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RE RE MERE

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ütutiounel, il restait arbitre indifférent entre les partis. On le

.Vit bien quand les loges de toute affiliation célébrèrent sa convalescénce après üne grave fluxion de poitriné à l’automne de 1777.

Les loges de province re conniürent le grand maître qu’à la faveur de ses voyäges, et celles-lt seules qui se trouvèrent sur son chefnin. Au printemps de 4776, quand le duc ét la duchesse de Chartres traversent nos provinces méridionales pouf se réndre de Paris à Bordeaux, puis dé Bordeaux à Toulon, les loges de Poitiers, d'Angoulême, de Bordeaux, d'Agen, dé Montauban, de Toulouse; de Montpellier lui portent leur hommage ét lui offrent dés fleurs. À Bordeaux, le 42 ävril, Jour dé son arrivée, le princé se rend à la loge de l’'Amaitie des Ghartrons, et préside ses travaux à l'issue désquels il y a souper; feu d'artifice et bal, dans l’hôtél même de la loge, magnifiquement décoré et illuminé. Le duc et la duchesse assistent à ces divértissements, Le surlendemain, le grand maître posait la première pierre de lédifice destiné aux travaux de la Loge française, car les riches maçons bordelais se peuvent conformer à l’arrêté réitéré du Grand Orient qui défend aux loges de se réunir chez les traiteurs ou dans les cabarets : ils possèdent pignon sur rue: A Toulouse; le prince recevait les députations des loges de la ville et d’alentour et conciliait leurs débats: Aussi, dès son retour au Palais-Royal (24 août), le Grand Orient s’en vient-il 16 Femercier du bon accueil qu’il avait fait, à la rencontre; aux sociétés maçonniques.

Se rend-il à Fécamp pour passer la revue d’un régiment de hussards ? la loge de la Triple Unité députe vers lui pour le corplimenter, et il lui fait présent de son portrait (45 juillét 4779): Le 29 juin 1780; à mi-chemin de l'Italie, il préside les loges réunies de Besançon, qui lui offrent une fête magnifique dans urie vaste galerie de bois dressée pour la circonstance sur la promenade publique du Champ de Mars illuminé.

Selon l’Espion anglais, le grand maître donnait régulièrement, au printemps de 1778, un jour par semaine pour les signatures. Son humeur nous laisse douter de cette assiduité. N’avait-ii pas un secrétaire particulier dés commandements

pour les affaires maçonniques, le médecin Gardane d’abord, puis M. de Chaumont, le fondateur de l’ordre des chevaliers et nymphes de la Rose, qui prêtait serment au Grand Orient le 21 novembre 1719? On sait trop de gré au prince de se souvenir parfois de sa magistrature et de daigner recevoir en personne les députations fraternelles. Chacun de ces accueils compte dans les annales maçonniques où on les relève de loin en loin. A la veille de son départ pour Brest (14 mai 4778) les députés du Grand Orient viennent le complimenter et lui demander ses ordres pour la Saint-Jean prochaine ; mais il n’en sera point, retenu par le service du Roi. En janvier 1780, la loge de la Fidélité à Paris fait frapper une médaille qui porte sur la face l'effigie du grand maître. Une délégation présente au prince une épreuve en or. Il l’accepte et permet aux membres de la loge de s’en décorer comme d’un bijou distinctif.

En ce temps-là, de 1776 à 1782, la maçonnerie connaissait une prospérité mondaine qu'elle ne retrouvera plus. Elle occupe la chronique et la curiosité publique et, triomphante comme une mode, se montre et se manifeste au grand jour. Le secret des loges est éventé ; les démèlés de la loge des Neuf-Sœurs avec le Grand Orient divisent Paris, pris à témoin, « Paris où l’ordre a pullulé merveilleusement!. » Chaque année, le Grand Orient constitue des loges nouvelles ; en 1789 leur nombre devait dépasser le triple de ce que comptait l’ancienne Grande Loge de France sous la magistrature du duc de Clermont. La vanité de frayer avec le fils du pre-

mier prince du sang, entouré des plus grands noms de

France, recrute nombre d’adhérents dans le clergé gallican, la noblesse, la robe, la bourgeoisie. Le peuple est exclus : artisans, domestiques et gens de maison ne sont admis que comme frères servants. La maçonnerie ne répond-elle pas

aux idées de philanthropie que l’on respire alors? Elle tend à.

vulgariser, à mettre en pratique la morale éclairée des philosophes. Comment ne pas souscrire aux premiers principes de la déclaration proposée par les commissaires de la loge

* Bach,, 9 janvier 1780.

