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vite em besogne que les ouvriers. Nécessité pressait lun, la fièvre du commerce les autres. Le fait est que le traité qui ait le: duc et l’entrepreneur souffrit quelques aceroes. Le duc fut-il exact aux échéances? La question se pose, bien que Berthault ne figure pas en 1793 sur la liste des créanciers du prince qui l’avait à peine remboursé. Quoiqu'il en soit, Berthault ne put kivrer les maisons de rapport aw 4° avrik 4784, date de rigueur. Si le gros œuvre était presque terminé en avril 4783, le plus long, l'aménagement intérieur, restait à faire, et les baux des dernières arcades ne commencèrent à courir qué du 4° janvier 1785, date à laquelle les bâtiments se trouvèrent lrabitabies. Le maître se montra bon prince et permit aux preneurs de s’y loger provisoirement et gratuitement, plusieurs mois avant Fouverture du baïl. Ainsi firent Dubuisson, le cafetier du Caveau, locataire principal des arcades 89 à 92, Le Bihan, peintre de S. A., locataire des arcades 93 x 95, François Beudet, riche suérier, conseiller au Conseil supérieur de Port-au-Prince à Saint-Domingue, preneur à vie des arcades 16 à 20°. Le duc trouvait avantage à cette tolérance, car les occupants, campés entre Les murs nus, s’empressaient de faire garnir à leurs dépens la bâtisse de parquets, boiseries, lambris, cloisons, carreaux de verre, peinture, dorure, siuc, sans compter les malfaçons de lenrepreneur qu'il fallait corriger. El en eoùta 50.000 livres à François Beudet, au témoignage même de Louis. Mais le Palais-Royal, frais sorti de terre, tout battant neuf, avait la vogue, et limonadiers, restaurateurs, libraires, bijoutiers, perruquiers, docteurs en médecine se hâtaient de s’y installer à grands frais.
Cependant, bien que la plupart des locataires pressés eussent payé six mois d'avance, les revenus de ces maisons ne rentraient pas encore régulièrement. L'argent allait man-
1 Arch. Nat., R‘ 385. On lit daris le compte de Prévost, marchand boutonnier ét débiteur du prince en 1793 comme acquéreur des arcades 63 à 67. « M. Prévost, en empruntant, s’engagerait à rembourser les 140.000 1. qu’il lui doit, et sur le champ le prince emploierait cette somme à rem- .-bourséf le sieur Befthault, entrepreneur et constructeur du bâtiment de S. À. »
? Arch. Nal., R* 284.
quer pour continuer les travaux intérieurs et pour élever au midi le corps de logis du palais neuf, dont on avait commencé les fouilles en janvier 1783. Le conseil du prince pensa que les trois faces à peu près bâties du quadrilatère donnaient assez de confiance au public pour qu’on lui proposât l’amorce d’un emprunt indéfini (14 avril 4783). Il tenta de lancer les « Actions survivancières, instituées avec l’agrément du Ro par LL. AA.SS. Monseigneur le duc et M"° la duchesse de Chartres, en faveur des officiers, employés, rentiers viagers, grevés de substitutions, douairiers et simples usufruitiers qui désireraient assurer, après leur décès, un capital disponible pour servir de gage à leurs créanciers, de legs x des parents, amis ou domestiques, et, en cas de mariage, de douaire à leurs femmes, de patrimoine à leurs enfants. »
Ce prospectus ne concernait que les prêteurs depuis l’âge de huit ans jusqu’à celui de soixante. En faveur des enfants plus jeunes et des vieillards plus âgés, un prospectus proposa bientôt des sociétés d’actions survivancières. Il parut encore plus compliqué et plus savant que le premier. Ces sortes de tontines, ébauche prématurée de nos assurances sur la vie, dépaysaient le public. Si les économistes y applaudissaient, les moralistes, insensibles à la science du calcul, les jugeaient aussi désavantageuses qu'indécentes.
... Avez-vous un enfant de huit ans dont la santé délicate vous annonce la courte vie ? Prenez sur sa tête une de ces actions survivancières combinées, dit-on, par l’abbé Baudeau. Le capital n’est que de 5.000 livres, laquelle somme devient à la vérité une redevance annuelle jusqu’à la mort de l’actionnaire. Mais aussi recevrez-vous à cette époque, arrivât-eille deux jours ou vingt ans après la souscription, un remboursement de 21.000 livres. Et si vous préférez prendre cette action sur la tête d’un père, âgé de soixante ans, vous recevrez à sa mort, düt-elle n’arriver qu’à quatre-vingts ans, le remboursement de 5.000 livres. Notez bien que vous aurez annuellement payé votre redevance des 300 premièreslivres, ce qui vous ferait une mise dehors de 40.000 livres sans compter les intérêts, pour recevoir 5.000 livres. Et puis les délicieux sentiments qu’une telle perspective nourrit nécessarement dans le cœur des pères ou des enfants, en attachant un attrait à la perte des uns et des autres. O0, comme ce calcul est
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évangélique et beau ! comme il vise à resserrer les liens de la société"...
