‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 16 sur 183 · DAS · texte numérisé non relu

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enough to cross the room if, at the end of it, all Wordsworth, Coleridge, Southey, were condensed into the little China yonder after the Rosicrucian fashion. » C’est là une exagération manifeste, car il y avait plus d’une affinité, tout au moins entre son esprit et celui de Wordsworth et celui de Coleridge. Du premier, il a en commun la préoccupation morale et humanitaire, pareillement sa flamme et sa passion, sa commisération pour les humbles et les déshérités, son culte de la nature (6). Du second, il possède l'imagination intense et l’amour de tout ce qui est humain, seulement il demeure à ce moment comme fasciné par le héros de Missolonghi. Aussi, peu après sa mort, survenue au début de 1824, écrivit-il une série de poèmes en imitation de Byron intitulés « Incondita » (7). Il n’est pas difficile de deviner quel en devait être le contenu, sûrement empreint de toutes les extravagances de l’auteur de « Manfred », bien que dépourvu de ses vigoureuses qualités que plus tard il reconnut hautement (8).

Ces poèmes, dans son entourage immédiat au moins, produisirent tant d’effet, que ses parents voulurent les faire publier. Malheureusement pour lui, et malheureusement pour nous, aucun éditeur ne voulut les accepter. Cependant, une amie de la famille, Miss Elisa Flower (9), qui demeurait à Hackney avec sa sœur, et avait déjà été frappée de la conversation si intéressante et de l'esprit si vif du jeune poète, les admira tant qu’elle les copia et les fit voir à son tuteur, le Révérend Johnson Fox. Celui-ci, à son tour, les loua fort, maïs critiqua « la trop grande splendeur de langage, et la trop petite richesse de pensée » (10) dont les vers faisaient preuve. La copie de ces vers conservée dans la famille des Fox pendant près de vingt ans, fut impitoyablement détruite par Browning à la mort de son admiratrice.

Il est indispensable que l’on s’attarde quelque peu ici devant ce groupe de Fox et de ses deux protégées — si attachant à bien des égards — parce que le rôle que tous les trois jouèrent — de manière différente — fut de toute importance dans la vie de Browning.

Fox lui-même, d’origine très humble, puisqu'il fut contraint de dé-

(6) À ce point de vue les points de ressemblance entre « Le Prélude » et « Sordello » sont parfois très frappants. On peut s’étonner que Shelley eût si peu compris celui qu’il qualifie en un endroit de « that beast Wordsworth ».

(7) Littéralement : « Ecrits Informes ».

(8) Mrs. OrR dit : « Browning never ceased to honour Byron as a poet who combined a constructive imagination with the more technical qualites of his art. »-Plus tard, Browning modifia — au moins à certains points de vue — son opinion à l'égard de Byron : voir « Pacchiarotto », strophe 5, ainsi que « Fifine », strophe 67.

(9) Elle avait alors vingt et un ans.

(10) Lettre de Browning à E.-B. Browning du 25 août 1845.

Portrait de W.J. FOX, dans sa vieillesse

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