‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 52 sur 114 · FREE HORS · texte numérisé non relu

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‘ Espion angl., ? nov. Voy. le texte de ces lettres : B: 136. fes 90-93: Bibl. Ars. Mss. 4.518, 25°. Le comte de (renlis avait mauvaise presse à peine embarqué, il aurait par ses projets et ses conseils semé la zizanie parmi les officiers dont plusieurs auraient été mis à terre. En octobre, il fulminait contre d’Orvilliers, même contre La Motte-Picquet, et Sartine &

l'aurait fait exiler, pour tout apaiser. (Corresp. secrète, 1, 189 sq.)

… doute de mériter la survivance de la charge d’amiral, il

voyait tout compromis « l’estime de son beau-père, le sort de ses enfants, le bonheur de sa femme, sa gloire, sa réputation ». Il sollicitait, comme témoignage public de satisfaction à l'adresse de ses ennemis, la création pour lui d’une place de colonel-général des troupes légères.

Qui lui avait suggéré cette fausse démarche? Les juges impartiaux, que l'injustice du public inclinait vers le prince, soupçonnèrent celle qui passait déjà pour sa conseillère,

M”° de Genlis, et son mari, qui, mêlé particulièrement à ces

tracas, avait le plus d'intérêt à les finir au mieux. Le comte d'Artois et la Reine, qui remit elle-même la requête au Roi,

-s’employèrent avec « toute la suite et la chaleur possible?

à son succès durant le voyage de Marly (novembre 1718), si bien que Louis XVI, malgré les objections de Montbarey*, ministre de la gucrre, écrivit de sa main, sur Rorlena même de la lettre, le et désiré.

Cette charge de colonel général des hussards, avec un régiment colonel général pour lequel S. A. devait travailler directement avec Sa Majesté, entraînait autant de dépense que d’embarras. Aussitôt les colonels et officiers des régiments de dragons supplièrent le Roi que leur fût épargné le dégoût réel de voir le nouveau corps des troupes légères prendre rang sur leur corps, plus ancien#. La charge créée ne convenait guère au fils du premier prince du sang, puisqu'elle n’était qu’un démembrement de celle du marquis de Béthune, colonel général de la cavalerie légère depuis 1759. Elle devait exciter la jalousie de Condé, en faveur duquel Louis XVI créera, moins de deux ans après, le 9 avril 1780, la charge de colonel général de l'infanterie française et étrangères.

Mais on avait présenté au Roi cette grâce comme le moyen de faire tomber la discussion sur Ouessant : le 18 novembre, le duc de Chartres prêtait serment, comme colonel géné-

1 Arch. Nat., K. 154.

? Mercy à Marie-Thérèse, 17 nov.

8 Mém. autogr., II, 313 sq.

# Arch. Nat., K. 164.

5 Jbid., K. 546.

ral des hussards et troupes légères, entre les mains de Sa Majesté.

Ïl avait mal caléulé. Loin d’en imposer à la malignité, cette récompense d’une campagne sur mer prèlait au ridicule. L'on ne manqua pas de le surnommer colonel général des têtes légères. Ses vrais amis el les esprits sages, disposés à le juger sans haine ni jalousie, blâmèrent, cette capitulation. Quel que fùt l’ordre du Roi ou le désir d’un ministre, un prince ne pouvait transiger sur le soin de sa gloire. Se contenter d’une satisfaction de ce genre, c'était souscrire à demi aux inculpations répandues, qu’il s’engageait à ne plus relever, renoncer à sa justification et par là même à la charge d’amiral, objet de ses soins. Cette démission tacite donnait gain de cause à ses ennemis. L'opinion ne s’y trompait pas. « Le parti que Mer le duc de Chartres à pris de quitter là marine à fait renouveler le bruit que M£ le duc de Penthièvre cédera sa charge d’amiral à Monsieur, frère du Roit, »

Mais il s'agissait moins pour lui de retourner l'opinion que de rentrer dans la confiance de son beau-père, de qui dépendait lé sort de ces cadets. Le duc de Penthièvre n'avait pas tardé à prendre ombrage de l’intérêt que son gendre prenait à la marine. L'on insinuait au beau-père qu'il ne lui restait plus que le titre d’une charge dont le jeune prince remplissait les fonctions et dont il comptait obtenir la survivance, à son

insu. Quelle figure eût faite alors, devant le corps de la

mariné, si dur aux demi-nobles et aux parvenus, auprès du sürvivancier, fils du premier prince du sang, le titulaire de la

chaïge, simple prince légitimé? En vain le due de Chartres promit-il à son beau-père de refuser cette survivance,-si le

Roi avait la bonté de la lui donner : le succès de son inspection, son ascendant sur le corps de la marine, le triomphal voyage de Brest à Paris ravivèrent les soupçons du duc de Penthièvre. On lui laissait entendre que la promesse de son gendre n’était faite que pour l’endormir, que ses campagnes et ses démarches poursuivaient évidemment l'intrigue dont il s’était défendu. S'il était venu si vite à Paris, au lendemain d'Oues-

Nouv. extraord., 20 et 27 nov., Espion angl., X, 44 sd.

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