprit et de caractère, toute qualité de décision et daction. Sr Louis le Pieux montre quelque tenacité dans les petites choses plutôt que: dans les grandes, les autres manquent, étrangement de: solidité ; par faiblesse et inconsistance, ils ne persévèrent pas dans la parole donnée ; ils appartiennent à leurs entours. A peine la calomnie, qui les guette d'autant plus qu’ils approchent di trône, les émeut-elle parfois. La nonchalance les porte à la bonhomie, à l'oubli: : ils se dérobent même * l'application qu’exige la rancune oui le ressentiment?.
Ils tendent à s'éloigner de: Versailles, où ils: se sentent en tutelle, duiRoïet desministres qu'ils boudent quand des grâces leur sont refusées, pour se former une cour où ils règnent, et où rien ni personne: ne'les contrarie. L'éliquette royale, qui se relâche, favorise cet émiettement de la cour versaillaise en cours princières, Comme Louis XV et Louis XVI, les
4 Voy. la gravure de Le Beau (1775), d’après le portrait peint par de l'Orme.