SAINT-SIMON, XIII
* D'ARGENSON, LIL, 159; PIERRE NARBONNE, Journal, 693 sd.
# MaDauer, Corresp., IT, 114 et 267 ; ILL, 53. 60, 98 : D'ARGENSON, II], 368. 5 D'ARGENSON, VI, 175 et VII, 100.
charité en France comme à l'étranger, à Berlin, en Silésie, dans toute la chrétienté.
Ce moine bénévole, qui se mortifiait et s’appliquait à la théologie, était possédé de l'esprit de réforme et d'examen ; il tenait à remonter aux sources de l’Ecriture pour éclairer sa foi. Par ce sens critique, par sa passion pour les sciences naturelles qu’il cultivait avec Guettard, il appartenait à son siècle. Son testament si ferme et si net témoigne d’une foi virile, rare chez les princes, voire mème chez les particuliers : on n’eùt pas attendu pareille force d’âme du maniaque qui amusait la Cour.
Son fils, Louis-Philippe, dit Ze Gros, Allemand par sa mère « jusqu’au bout des ongles !», d’esprit court, mais de sens exigeants, renoua la tradition militaire et sensuelle de la
- famille. Bien élevé et tenu de près par son précepteur Balleroy
qui lui prèchait l’économie et le confiait au marquis d’Argenson pour l’entretenir de politique?, — suivi avec sollicitude par sôn père qui ne craignait rien tant pour lui que le démon de la chair et le péché mortel, il devait vivre de tutelle en tutelle, échangeant celle de son gouverneur pour celle de sa femme, puis, veuf, celle de sa maîtresse Marquise pour celle de son épouse secrète M°*° de Montesson.
À quinze ans, c'était un garçon lourd et corpulent, très civil, plus estimable qu’aimable et que l’on songeait à marier, crainte des maîtresses et vu la hâte du père de se retirer dans la dévotion et l’étude. M. de Balleroy, en bon gouverneur très attaché à la grandeur de la Maison, l’avait guidé dans sa conduite déférente envers le Roi comme dans le tendre sentiment qui le porlait vers Madame Seconde, Henriette de France. Ce mariage, qui eùt géminé les droits au trône des princes d'Orléans, faisait rêver tout haut leurs clients. Mais la défiance du vieux Fleury rejetait leurs espoirs sur une alliance étrangère — où là aussi il ajournait et contrecarrait leurs démarches. Ce qu’ils craignaient le plus arriva. De guerre lasse, Louis le Pieux, qui ne s’obstinait guère devant les traverses, se déclara pour M" de Conti,