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des Neuf-Sœurs : « Le but de la franc-maçonnerie est l’amé-

lioration du sort des hommes. Les moyens qu’elle employe pour atteindre ce but sont la propagation de la morale et de - 4 la bienfaisance, etc. » Le Roi lui-même et ses deux frères, pour ne point retarder sur les idées du jour, et entraînés sans doute par leur cousin qui prenait plaisir à les tenir sous sa férule, se font discrètement initier. Le 41* août 1775 était fondée, « à lorient de la Cour », la Militaire des Trois Frères Unis, loge dont le titre est transparent !.

D'ailleurs les francs-macons se tenaient dans les formes. N’exigeaient-ils point du « profane proposé » certificat de bonnes vie et mœurs, et profession de la religion catho- Jique, apostolique et romaine ? N’assistent-ils pas en corps aux offices, particulièrement à la Saint-Jean, solennité de l’ordre ? Ne font-ils point célébrer de service pour le repos de l’âme des frères défunts ? Ne participent-ils point aux joies publiques par des Te Deum et des messes d’actions de grâces? en décembre 17178 pour la naissance de Madame, en octobre 1781 pour celle du Dauphin, en mars 1785 pour celle du duc de Normandie, en 1783 à l’occasion de la paix conclue avec l’Angleterre.

Autant de gages répétés au culte traditionnel du royaume et au pouvoir royal. Ils ne craignent rien tant que de se brouiller avec le gouvernement et s’attachent à gagner sa confiance; au moindre soupçon, au moindre incident, ils s’inclinent devant le lieutenant de police, même au prix de difficultés intestines. C’est ce souci de docilité qui provoque les démèlés de la loge des Neuf-Sœurs avec le Grand Orient.

Assemblées irrégulières, les loges bénéficiaient d’une tolérance tacite qu'il fallait entretenir par la prudence et la soumission. Dépouillant son caractère clandestin, l’ordre tendait à devenir, de société secrète, simple société fermée. Depuis 4771, il publiait par fascicules trimestriels /’Etat du Grand Orient, où les magistrats même profanes pouvaient lire les circulaires, les procès-verbaux, les tableaux géographiques des loges qui se recrutaient en chaque ville parmi les

4 Voy. L. AmraBLe, Les Bourbons francs-maçons (La Révol. française, 1895).

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notables. Ces tableaux, listes imprimées des noms de frères, ” s’échangeaienit entre loges comme des billets de visite. Es donnaient confiance par la evndition, l'honneur et les sentiments de ceux qui les eomposaient. Aussi la censure fraternelle, à laquelle était soumise toute publication maçonnique, prévenait la censure royale qui se reposait sur elle.

En s’associant la femme et en tournant à li mondanité, l’ordre devait pleinémént désariner la poliee. Le goùt du merveilleux et de la superstitioti, qui possédait ce monde scéplique, le livrait à toutes les sortes de chärlatanisme. Les symboles ét les allégories maçonniques attirtient nos ierédules qui brülaient de participer au secret de « l'art royal ».

Les cürieuses se pressaient à la porte du temple qui s'en-

ti’oûvrit gälamment. Où inistitua pour elles les loges d’adop- .tioni, que le Grand Orient dut préndre sous son gouverneent ét soumiéltre à une discipline particulière (10 juin 4774). Come elle s’était prètée à l'inoculation, par complaisance conjugale, la duchesse de Chartres s’affiliait à la mäçotinerie des dämes, le 28 février 4773, dañis la salle de IR Folie-Titon, rue dé Montreuil. Tout de blane vêtue (robe blanctie, tablier de peau blanche doublé et bordé de soië bleue et gants blatics), portant en écharpe le cordon de moire bleue, d'où perd un éœür enflammië cüntenañt l4 pomime symbolique, et à gauche le brassard de satin blanc qui moñtre brodés ën Bioi les müts : Sileñice et vertu, l'augüste Sœut honore particülièrement de sa présence les atsëfhblées de la loge d’adoption Saint-Jean de la Candeur, fondée Sur le désir de la mätquise de Goürtebonne; des comtésses de Polignace êt dé Choiseul-Gouffier par 18 marquis de Saisseval. Cette loge, ‘qui réunissait en femmes et 8h hoïnmes la fleur de la Cour, fut installée le 21 mars 17 ; elle se tenait à Paris, tue dès Pétites-Ecuries dt Roi, fäübourg Saint-Denis. Le registre dés prücès:vérbaux des Séances! cotisigne les visites du due ét dé la düchessë dé Chaïtres: c'était dë brillantes assemblées que céllës où le ménage princier était introduit Sous la voùté d’äcièr, au cri de Eva ! Eva !. Chaque fois un bou-

‘ Analysé par G. Bertin, op. cit,

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