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électifs à leur tour. Ainsi n’avait-il pas usé une seule fois de ce pouvoir, puisqu'il s'était borné dès l’abord à confirmer le choix de l'administrateur général. Jamais souverain constitutionnel ne fut plus détaché de ses prérogatives.
Il répugnait trop au travail de loge pour jalouser la prépondérance effective du duc de Luxembourg. S'il était flatté, par ogcasion, des hommages que lui attirait son office, il préférait aux assemblées pompeuses les loges privées d’où la contrainte était bannie. À l'exemple de dd iteur général, 1! eut sa loge personnelle, la loge Saint-Jean de Chartres, à l’orient ‘A NF ess constituée par le Grand Orient le 9 septembre 1774, à la date du 20 décembre 1773, et dont Gardane, docteur en médecine, rue des Prouvaires, était le député et le secrétaire. Les banquets ou loges à table, les loges d'adoption ou loges à femmes, les réceptions où les novices essuyaient des épreuves D e voilà sans doute ce qui amusait le jeune prince et pourquoi il avait fait installer, au Palais-Rayal même, dans la cour des Fontaines, une petite loge richement décorée. Une lettre, qu’il éerivait de Chantilly à M?* de Genlis le 6 août 4772, montre dans quel esprit il exerçait ses fonctions :
On s'ennuie beaucoup ici ét, pour se dédommager, comme M. de Fronsac et M. de Pre ont parlé francs-maçons, M”° de Courtebonne et M®° de Laval avaient imaginé de se faire recevoir et, quand je suis arrivé, elles m'ont RAT de les recevoir. J'ai accepté, comme vous croyez bien. Mon père devait être de la loge; j'étais charmé de l'avoir là, sous ma férule. Mais il a fait réflexion que cela ne serait pas honnête pour M. le prince de Conti, que cela disperserait la compagnie : il m’a dit qu’il ne fallait pas et cela n’a pas eu lieu..." »
Le grand maître ne prenait guère l’ordre au sérieux : ses frères ne cesseront de le lui reprocher.
Malgré ces frivoles dispositions, la magistrature du duc de Chartres favorisa aussitôt la société secrète. Le Grand Orient, qui jusqu'alors n’avaif tenu séance que chez des traiteurs, en des salles de fêtes louées pour la circonstance, se mit dans
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2 ROUZET DE FOLMON, op. cil., I, 45.
ses meubles, affirmant ainsi sa sécurité, sa stabilité et sa confiance dans l'avenir. Pour un loyer annuel de 5.400 livres, il occupait, à dater du 24 juin 1774, au coin de la rue de Mézières et de la rue Pot-de-Fer, faubourg Saint-Germain, l’ancien noviciat des Jésuites, somptueusement aménagé en
temple maçonnique par les soins du frère Poncet, architecte
et vérificateur de la caisse. :
O changement ! O instabilité des choses humaines ! Qui l’eût
dit, s’écriait Mercier dans son Tableau de Paris, que des loges de francs-maçons s’établiraient rue Pot-de-Fer, au noviciat des Jésuites, dans les mêmes salles où ils argumentaient en théologie; que le Grand-Orient succèderait à la Compagnie de Jésus. Quand je suis sous ces voütes inaccessibles aux grossiers rayons du soleil, ceint de l’auguste tablier, je crois voir errer toutes ces ombres jésuitiques qui me lancent des regards furieux et désespérés. Et là j'ai vu entrer frère Voltaire, au son des instruments, dans la mème salle où on l'avait tant de fois maudit théologiquement..…. ù
Au premier étage, trois salles successives, où la profusion
des lustres en cristal redoublait l'éclat de la décoration bleue, or et argent, abritaient les ateliers qui communiquaient par des portiques d’enfilade. Dès l'entrée, on apercevait entre
les colonnes, à l’orient de la longue salle du fond (celle des :
travaux) plafonnée d’azur, le trône du grand maître, élevé de sept degrés : un fauteuil de velours bleu, rehaussé d’or sous un vaste dais d’or et d'argent ; un tapis aux nuances éclatantes recouvrait l’autel, c’est-à-dire La table. La marche inférieure portait les deux fauteuils de velours bleu du trèsillustre administrateur général et du très-respectable grand conservateur. Trois degrés plus bas, des sièges semblables
placés en demi-cercle étaient réservés aux officiers d’honneur!.
Le 12 août 1774, le Grand Orient prenait possession de sa
nouvelle demeure. L’astronome Lalande, en qualité de grand orateur, prononçait le discours d’inauguration. Le trône du
‘ Etat du Grand-Orient, 1777, 4 partie, p. 7 sq. Le musée Condé possède un portrait du duc de Chartres en costume maçonnique, avec les insignes symboliques. |