‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 55 sur 114 · pie der revenus, le duc d'Orléans continuait ee · texte numérisé non relu

pie der revenus, le duc d'Orléans continuait ee

moins de le loger, meubler et de le faire servir par les officiers et domestiques de sa Maison et lui payait en outre par quartiers une pension de 400.000 livres. Logés, meublés et servis, le duc et la duchesse de Chartres disposaient donc depuis | le 1°] anvier 1776 de 800.000 livres de revenus qui se trouvaient, en 1780, mangés d'avance par la masse des rentes xiagères que, le prince avaitic constituées.

Or, jusqu’à la mort du de d'Orléans et du duc de Penthièvre, la fortune du ménage n’était point susceptible d’ accroissement ni de plus-value, puisqu'elle, se composait de rentes et de terres affermées à longs baux. Selon l'éternel usage, on eut recours aux parents. Le due de Penthièvre n’eùt pas laissé sa fille dans la gêne. Mais ses affaires étaient dérangées « à force d'arrangements » et il réservait bon an mal an 400.000 livres pour ses charités. Pourtant il lui ayançait 235.000 livres à valoir sur le reliquat de sa dot. Le 4 avril 1780, un contrat de 11.750 livres de rentes qu'il lui consentait annonce qu’il reste dù à la duchesse de Chartres 1.900.000 livres, et non plus 2.135.000. Bien plus, le 4 avril

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1780, il Qui constituait, par supplément de dot et en sus du revenu qui lui avait été assigné par le contrat de mariage, une rente perpétuelle de 50.000 livrest. : Le duc d'Orléans n "était guère moins bonhomme que le due de Pepthièvre, mais il n’était pas : aussi riche. Les biens de la Maison rapportaient net 3.003. 120 livres, 1 8.2 d. en AURA après liquidation de la succession de son père?. Fort

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lut l'assigner < en in des 150. 000 livres, ee de mariage du Roi au duc de Chartres, bien propre et personnel énoncé au ‘contrat. M" de Montesson arrêta, dit-on, celte procédure désagréable en engageant ses diamants que son tendre mari se bâta de retirer.

Ces Secours d un moment ne pouvaient combler le gouffre qui s était ouvert sous les pas du } jeune prince. Il consulta les hommes d’ affaires les plus | habiles de la capitale : aucun ne put le tirer d’ embarras.

Le frère de Mr de Genlis, le marquis Ducrest, dont la tête bourdonnait de projets, engagea alors le duc de Chartres à ; exploiter L le Palais-Royal, Jun des biens morts de la maison. Il lui représenta | le grand parti ? à tirer de ce jardin, ‘entouré de maisons disparates, dont les maitres en prenaient ? à leur aise avec l'apanage. Dans ces premières années du règne de Louis XYL Paris, fièyreuse Tes dont la figure change sans cesse, accélérait le cours de ses métamorphoses. Il se desserrait au centre el débordait s ses limites. Sur la rive droite en particulier, spéculateurs et architectes se ‘donnaient Carrière : ils dépecaient : à cœur-Jole | les hôtels du dernier siècle, afin d'ouvrir de nouvelles rues. Brongniart bâtissait le quartier de la Chaussée d’Antin ; dans le voisinage même du Palais-Royal, Le bel hôtel du due de Choiseul venait d’être vendu avec son superbe jardin à à une compagnie d’entrepre- “neurs. L’ enclos de l’hô ital des Quinze- Vingts, fransféré de la rue Saint- Honoré au faubourg Saint-Antoine, donnait lieu à une spéculation c où $ ‘engageait le duc de Chartres. Dès l’au-

La T ‘ 4 Arch. Nat., T 1655, cotes 55 et 56. 3 Etat des biens de la Maison d'Orléans en 1753 (Bibl. Nat. Mss. fr. 7.869), 3 Bach., 23 avril 1782.

o 1. L'HOMME D'AFFAIRES : L'ENTREPRISE DU PALAÏS-ROYAL

tomne de 1776, l’on isolait sur le papier le jardin des Tuileries par une rue parallèle à la terrasse des Feuillants. L'on ne parlait que de percées ; les plaisants disaient que la ville ressemblerait bientôt à un crible, et l’on caleulait que le bénéfice des façades, ainsi ménagées sur les nouvelles voies, compenserait avec avantage les frais de ces remaniements. ;

