‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 149 sur 183 · LES · texte numérisé non relu

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(2) De même, Isidore de Séville la proclame « Incentiva Libidinorum ».

(3) Voir Maxime de Tyr dans l’antiquité, et Savonarole à l’aube de la Renaissance en Italie ; C. Agrippa en Allémagne ; Gosson et Prynne en Angleterre ; Bossuet en France.

(4) Hercule et Thésée, qui étaient des symboles de la force physique, morale ou intellectuelle, deviennent au Moyen-âge des Saints. Cf. Philo Judeus, et St-Hilaire de Poitiers qui font de même des personnages de la Bible.

() Il est intéressant de noter que Grégoire le Grand voit dans la Bible un triple sens : littéral, allégorique, moral. Ce qui fait que Dante dans sa « Comédie » n’a à ajouter aux trois premiers, que le quatrième, ou le sens mystique. +

{6) Cf. Boccace. De Geneologia.

(7) Voir la contre-partie de leur thèse dans l’ouvrage de Berni ; Dialogæ contra i … Poeti.

(8) Epist. II. 5 | TINIIREEES

non moins sur l'Art poétique d’Horace (9), pour revendiquer de jour en jour un rôle plus important pour la Poésie, on tend de plus en plus à en trouver une justification dans les grands écrivains de jadis, même dans un Aristophane (10) ; on commence déjà à essayer de juger une œuvre au point de vue artistique, et non au point de vue moral uniquement. Les traités de Bruni (11) et de Piccolomini (12) sont, à cet égard, tout à fait significatifs. La préoccupation chez l’un et chez l’autre n’est pas de montrer que la condamnation de la Poésie était justifiée, mais bien comment tirer d’elle le meilleur parti. Savonarole et Politien eux-mêmes semblent, par moment, indécis, et, entre les deux tendances — celle qui voit dans la Poésie une action nuisible et celle qui estime au contraire qu’elle doit, avant tout, contribuer à la culture essentielle de l'humanité — ils ont l’air d’hésiter.

Cependant, tant que de véritables défenseurs ne se fussent montrés pour prendre la défense de la Poésie, pour réfuter les allégations portées contre elle, on ne pouvait espérer sa réhabilitation complète.

Mais dès qu’eut paru une traduction correcte de la Poétique d’Aristote (grâce aux soins de Pozzi, 1536), l'influence du grand philosophe devait changer complètement l'aspect des choses. En effet, en affirmant que la véritable fonction de la Poésie : « Consiste surtout à imiter la Vérité idéale », celui-ci posait les bases, non seulement d’une réfutation possible des erreurs qui avaient été si longtemps entretenues à son sujet, mais rendait possible une réponse à toutes les objections faites contre elle au point de vue esthétique et la plaçait à la tête de tous les Arts.

Aussi, dès ce moment, se multiplient les Apologies ou les Défenses de la Poésie. Forcément les deux écoles trouvent des défenseurs acharnés de part et d’autre : il suffit de citer : Daniello, Robertelli, Frascatoro, Scaliger, Castelvetro, en Italie; en Angleterre : Sir Philip

(9) En plus d’un endroit Horace avait fait l’éloge de la Poésie, par ex. : « À l’enfant qui bégaie encore la poésie donne ses premiers accents ; elle « habitue sa bouche novice à un langage noble et pur, bientôt par ses doux pré- « ceptes elle forme son cœur à la vertu ; elle étouffe dans leurs germes la mé- « chanceté, l’envie, la colère ; elle chante les nobles actions, elle montre au pré- « sent les glorieux exemples du passé ; elle console le pauvre et l’affligé. Et nos « chastes jeunes filles, et nos timides adolescents comment imploreraient-ils les AS « dieux sans le secours du Poète, présent des Muses ? etc. » (Epitre, Livre II-1.) ï (10) Les Grenouilles, vers 1030 seqq.

(11) De Studiis et Literis, circa 1405.

(12) De Educatione Liberorum, 1450.

S: (12 bis) Le Tasse dans La Jérusalem Délivrée 1-3. « La vérité parée des grâces de la ge Poésie entraîne et subjuge les cœurs les plus rebelles. Ainsi nous présentons à un enfant malade les bords d’un vase abreuvé d’une douce liqueur ; heureusement trompé il boit des sucs amers et doit la vie à son erreur. »

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