‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 43 sur 114 · RP NET · texte numérisé non relu

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enfance et en quenouille. « Les francs-maçons rigoureux,

observe Mercier, trouvent un si grand relâchement dans les assemblées maçonniques qui se tiennent à Paris, qu'ils - regardent tous les francs-maçons de la capitale comme des profanes qui s'occupent d’enfantillage ». La bienfaisance

relevait du moins cette recherche de l'agrément et le chroni- . queur du Tableau de Paris concluait pour eux à la bienveillance. « Ils s'amusent et sont charitables. »

Mode, la franc-maçonnerie devait éprouver le sort des modes. La faveur de la Cour et de la Ville ne l’enrichit point ; le Grand Orient connaît bientôt les embarras d’argent. Les loges de province et les loges militaires répondent mal à ses appels de fonds. Il ne peut couvrir ses dépenses annuelles indispensables qu’il évaluait à 16.000 livres. Les officiers se lassent de subvenir seuls aux frais de l'institution : un grand nombre déserte dès 1780. Aussi, le 3 mars, le Grand Orient supprime-t-il le droit de bienvenue de 450 livres que chacun d'eux devait payer à sa nomination ; leur redevance annuelle est fixée à 96 livres. L'Etat du Grand-Orient qui, proposé en souscription aux loges et aux maçons réguliers, devait former un tome annuel . quatre fascicules trimestriels, ne paraît aisément qu’en 1771 et 1718. Par économie, il est en à Six fascicules pour les trois années 17179, 1780, 1781, et les tableaux de loges, d’abord imprimés en format in-8°, adoptent en 4785 le format in-32 sous le titre de Calendrier du Grand- Orient.

Cette gène matérielle trahit un grave défaut de conviction chez les frères qui fuientle travail d'atelier. En vain quelques maçons zélés voudraient fonder l'institution sur une doctrine solide qui rallierait tous les rites. L’indifférence accueille ces convents philosophiques, ces fameux congrès qu’on a présentés dans la suite comme de noirs conciliabules qui auraient machiné d'avance les troubles de France. Le premier convent, décidé le 26 novembre 1771, s’ouvrit le 26 décembre suivant : Court de Gebelin y discourut en sept séances sur les allégo-

ries les plus vraisemblables des grades maçonniques. Les convents devaient se renouveler chaque année sur le même plan jusqu’en 1789 ; deux seulement en France ont laissé un

souvenir : le convent des Gaules (1778) et le convent de Paris (1783). Le convent des Gaules, tenu à Lyon sous la présidence

de M. de Willérmoz du 25 novembre au 27 décembre 1718,

tenta d'amener l’ordre maçonnique sous l’égide de Ferdinand de Brünswick, supérieur général de cette réforme de Dresde qui avait altiré et retenu Joseph de Maistre. Le convent de Paris de 1785 s’ouveit le 15 février rue Saint-Honoré, dans l'hôtel et sous la présidence de Savalette de Langes, philalète enthousiaste. Les opérations n’aboutirent point et furent prorogées au 15 juillet 1786.

Le plus indifférent des francs-maçons de France, leur grand maître, ne songea point à traverser une seule séance de ces convents : l'on n’eût point manqué de proclamer son nom parmi les congressistes, s’il s’y était laissé simplement entrevoir. Ce:

L'accord manquait parmi les frères, comme le sérieux et la conviction. Des brouilles, de sourdes dissensions, les rivalités de personnes el d’influences éloignaient sans cesse l’unité maçonnique en espoir. Tout plan d'entente cosmopolite échouait. Gonvoqués au convent de Paris de 1785, Ferdinand de Brünswick, Saint-Martin et Mesmer refusaient d'y prendre part. La Grande Loge américaine de la Vraie Espérance à Frédéricton transmettait-elle au Grand Orient le projet d’une banque de fortune dont les bénéfices reviendraient aux macons malheureux ? Invité à souscrire avec toutes les loges de France, le Grand Orient décidait « que ce projet ne doit être considéré que comme un objet civil, qui tendrait d’ailleurs à faire sortir des fonds du royaume, et que les règlements de la maçonnerie ne‘permellent pas de s’en occuper. » (6 avril 1784).

Chez eux, les maçons français ne parvenaient point à meltre debout une fondation de bienfaisance. Le 24 avril 1781, l’on proposait au Grand Orient une souseription pour un acte de bienfaisance annuel, en faveur des orphelins, dits enfants trouvés, à Paris. Le plan, examiné dans huit assemblées et approuvé du ministre, n'aboutissait point.

D'ailleurs le rite écossais enlevait bientôt au Grand Orient la faveur mondaine. Ses loges aristocratiques se distinguaient aussitôt aux yeux du public par la qualité de leurs membres,

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