L'exemple était tentant pour le seigneur du Palais-Royal. Que ne mettait-il en coupe réglée ce domaine précieux, qui occupait le centre des plaisirs parisiens et les rassemblait tous # à l'Opéra ! Mais le duc de Chartres n’était que simple occu- # pant: pour entamer cette entreprise, capable de rétablir ses finances, il fallait d’abord que le duc d'Orléans lui transférâät # dès à présent la pleine et entière propriété du Palais-Royal. L Le marquis Ducrest se chargea de la négociation. M" de Montesson, sa tante, qui n’avait point renoncé à se concilier les bonnes grâces de son beau-fils, s’y employa volontiers ; elle se désintéressait de ces grandes demeures de la Maison, Palais-Royal et château de Saint-Cloud, où elle ne pouvait faire figure de princesse. Le duc d'Orléans, dans l'espoir de mettre la paix autour de lui, signait le 30 décembre 11780, au Rainey, la donation entre vifs au duc de Chartres du Palais- Royal et de ses dépendances « irrévocablement, en la meilleure forme que donation puisse valoir », avec tous les droits qu’il tenait de la cession faite par Louis XIV à Monsieur, son frère unique, par lettres patentes de février 1692, et toutes les réunions qui y avaient été faites depuis{.

La bonne foi du duc d'Orléans n'avait pas été surprise. Le projet de spéculation sur le Palais-Royal avait été mürement examiné au conseil de la Maison : les clauses et les réserves mêmes de la donation en témoignent. En vertu de la permission octroyée par Louis XIV à Monsieur, le duc de Chartres était libre de démolir, reconstruire et augmenter à son gré, mais sous certaines conditions : il ne pourrait déloger aucune des personnes attachées à la Maison sans leur rendre un logement équivalent, ni toucher aux salles des archives avant d’en avoir construits d’autres, aussi hautes, aussi

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larges, aussi sûres que les anciennes. De grandes pièces devaient être aménagées dans les nouveaux bâtiments pour ranger et exposer sous leur jour le plus avantageux les collections de tableaux. Enfin ie public conserverait l’agrément des cours et du jardin.

La donation du père au fils ne comprenait que le palais nu. Il en avait exclu tous les tableaux, médailles, pierres gravées, statues, sculptures, bronzes, livres, bibliothèques et généralement tous les meubles meublants et effets mobiliers, sauf ceux qui garnissaient les appartements du duc, de la duchesse et de leurs enfants qu’il leur avait abandonnés, moins les tableaux. Le duc de Chartres n’aurait la jouissance de tout ce mobilier que sous le bon plaisir du duc d'Orléans, qui serait libre d’en disposer en tout ou partie, de l’enlever ou de l’aliéner sans conteste. Une clause spéciale et additionnelle, qui insistait sur cette réserve, fut signée le surlendemain, 1° janvier 1781 après-midi, dans l’hôtel de la Chaussée d’Antin,

D'ailleurs le duc d'Orléans n’était point tout à fait évincé du palais : ils”y réservait son appartement d’apparat, tel quel, la nomination aux logements actuellement existants, et la désignation du concierge qui disposerait d’une certaine quanlité de boutiques d’un revenu de dix mille livres ou serait appointé de la mème somme. En cas de prédécès du duc de Chartres, le père reprendrait l’administration et la police intérieure du Palais-Royal, à charge de tenir tous les arrangements arrêtés par son fils.

Aussi bien, avant d'entreprendre les constructions nouvelles, fe duc de Chartres devait avoir réuni les fonds nécessaires pour leur entière confection. Clause prudente qui ne sera point respectée !

Quelques jours après cet acte notarié, le bruit se répandait à la Ville que Louis, l’architecte du théâtre de Bordeaux, méditait de construire une rue au beau milieu du Palais- Royal. Victor Louis, un Parisien de la rue du Pont-aux- Biches, fils d’un maître maçon et filleul d’un maître paveur, ancien pensionnaire du Roi et premier architecte du comte Poniatowski, roi de Pologne, (grâce à M°° Geoffrin) puis du maréchal de Richelieu et de Monsieur, avait eu la chance de

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