LES CINQ PETITS POÈMES : PARACELSE ET SORDELLO
Dès que Browning eût mis la dernière main à » Pauline », c’est-àdire en janvier 1833, il fit voir, comme à l’ordinaire, sa nouvelle tentative poétique aux divers membres de sa famille. Tous, avec la seule exception de son père (1), s’en montrèrent enthousiasmés, au point que sa tante Silverthorne offrit même de prendre à sa charge les frais de publication. Le poème parut chez « Saunders and Otley » en mars (2) de la même année. Entre temps, son auteur avait adressé à son grand ami Fox, une lettre accompagnée de douze exemplaires du poème. Cette épître, écrite dans un style qui annonce déjà le Browning de « Sordello >», était signée de ses seules initiales (3). Avec une audace et une naïveté à peu près égales, il lui demandait de bien vouloir lui consacrer quelques lignes de critique dans « The Westminster Review », ne sachant pas que Fox venait de prendre la direction d’un autre périodique intitulé : « The Monthly Expositor ».
(1) Qui était trop fidèle disciple de Pope pour pouvoir aimer un poème écrit en vers blancs.
(2) Le tout premier volume de Tennyson avait paru en décembre 1832.
(3) Lettre de Browning à W.-Fox (1833) :
« Perhaps by the aid of the subjoined initials and a little reflection you may recollect an oddish sort of a boy who had the honour of being introduced to you at Hackney, some years back, — at the time a sayer of verse and a doer of it, and whose doing you had a little previously commended after a fashion (whether in earnest or not, God knows) : that individual it is who takes the liberty of addressing one whose slight recommendation then was more thought of than all the gun, drum and trumpet of praise would be now, and to submit to you a free and easy sort of thing, which he wrote some months ago « on one leg » and which comes out this week — having either heard or dreamed that you contribute to the « Westminster ». Should it be found too insignificant for cutting up, 1 shall no less remain, dear Sir, your most obedient servant. R. B. ».
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Aussi, quel ne fut pas son ravissement (4) de lire dans le numéro d'avril de cette Revue, un article assez long où Fox, après quelques réserves faites sur certains défauts de l’œuvre, exprimait sa conviction qu’il se sentait « fout aussi sûr de l'avenir de l’auteur de « Pauline » qu'il l'avait été à la lecture des premières œuvres de Tennyson ».
De même le poète A. Cunningham, écrivit-il sur le poème un article élogieux. Mais les autres revues, les plus en vue de l’époque, ne lui consacrèrent par contre, que quelques lignes : l'Atlas, l'Athenæum, se montrérent bienveillants, mais The Examiner, de Leigh Hunt, refusa un article que Stuart Mill tenait prêt; quant au journal de Taiït, il exécuta le poème en cinq mots (5).
Aussi, en dépit des éloges que lui prodiguaient Fox et Cunningham, il ne se vendit pas un seul exemplaire de l’ouvrage (6). Lorsque, douze ans plus tard, Elizabeth Barrett exprima le désir de voir la toute première œuvre de son fiancé, elle menaça d’aller acheter ellemême un spécimen chez l’éditeur, en raison du trop peu d’empressement qu’il mettait à lui faire parvenir cet ouvrage. Browning s’amusa fort de cette menace et lui écrivit triomphalement qu’il la mettait au défi de faire pareille chose, vu qu’il avait jadis fait enlever de chez celuici le tirage complet de sa production mort-née. En effet, si Rossetti n’eût, en 1850, lu — tout à fait accidentellement, au British Museum, le poème demeuré anonyme (7), il est fort probable que « Pauline >» serait restée à jamais inconnue du public.
Malgré l’accueil si peu flatteur accordé à son poème, le jeune poète ne se découragea pas, son siège était fait et même bien fait. Il avait effectivement, — dès 1825 — demandé à son père : « s’il ne lui serait pas possible, sans nuire en quoi que ce soit à l'avenir de sa sœur. de se consacrer entièrement à sa seule Poésie, et s’il ne valait pas mieux pour lui de « voir, dans le meilleur sens du mot, la Vie, c’est-à-dire cultiver son esprit, plutôt que de se rendre esclave — aw début même de sa carrière — par une préparation fatigante et étrangère à son véritable but » (8). Il choisit sa vocation tout comme Milton, Wordsworth et Tennyson, et lui fut fidèle toujours avec la même ténacité jusqu’à la
(4) Voir dans « Mrs Orr, Life », la lettre qu’il écrivit à ce sujet à Miss Haworth.
