‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 115 sur 183 · HR D · texte numérisé non relu

HR D

« me faire la leçon, mais m'instruire — qui retira le voile du passé < mort, et sur le champ le fit renaître. Il m'explique comment fleu- « rit jadis la Maison de Romano, pour quelle raison elle périclite < aujourd'hui, pourquoi, si je desserrais mon étreinte (même la « mienne !), elle pourrait succomber, cette Maison devenue lom- « barde, et, à cette heure, si solidement assise. Quelle utilité y avait- « il à revenir en arrière jusqu'à ses débuts en recommençant des al- « liances comme celles entreprises récemment pour confondre « notre Maison avec d'autres ? Quel rapport dans tout cela avec « l'apparition du premier Chevalier, venu en si piteux état que « toute sa richesse se réduisait à son seul cheval ? À Ecelo, ce pil- « lard attitré, était échue une tâche périlieuse dès le début autant « que n'importe laquelle des nôtres, mais avait-il, lui, désespéré à « aucun moment ? Seul son courage avait soutenu l’homme qui le « premier devint Podesta parmi les habitants de Vicence. Ainsi « s'était établie la Maison de Romano. Pourquoi alors reculer de- « vant-la destinée qui m'était réservée ? », (91).

Taurello avait offert de soutenir Palma par tout ce qu’il possède de talents et de courage. C’est lui qui a fait courir le bruit de ses fiançailles avec Boniface, en même temps que celui de l’alliance contractée avec la

Maison d’Este, c’est lui, astucieux et habile, qui n’attend qu’un faux pas de la part de ses ennemis pour les dénoncer, les montrer dans leur tort, et rompre avec eux. Ainsi qu’il l'avait prévu, le jour où dans Padoue Palma fut fiancée à Boniface par Taurello en personne, fut commis le sanglant outrage par les habitants de Ferrare, de même, le jour où elle se mit en route pour Vérone, Richard, las d’attendre, venait de quitter la ville pour mettre le siège devant Ferrare. Elle-même explique alors à Sordello la démarche qu’elle avait faite auprès d’Ecelin pour le faire revenir sur sa décision fatale. Son père a envoyé à Taurello son refus de ‘changer de conduite, refus qu’elle va porter au grand guerrier. Avec une (remarquable promptitude de décision, elle décide de prendre elle-même

“a direction de la Maison de Romano. Ainsi, au moment même où il s’y lattend le moins, l'avenir s’ouvre devant Sordello, une occasion unique

(91) And straight Romano’s angel stood beside Me who had else been Boniface’s bride, For Salinguerra ’twas, neck low bent, And voice lightened to music, as he meant To learn, not teach me, who withdrew the pall From the dead past, and straitght revived it all « Making me see even how first Romano waxed, Wkerefore he waned, and why if I relaxed My grasp (even I !) would drop a thing effete,.… etc., vers 432-470.

lui est offerte d'exercer sa suprématie sur les hommes et d’entrer dans la vie réelle !

Il va donc l’accompagner jusqu’à Ferrare.

C’est ici que Browning, après avoir amené son lecteur jusqu’à l'instant même où il lui avait, au milieu de son premier livre, présenté son héros (91 bis), abandonne brusquement son récit pour se livrer à une très longue digression sur le véritable rôle que joue un Poète icibas. Elle se rattache, en réalité, très étroitement à l’histoire, vu qu’elle en est le sujet essentiel, mais, pour plus de clarté, il est nécessaire ne l’examiner plus en détail, et à part (92).

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