‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 2 sur 114 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

C’est ainsi que mon ouvrage, débordant peu à peu le cadre strict d’une biographie, s’est haussé logiquement jusqu’à ce titre general: La Maison d'Orléans à la fin de l’Ancien Régime. J'ai tâche de considérer Louis-Philippe-Joseph non plus comme un homme nouveau qui venait au monde, libre de ses actes, tel qu'un député frais élu ou un ministre tout neuf, mais comme l'héritier d'une lignée, l’aboutissant de cette force politique et sociale, faite de sentiments et d'intérêts lies, qui siégeait au Palais-Royal, face aux Tuileries, hors de Versailles.

Dans ses vellertés et ses fantaisies, ce prince, qui ne manquait ni d'esprit ni de cœur, touchait à, tout: Ce livre présente donc quelque variété, comme sa vie et ses goûts : diffrcile cousinage des princes avec la famille royale, intrigues ministérielles, affaires parlementaires, franc-maçonnerie, hippomanie et anglomanie, relèvement de la marine et querre d'Amérique, essais de spéculation, métamorphose du Palais Royal et révolution du commerce parisien, aéronautique, Plaisirs de société et orages de cour, fièvre de nouvelles et de. médisance, fabrication de l'opinion, la plupart des traits et des hommes de ce temps, la plupart des questions et des modes qui ont occupé ou amusé les sujets de Louis XV finissant et de Louis XVI à ses débuts, retrouvent ici leur place.

La matière abondaïit au gré de l'information que je désirais diverse : al fallait se borner. Si ce premier volume s’arrêéte au 18 novembre 1785, le jour même où Louis-Philippe- Joseph duc de Chartres devient duc d'Orléans et chef de la Maison par la mort de son père Louis-Philippe le Gros, ce n'est point que je me sois attardé vainement sur la jeunesse d'un prince médiocre. Je l'ai fait à dessein. J'ai voulu, pour rompre avec les précédents biographes qui ont notrci le jeune homme des fautes de l’homme fait, descendre cette vie, non la remonter, d'accord avec le bon sens et la justice.

Le duc de Chartres n’a point à répondre des défaillances du duc d'Orléans. Il ne s’agit ici ni d’un plaidoyer, ni d’un réquisitoire. « Indulgentia, Indulgentia, quel joli mot ! nous en avons tous besoin », prononçait un délicieux curé de Paris dans certain dialogue de Maurice Donnay. Il ne convient pas

Page 1