(5) « À piece of pure bewilderment. »
(6) Browning confirme le fait en 1886 : « To the best of my belief, no single copy was sold. »
(7) Il était si convaincu que c'était là une œuvre de Browning, qu’il lui écrivit une lettre pour avoir confirmation du fait. Alors celui-ci, et bien à contre-cœur, avoua enfin qu’il en était l’auteur. (Voir Sharp, Vie, p. 53.)
(8) Déjà dans « Pauline », il avait dit : « 1 planned to look on real life » (V. 440),
fin de sa vie. C’est ainsi qu’il écrivit en 1864 : « 1 feel much comfort and delight in doing the best I can with my object in life : Poetry. »
La réponse de son excellent père ayant été affirmative, il s’était mis aussitôt au travail ; nullement dépité par son premier échec (9). Il chercha aussitôt un nouveau sujet qui lui permettrait de refaire sous une autre forme « Pauline » et d'exposer la conception toute personnelle qu’il s'était faite du Poète et qui n’avait été qu’ébauchée dans cette esquisse. Ce fut un de ses meilleurs amis, un jeune français, le comte Ripert de Monclar, qui eut la bonne idée d’attirer son attention sur le personnage de Paracelse. Les œuvres complètes de celui-ci figuraient — on l’a vu — dans la bibliothèque du père de Browning, et lui-même les avait déjà lues. Aussi, bien que le comte, se ravissant, l’en eût dissuadé ensuite, parce « qu’il voyait que le sujet ne contenait aucune histoire d'amour », il ne se laissa nullement détourner de sa première idée. :
À aucun moment, il ne perdit le sujet de vue. Dix-huit mois à peine après la parution de « Pauline », nous le trouvons effectivement occupé à y travailler. C’est pourquoi, — dès 1835 — Browning put dédier à son ami français (10) son « Paracelse », dans lequel justement l’absence d'amour devenait un motif nullement banal, mais essentiel et émouvant. Quoique tout jeune poète, il faisait voir, à ce point de vue, la grande originalité de sa conception, en même temps que sa très réelle souplesse d’esprit.
Toutefois, il ne s’était pas mis immédiatement à écrire son « Paracelse >», car nous savons que tout de suite après la parution de « Pauline », il avait conçu l’idée d’obtenir à l’étranger un poste dans la diplomatie. Il y a là évidemment de quoi nous surprendre, car l’éducation qu’il avait jusque là reçue n’était nullement en rapport avec un pareil avenir ; elle correspondait bien plutôt à cette disposition si profondément artistique que la nature et les circonstances lui avaient value, et qu’il partageait avec toute sa famille. On ne saurait donc voir dans
(9) T asked him once : « Were you never discouraged at the indifference of the public and the hostility of the critics to your writings ? » « Never, was the emphatic reply, why, 1 had the approbation of Fox, and Mill and Forster, and was content with their verdict. » (Kingsland). 1
(0) C’est à son oncle Reuben, établi à Paris qu’il devait ses relations avec le Comte : celui-ci adhérant au parti légitimiste, passait régulièrement ses vacances en Angleterre, où il veillait en secret aux intérêts des émigrés exilés après la Révolution de 1830. Cest à son influence que Browning dut d’être nommé membre de l’Institut Historique. Le jeune noble possédait une habileté particulière à esquisser des portraits, et c’est ainsi qu’il ébaucha, de mémoire, pour le poète, les traits de Dumas, George Sand et Victor Hugo. Voir à ce sujet la lettre de mars 1845 à Elisabeth Barrett.
