‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 116 sur 183 · Livre IV · texte numérisé non relu

Livre IV

Au début du IV: livre, l’auteur nous présente un tableau désolant de l’état affreux auquel a été réduite Ferrare, par suite du siège qu’elle a subi :

« Cependant, lamentable était la condition de Ferrare, cette « cité-femme : chacun des deux prétendants, en voulant l'avoir « pour lui seul, se rendait compte que son étreinte mettait gran- « dement en péril ses charmes pour lesquels ils se disputaient. L’un « voyait qu’en enroulant deux ou trois fois autour de son poignet « ses tresses il obtenait une solide prise, tandis que l’autre paraît « à cet assaut en plantant sa pique aw milieu de son sein : tous « deux trop préoccupés pour s’apercevoir que l'issue de la lutte, « quelle qu’elle fût, r’apporterait qu'un cadavre au vainqueur à « embrasser. » (92 bis).

« Puisse Boniface être damné comme il le mérite pour cela!» « hurlaïit quelque vieux Gibelin, en retirant d’entre un tas de dé- « bris, à l'endroit où on avait mis le feu à sa maison, un petit

(91 bis) « I bring Sordello to the rapturous « Exclaim at the crowd’s ery, because one round « Of life was quite accomplished, etc. » (Vers 562-568.) (92) Voir $ 10 : « Le rôle de la Poésie ».

(92 bis) « Meantime Ferrara lay in rueful case ; « The lady-city, for whose sole embrace « Her pair of suitors struggled, felt their arms « À brawny mischief to the fragile charms « They tugged for — one discovering that to twist « Her tresses twice or thrice about his wrist « Secured a point of vantage — one, how best « He’d parry that by planting in her breast « His elbow spike — each party too intent « For noticing, howe’er the battle went, « The conqueror would but have a corpse to kiss. >» (Vers 1-11.)

« crâne aux dents étincelantes : « Accorde-moi une grâce, 6 doux « Jésus, que Salinguerra brûle dans l'Enfer à jamais, et que je m'y

trouve de même pour pouvoir me moquer de lui », gémissait quelque jeune Guelfe, en trouvant une main ratatinée clouée au montant carbonisé de la porte où pour la dernière fois s'était tenu son père pour lui souhaiter bon voyage. »

« Chaque réservoir est plein jusqu'aux bords de cadavres. Cino l'a appris à ses dépens... Croyant que Taurello était perdu il avait refusé de bouger de Padoue. Mais maintenant il était revenu avec Corcorezzi. Ils plantent leur drapeau sur l'emplacement de son propre palais, qui avait été si adroitement rasé qu’ils ne s'en aperçurent même pas. Un ramassis de Guelfes les regardaient en riant entre eux. Leurs allures déplurent à Cino. Voulant se donner un air de bravade et leur montrer qu'il n'avait cure d'eux, il s’assied sur le bord même du réservoir et se met à fredonner : « Za Za, Cavalier Ecelin ». Il y eut un temps de silence. S’animant il se met à battre la mesure ; voici maintenant que ses deux pieds labourent le sol, plus profondément chaque fois, et enfin, « Za Za », voici qu'avec un coup de pied vigoureux surgit la figure de sa propre mère dont les cheveaux épais et gris s'étaient enroulés autour de ses éperons. »

Par contraste, il fait une description de l'endroit écarté de la ville où, intacts encore, se trouvent les superbes jardins et le magnifique

- palais sa jeune femme, morte ut de pouvoir en jouir (93). Palma et Sor-

que Taurello y avait jadis fait construire pour plaire à Retrude

: dello qui sont parvenus à Ferrare, grâce à un déguisement, sont rem- plis d’effroi à la vue du spectacle affreux qui partout frappe leurs regards.

Sordello, jusqu'ici n’avait été préoccupé que de lui-même, il avait

(92 bis) « Back now with Concorezzi—’faith ! they drag

RAARARRA ARR À À

« Their carroch to San Vital, plant the flag

On his own Palace so adroitly razed

He knew it not ; a sort of Guelf folk gazed

And laughed apart ; Cino disliked their air—

Must pluck up spirit, show he does not care—

Seats himself on the tank’s edge—will pere

To hum, za za, Cavaler Ecelin—

À silence ; he gets warmer, clinks to chime,

Now both feet plough the ground, deeper each time,

At last, za za, and up with a fierce kick 3 » Comes his own mother’s face caught by the thick

Grey hair about his spur ! » (vers 90- ue

Voir 8 8 : « Les Descriptions ». LES à ;

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