‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 130 sur 183 · NE LA RE · texte numérisé non relu

NE LA RE

« des aventuriers, l'hôte ambigu, étranger à la Lombardie, lui dont « le ronronnement suave (à condition de lisser cette fourrure re- « broussée, et de rentrer ces griffes !) sait apaiser les voisins lors- « qu'un reitre Saxon... Est-ce Arpo ou Yoland ? — un homme sans « pays et sans famille inscrit son nom à côté des plus nobles.» (160)

G) Adélaïde de Toscane

Le portrait tracé de la seconde femme d’Ecelin est supérieurement réussi. Type de la femme autoritaire, elle nous rappelle Lady Macbeth. Ses cheveux sont « funéraires » (161), ses yeux bleus ont un éclat qui s’intensifie par la surprise ou la colère (162). Tous ses actes révèlent

l'énergie

indomptable qui l’anime. Elle met une ardeur farouche à

intriguer (163), à cacher le fils de Taurello dans le château de Goïto de peur qu’il n’usurpe la place qu’elle ambitionne pour ses propres enfants. Femme de tête, elle croit néanmoins à la Magie (164), et par là personnifie la superstitiôn de son siècle (165). Lorsqu’elle meurt, sa

ARARÀ A

Hill cat. who called him so, our gracefullest

Adventurer ? The ambiguous stranger-guest

Of Lombardy (sleek but that ruffling fur

Those talons to their sheath !) whose velvet purr

Soothes jealous neighbours when a Saxon scout

…Arpo or Yoland, is it ? one without

A country or a name presumes to couch

Beside their noblest… » (1-v. 239-245.) (Browning change Orlanda en Yoland.)

(161) Livre II, v. 644 : « funereal hair. »

(162) Livre I, v. 750. Cf. « Overmeaning eyes » (III-v. 367).

AARARRAR A

he And day by day, the Tuscan dumb

Sat scheming, scheming : Ecelin would come Gaunt, scared, « Cesano baffles me », he’d say : Better I fought it out my father’ s way !

Strangle Ferrara in its drowning flats

And you and your Taurello yonder — what’s Romano’s business there ? An hour’s concern To cure the froward Chief ! — induced return As heartened from those overmeaning eyes, Wound up to persevere, his enterprise

Marked out anew, its exigent of wit Apportioned, she at liberty to sit

And scheme against the next emergence. » (Liv. III-vers 360-371.)

(164) Elle semble même avoir, par instants, perdu son équilibre mental :

€ LCA

The iris roots The Tuscan grated o’er them to recruit

« Her wasted wits… » (Cf. liv. III-v. 989.)

(165) Comparez livre IV, vers 79-80 : « When we besieged Bassano.. etc. »

conscience reprend le dessus, et, dans un suprême effort, elle révèle à Palma que Sordello est véritablement fils de Taurello (166).

Il y a plusieurs autres personnages de moindre importance dans le poème. Leurs portraits sont simplement esquissés, par exemple : Eglamor, qui représente la contrepartie de Sordello, Poète de talent, il lui manque le véritable génie ; quoique vaniteux, — lui aussi — comme son vainqueur, il a un caractère foncièrement généreux et sait reconnaître la supériorité de celui-ci. Celui d’Agnès d’Este (167), deuxième femme d’Ecelin ; celui d’Albéric « aux muscles énormes, aux 0S pesants » et d’Ecelin, fils d’Ecelin le Moine, « diablotin rabougri aux cheveux gris », maigre et desséché (168), ou bien celui des filles d'Ecelin, caractérisées en un seul vers admirable : « Futées, grandes ,souples et d'humeur coulante » (169). Les autres sont dessinés avec adresse, tel celui du Délégué de l'Empereur, qui nous apparaît d’une façon saisissante avec « Ses yeux pareils à deux œufs de grive enfilés sur un fil bleu pâle, flottant de ci de là dans sa tête, la langue grosse et la bouche ouverte avec un sourire d'idiot. »

Page 1