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grand maître était vide : le duc de Chartres se trouvait ailleurs, fort occupé des intrigues de cour qui obsédaient alors les tout jeunes souverains.
De 1774 à 1777; trois années durant, le Grand Orient tint ses trois assemblées générales d’obligation, et la Grande Loge de France ses quatre assemblées de quartier, sans qu’y parût le duc de Chartres. L’on y prit cependant des décisions d'importance : le Grand Orient arrêta qu’il ne reconnaîtrait pas les comédiens et gens attachés aux théâtres publics comme membres de l'association, car, soumis par leur état aux caprices du public, ils ne sauraient requérir le secours dù aux frères en cas d’injuste humiliation. Pareille exclusion, pour un motif analogue sans doute, fut prononcée contre tous ceux qui dans les arts et métiers, ne seraient pas maîtres. Enfin l’expression ordre royal,qui désignait jusqu'alors la confrérie, fut proscrite comme contraire au principe d'égalité ; elle s’intitulerait désormais simplement l’ordre maçonnique.
A ces délibérations le grand maître n’assistait pas, même en peinture. Le 11 avril 1777, la Grande Loge du Conseil députait vers lui pour obtenir son portrait. Il le promet aux députés, disant avec bonne grâce: « Je suis trop heureux que vous l’ayez désiré. » À ce portrait, l’ordre ajoutera la légende flatteuse : « L’éme de Louws XII. L'esprit de Phihippe. Le cœur de son Père. »
Le 3 juillet 1777 marqua dans les fastes maçonniques. Ce jour-là Le grand maître présida, pour la première fois depuis son installation, le Grand Orient. Une gravure allégorique, représentant le Temple de la Sagesse, commémora cette séance. Le Sérénissime Grand Maître, L. P. J. d'Orléans, duc de Chartres, sous la figure de Minerve, y éclairait les travaux de l’art royal. Calliope lui présentait toutes les autres Muses qui lui faisaient hommage de leurs talents.
Le grand orateur profita de cette rare et illustre présence pour proclamer les décisions prises en dehors du chef. Ainsi fut établi, en son nom, l'usage du mot semestriel, qui, donné par lui et communiqué aux seuls maçons réguliers, ne devait être prononcé par eux qu’en loge régulière ou à la rentrée de la loge, comme signe de reconnaissance.
À coup d’arrêtés et d’exclusions, le Grand Orient poursuivait son œuvre de réforme: Alors il dominait l’ordre de fait : trois cents loges françaises relevaient de lui, etil correspondait avec douze cents loges étrangères. Par sa borne composition, son activité, soh désir sincère de réorganisation, 1l avait triomphé; sans la détruire, de l’ancienne Grande Loge qui l'avait déclaré subréptice, schismatique, œuvre illégale d’une poignée de factieux (13 juin 1773):
Il n'avait cesse de combattre la défiance, la circonspection où l'indifférence des loges de province dont lui manquait l'appui financier. Surtout il lui fallait composer avec le rite écossais ou avec Wl’autres sectes; qui menaçaient de le contrebalancer. ;
En 1776; cédant sur le principe qui prononçait l’irrégularité de toutes loges constituées en Frahce par d’autres corps qué le Grand Orient, il traitait avec les trois directoires écossais de la réforme de Dresde, établis à Lyon, Bordeaux et Strasbourg, secte choisie qui avait pris pour grand maître le duc de Bouilloh. Le Grand Oriént devait transiger encore avec la Mère-Loge du rite écossais philosophique; installée à Paris le 5 mai 1716 sous le titre du Contrat social. Sommée
de renoncer aü titre de Mère-Lioge, à peine d’être rayée de la .
liste des loges régulières; elle résistä jusqu'au 5 novembre 1781, date de la transaction. De même; la brillante loge des Neuf-Sœurs; qui rassemblait l’élite des écrivains, des Savänts et des artistes, démolie d’abord par la Grande Loge du Conseil (19 mars 1779), obtenait bientôt son rétablissement, après un procès retentissant (19 avril 1780).
Sourd à ces disputes, étranger à ces divisions; le duc de Chartres planait sur ces diverses compagnies rivales qui l’invoquaient tour à tour. Îl appartenait de si loin au Grand Orient qu’il pouvait äcceptér sans surprise Fhommage des dissidents. N’avait-il pas été élu d’abord le 24 juin 47H par l’ancienne Grande Loge qui se réclamait de lui, ét proclamé le surlendemain par le souverain conseil des empereuts
d'Orient eb d'Occident, sublime mère loge écossaise, souve-
rain grand maître de tous les conseils, chapitres et loges écossaises du grand globe de France? Parfait souverain cons-
Lena
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