À CR
« formity with its still improving perceptions of, no longer the eventual Human, but
« the actual Divine, etc... » is (35) « Je n’en crois pas moins au grand principe de tout art, » etc.
les règles et le but de son Art ? Si le Poète restait ignorant de la véritable nature de la Poésie, pourrait-il deviner quelle influence elle est capable d’exercer sur l'Humanité ?
Manifestement donc l'artiste est tenu d’être lui-même l'interprète de son art, car sa nouvelle création fournira des exemples qui inspireront ceux qui viendront après lui. Sûrement que le bon critique ira toujours demander conseil aux Grands Maîtres : il les examinera avec soin, il en tirera les principes de l'Art lui-même. Lessing, Ruskin, Pater, n’ont pas procédé autrement.
Ceux qui admirent un grand poète le font, non seulement à cause de son grand génie, mais encore parce que, par son exemple, il donnera à tous une nouvelle interprétation de la vie. Il est, du coup, Prophète et Instructeur, parce que lui seul, sait interpréter les grands problèmes de l’existence.
Browning — qui de très bonne heure s’était rendu compte de limportance du rôle de la Poésie — traite cette question un peu partout dans ses œuvres (36), en la rattachant à la question de l’Art.
Pour lui, le vrai rôle de la Nature consiste à faire voir à l’homme qu’elle ne recèle pas en elle-même de quoi satisfaire l’idéal le plus élevé que nous sommes susceptibles de concevoir. L’Art, par toutes ses manifestations, suscite en l’homme des aspirations que, seule, la vie spirituelle est à même de satisfaire. Le véritable artiste se rend compte que l'Art ne lui permet pas d’exprimer tout ce que conçoit son âme. L'œuvre, même terminée, l’idéal conçu n’est pas encore atteint. Bien plus, celui-ci ne saurait jamais devenir une réalité. Goethe et Carlyle, tous deux, nous enseignent que nous ne pouvons donc éprouver qu’une seule satisfaction véritable : celle qui réside dans lélaboration même de l’œuvre. La Vérité Absolue ne pouvant être réalisée, il est néanmoins donné de s’en rapprocher sans cesse, grâce aux efforts réunis des générations successives. Vivre, c’est apprendre que les régions de lesprit sont le véritable domaine de l’âme. Dans la seule mesure où nous comprenons cette vérité, nous nous montrons des artistes véritables. Tout artiste est exposé à un double écueil : Ou bien il se contente du peu qu’il trouve ici-bas ; ou bien il le dédaigne — tel Sordello — l’estimant incapable de contribuer à son développement.
La thèse esthétique soutenue dans la plupart de ses poésies expose lune ou l’autre de ces erreurs : ainsi Paracelse, qui vise la connais-
(36) Non seulement dans « Pauline », « Paracelse » et « Sordello », mais encore
dans « Popularity » les deux poètes de Croisic, « How it strikes a Contemporary » et « Pacchiarotto ».
sance absolue, Aprile, qui recherche la perfection dans l’amour, échouent l’un et l’autre. Dans « Cléon », Browning nous décrit St-Lazare, cet être qui, par un miracle, a pu connaître ce qui est spirituellement absolu. et qui, de ce fait, ne peut plus trouver de satisfaction dansquoi que ce soit de terrestre. Inversement, dans « Easter Day », il nous représente un homme entiché des seules choses terrestres, à qui, en conséquence, le ciel devient désormais un domaine fermé : il ne peut plus aimer que les choses sensuelles qu’il a toujours chéries. Par ces exemples il nous enseigne une grande vérité : l'Art digne de ce nom nous détourne constamment de ce qui est purement sensuel lorsqu’il demeure fidèle à ce qu’il y a de plus élevé en lui-même. Il crée sans cesse l’aspiration, et satisfait celle-ci au fur et à mesure qu’il nous présente un idéal inédit. Browning admet bien que certains Arts tirent leur origine de ce qui est sensuel, mais cette constatation n’infirme en rien sa thèse, car, tout art qui se contente d’une interprétation uniquement sensuelle de la vie, ravale infailliblement l’homme, et mène à la dégénérescence, à la fois l’artiste et son public. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire le poème que Browning intitule : « The Faultless Painter ». Ce Peintre illustre qui travaillait selon les règles acceptées, dont la technique était parfaite, mais dont l’œuvre est dépourvue de véritables qualités artistiques, tandis que l’œuvre de Raphaël — la- . quelle, malgré son génie, pèche par certains côtés — a atteint néanmoins, à cause de son art, ce qui est plus élevé que toute perfection de ligne et de forme.
Le « Peintre impeccable » avait travaillé, pour une situation enviable, pour de l’argent et en vue des louanges qu’il comptait recevoir, pour tout ce qui relève des sens et du temps, nullement pour donner des avertissements ou des leçons touchant les choses éternelles et profondes. En un mot, il s’est abstenu de révéler son âme. L’art de la Grèce — si parfait en apparence — n’était pas non plus parfait parce qu’il se confinait aux limites de la seule beauté physique. De même les Arts du Moyen-Age sont défectueux parce qu’ils luttent avec un idéal trop élevé, visant — au moyen de leur travail plus grossier — à incorporer une pensée plus haute et plus majestueuse. L’Art grec pèche par la recherche de la grâce et du fini dans le présent ; l’Art chrétien, lui, a trop visé un développement uniquement spirituel.
Ainsi donc, l’Art le plus grand n’est pas assurément celui qui en- seigne la perfection dans un sens déterminé, maïs celui qui fait porter