‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 65 sur 114 · RE A · texte numérisé non relu

RE A

Cohen AS ET A

verre ge

His gas

bn nn Un arrdér 2

crc pres ea ain:

Mais les mécomptes des uns n’empêchaient point les illusions des autres. Le Paiais-Royal avait la pleine vogue; hors de à, plus de commerce, plus de fortune possible, semblaitil. L'année 1785 est celle où il achève de se meubler à l’envi de spectacles au rez-de-chaussée, de clubs à l’entresol. Les maisons à arcades sont enfin terminées, l'enceinte du jardin provisôirement close par le camp des Tartares. Entre ces murs tout frais, l'esprit de spéculation déploie tous les calculs. Sur l’entreprise du prince se greffent maintes sous-entreprises. Les nouveautés, qui s’y succèdent, tiennent le public en haleine et entretiennent autour du palais la fièvre de l’industrie et de la curiosité. Qu'il s'agisse du Lycee de Paris, club littéraire que tente d'établir M. Bassi (24 avril 1784), ou des bains du sieur Sérain, baigneur de $S. A.S., bains en tous genres, dont on peut augmenter ou diminuer l’activité selon les cas et qui ont reçu l’approbation de la Société royale de médecine (6 juin 1784), — le duc de Chartres patronne de son nom chacune des institutions et attractions nouvelles

qui chauffent le succès de sa spéculation. Le Journal de

Paris en reproduit fidèlement les prospectus flatteurs, et l’'Almanach du Palais-Royal tient à jour le catalogue de ce bazar universel, le programme de cette foire perpétuelle, -le guide de ce marché des plaisirs.

Quatre inaugurations, quatre premières firent surtout du bruit. Le samedi 23 octobre 1784, les petits comédiens de bois de M. le comte de Beaujolais donnaient leur spectacle d'ouverture. Des marionnettes gesticulaient sur la scène, tandis que, derrière la toile, des compères récitaient le dialogue. Mais les drames vertueux de M" de Genlis et de Berquin, qui composèrent leur premier répertoire, ne plurent guère aux spectateurs. L'abbé Baudeau, qui passait pour le principal ‘directeur de ce théâtre édifiant, fut sifflé dès la première représentation. Le surnom lui resta de « confesseur des marionnettes ».

Le premier décembre suivant, Pilâtre de Rozier étrennail en grand appareil le nouvel hôtel de son Musee, illuminé de feux de couleur. La même semaine, le prince, tenant sa promesse, rendait au public le fameux cadran solaire sur

lequel à l'heure de midi, les badauds, montre en main, tenaient leur yeux braqués. Maintenant une petite chambre à poudre, pratiquée dans la ligne méridienne, explosait au premier rayon du soleil, et cette amusette achalandait le quartier mieux que tout le reste. Ge coup de canon de midi eùt presque réconcilié le public avec l’entreprise du prince, si celui-ci s’en était soucié. Midi ou le coup de canon du Palais-Royal, sujet de lithographies populaires, survivra à la Révolution et à la vogue du jardin.

Le 1° janvier 1785, s’ouvrait du côté de la rue de Richelieu le théâtre des Variétés qui, l’avant-veille encore, jouait sur les boulevards sous le nom des Variétés amusantes. Ce spectacle de second ordre tendait à devenir, de par son transfert même au Palais-Royal, l’émule des premiers spectacles. Il avait augmenté le prix des places à proportion. Les travaux, commencés à la mi-novembre, s'étaient poursuivis avec une célérité qui tenait du prodige. La salle à peine finie, toute fraîche et pimpante, terminée en verdure, s'était emplie de curieux ; on approuva le bon air, le choix des décorations et des habillements, la richesse du spectacle, l’esprit du prologue, le Palais du bon goût, quiflaitait le public presque aux dépens du prince. Signe des temps et de la disposition des esprits. À peine l’auteur avait-il glissé par convenance deux mots à la louange du maitre, mais si enveloppés qu'ils ne

pouvaient exciter ni applaudissements ni murmures. Le duc :

se présenta dans le cours de la représentation ; il ne fut guère claqué que par les gens de sa maison, tandis quela duchesse, têtée singulièrement et avec insistance par toute l’assemblée, remerciait de sa loge grillée par plusieurs révérences.

C'est que la troupe des mécontents grossit autour du prince à mesure que prospère le Palais-Royal. Chaque spectacle nouveau y attachait le public qui ne se donne plus la peine d’aller chercher l'Opéra à la Porte Saint-Martin, ni la Comédie-Française à l’extrémité du faubourg Sa Ga

Le Palais-Royal aspire toute la substance, toute la vie parisienne, Les autres quartiers, la rive gauche en particulier, abandonnés comme la province, maigrissent et dessbchent. Mercier souhaite que, pour rétablir l'équilibre

rage ANS, End Ca Semi PRES) :

Page 1