Les actions survivancières ne réussirent pas. On n’en parlait plus guère à la fin de l’année et le Journal de Paris du 24 décembre dut en rappeler l'existence et en refaire la démonstration. Cette fois le duc de Chartres combinait ses actions avec le nouvel emprunt royal. Cette combinaison offrait aux capitalistes l’avantage de s’assurer six pour cent de rente quittes, avec l'espoir de quelques lots et la rentrée certaine de leur première mise à une époque déterminée.
IL est clair que l’entreprise du Palais-Royal n'allait pas toute seule, d’aussi beau train qu’on se l’était promis en traitant avec Berthaull. Le prince ne savait que décider entre toutes Les idées qu’on lui soufflait pour l'achèvement de sa demeure et le public ne savait que croire, entre tous les bruits qui couraient sur ses projets vrais ou supposés.
De fait, il n’avait pas renoncé à rebâtir l'Opéra chez lui : la venue au département de la maison du Roi du baron de Breteuil, client de la Maison d'Orléans (18 novembre 1784), lui
avait donné l’espoir de ramener dans son domaine le spec-
tacle favori des Parisiens. Il temporisait donc, d’autant mieux que l’argent lui faisait défaut. Les actions survivancières de l’abbé Baudeau n’avaient rapporté que quinze mille livres ; il fallait quatre millions pour édifier sur le jardin Îa façade du palais, dont les fondations traînaient en longueur. Tandis que l’aménagement intérieur des maisons de rapport s’achevait tant bien que mal, les chantiers extérieurs semblent languir durant toute l’année 1784, en comparaison des travaux précédents qui avaient été poussés avec une célérité incroyable. L'entreprise traversait un temps mort. Pour en sortir, le duc de Chartres n’avait pas d’autre moyen que d’accenser les maisons fraîchement bâties sur les trois côtés parallèles aux rues des Bons-Enfants, Neuve des Petits- Champs et Richelieu. Mais elles étaient construites sur le sol même de l’apanage, inaliénable en principe. Métra annonçait
dès le 16 janvier 1784 que le prince négociait l’obtention de
1 Métra, XIV, 289.
lettres patentes à cet effet ; les malheureux propriétaires o1devant riverains de son jardin, auxquels il faisait offrir cette acquisition peu sûre, se promettaient bien d’y faire opposition. Leur animosité se réveillait de plus belle.
En attendant, le duc, à l'exemple du prince de Galles, recourait àune mesure extrême, celle qui viendrait la première à l'esprit d’un bourgeois, mais à laquelle nos princes, bons maîtres, esclaves de leur domestique, ne se résignaient qu’en dernier lieu : il réforma sa maison et retrancha sur son luxet. Il vendait à la Reine et au comte d'Artois ses équipages de chasse pour la grosse bêle, même ses chiens. A la fin de mars il avait réduit ses écuries de 200 à 300 chevaux, et congédié cent valets de tout étage. Il ne gardait que deux cuisiniers et un maître d’hôtel et réglait désormais sa table sur le pied d’un simple particulier. Sur un revenu de 1.800.000 livres, 1} ne comptait réserver que trois cent mille écus pour son train de maison. Le surplus devait payer ses créanciers et subvenir à ses bâtiments. Ainsi les valets congédiés grossirent le nombre des mécontents et ajoutèrent par leurs propos à sa déconsidération. On disait que la duchesse de Chartres avait refusé net de renvoyer son monde. S'il était bien à un prince de vouloir payer ses dettes, observait Métra, l’entretien d’anciens serviteurs ne complait-il pas parmi les dettes sacrées et n ’eût-il pas mieux valu d’abord se guérir de la ruineuse passion du jeu, éviter les pertes folles, comme celle de 180.000 livres que le bruit public accusait pour lui le 30 mars 1784?.
Ces tardives écoromies ne pouvaient fournir les millions immédiatement nécessaires pour l’achèvement du palais. Il s'agissait de les tirer d’un arrangement avec le Roi, grâce à la complaisance de Calonne et de Breteuil. Plusieurs biais furent examinés. On chuchotait le 16 juin que Calonne, grand courtisan des princes du sang, verserait d'avance quatre millions à valoir sur ce qui serait dù aux héritiers de Ia branche d’Orléans sur les améliorations faites au Palais-Royal, en cas de réversion à la couronne pour défaut d’hoirs mâles. Mais
! Courrier. de l'Europe, Métra, 30 mars 4784. ? Métra, 5 avril. ? Bach., 16 juin.