‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 155 sur 183 · NE A RS | ARR · texte numérisé non relu

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« ce qu'ils ont vu, pour ceux qui sont meileurs, c’est de dire en « quoi consiste ce qu’ils ont vu, et pour les meilleurs entre tous, « de donner awx autres hommes cette méme faculté de voir ce « qu'ils ont eux-mêmes vu. » (III-862-867.)

« Je regarde autour de moi, dit l'un de ces derniers, et chaque « figure humaine que je contemple renferme une histoire que je « sais pénétrer profondément et déchiffrer. Ici, l'espoir, là, la « crainte, Je puis m'imaginer ce que, dans une circonstance don- « née, tel homme dirait. >» (Vers 869-872.)

Ainsi, en première analyse, il y a utilité réelle à contraindre les poëtes, les Elus que Dieu a spécialement choisis, à rester à la hauteur de leur tâche qui est d’interpréter la vie !

« Voilà pourquoi », termine Browning, « j'ai créé le personnage de Sordello, pour montrer ce que devrait faire le véritable poète et ce qui advient à ceux qui, comme Sordello, méprisent leur faible nature humaine à cause de ses limites, et par là, manquent leur véritable but dans la vie. > (II1-934-976-980.)

« Que l’on ne se méprenne pas sur mes véritables intentions », ajoute-t-il, « pas plus que St-Jean n’aurait dû le faire avec ses disciples, malgré la présentation bizarre des (52) héros dans les deux cas, car rien n’est plus facile que de mal interpréter une œuvre, quelle qu’elle soit, même quand l'intention de l’auteur est excellente. Il ne saurait que réitérer la leçon qu’il a toujours inculquée, à savoir : que le Poète a pour mission essentielle de révéler la Vérité, de faire voir aux Hommes ce qu’ils sont en réalité, de ne pas leur permettre de devenir les dupes des apparences, mais de les pousser à se rebeller ouvertement lorsque les vrais prophètes en viennent à oublier leur devoir. Dépeindre avec véracité, c’est là le but de tout poète digne de ce nom, tandis que le rôle du critique est de juger de la valeur de l’auteur et de son œuvre d’après ses véritables intentions.

« Puisse-t-il en être ainsi », s’écrie Browning, en terminant son troisième livre, « de mon propre Sordello. » (53)

(52) « And therefore have I moulded, made anew « À Man, and given him to be turned and tried « Be angry with and pleased af, etc...» (III-vers 934-937.)

(53) Voir $ 7 : « Les Digressions ». Ad finem.

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