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une pareille équipée, qu’une nouvelle manifestation de cette exubérance juvénile et de l’amour de l’inédit qui le caractérisait, Toujours est-il, que pendant l’hiver de 1833, Browning traversa toute la Russie, en qualité de secrétaire du Baron de Benkhausen, consul général de ce pays. Très peu de renseignements nous sont‘parvenus au sujet de ce voyage, mais il est manifeste qu’il lui profita beaucoup (11). Il s’intéressa à la vie de la capitale, vit la glace se briser sur la Néva, assista à la cérémonie où le Tsar boit le premier verre d’eau puisé dans le fleuve, et grâce à la finesse de son oreille, sut si bien retenir de multiples chansons qu’il entendit chanter le long des routes du pays que cinquante ans plus tard, il put les fredonner à Venise au vieux Prince Gargarin.
Lors de son retour à Londres, il envoya à la Revue « The Monthly Repository » quelques poésies qu’il avait trouvé le temps d’écrire dans l'intervalle. Elles y parurent toutes les cinq, mois après mois, sous la seule signature de « Z ». La première fut un sonnet : « À une Dame » (To a Lady), puis vint la chanson : « Il y eut bien longtemps de ça, un Roi » (A King lived long ago) (12). Dans l'intervalle : « L’Amant de Porphyre » et « Johannès Agricola » (13). Enfin, les vers commençant : « O Vent toujours malade, ne t’apaiseras-tu pas ? »
L’extraordinaire intensité dramatique de ces premières esquisses de Browning, la fougue de ceite imagination sont surprenantes : néanmoins, elles eurent le même sort que « Pauline » (14) — ce qui était fort injuste — car le génie qu’elles révélaient était — ici comme là — foncièrement original. Dans le procédé nouveau qu’il employait en s'adressant directement au lecteur, d’une manière intime, il n'avait été devancé que par le seul et génial Heiïine (15).
Dès que « Paracelse » eût été terminé, au milieu d’avril 1835, le père de Browning offrit de prendre à sa charge tous les frais de publication. L'éditeur Moxon, à qui on avait fait parvenir le manuscrit, refusa cependant de le faire paraître. C’est alors que Fox, toujours prêt à ren-
(11) I lui servit plus tard, notamment lorsqu’il écrivit, trente ans après, le long poème sur « Juan Ivanovitch ». Les lettres qu'il écrivait à sa sœur lors de ce voyage ont été. malheureusement perdues, elles eussent été précieuses à plus d’un égard, ne seraitce que pour constater la réaction éprouvée par lui en face de ce pays à peine civilisé.
(12) Inséré plus tard dans « Pippa Passes ». Voir Appendice II.
(13) Inséré dans « John Lee’s Wife », « Porphyre » et « J. Agricola » furent plus tard compris dans « Bells and Pomegranates » sous le titre de « Madhouse Cells ».
(14) « It is a curious matter for reflection », dit Gosse, « that poems so unique in their construction and conception, so modern, so interesting, so new, could be printed without attracting attention — so far as it would appear — from any living creature. »
(15) Il avait, à cette époque, commencé à s’occuper de « Sordello », car, déjà en avril 1835, il écrit à Fox : « J’ai un autre travail en main. »
dre service, obtint de son ami Effingham Wilson qui avait déjà publié les écrits d’un assez grand nombre de jeunes poètes, la promesse formelle qu’il se chargerait de faire imprimer l’œuvre. Lorsqu’elle parut enfin, elle n’attira guère l’attention du public qui, à ce moment, s'intéressait surtout à « L'Ion » de Talfourd. Ainsi, tandis que dans l’Athenæum l’on réservait deux lignes seulement à « Paracelse » (16), une Grammaire Française, que Browning avait composée à peu près à la même époque pour rendre service à son ancien professeur, et qu’il fit publier sous le nom de celui-ci, fut, par contre, reçue avec force éloges !
Il connut, il est vrai, un peu plus de satisfaction lorsque, quelques semaines plus tard, parut, dans l’'Examiner, un article des plus judicieux où, en terminant, le critique littéraire de ce journal, inconnu luimême la veille, prédisait au jeune poète une carrière brillante, « à condition toutefois de rester fidèle à son génie ». Celui qui venait spontanément de rendre un pareil hommage à l’œuvre de Browning et qui, quelques mois plus tard, allait devenir un de ses plus intimes amis, était le jeune et non moins brillant Forster (16 bis), le futur biographe de Dickens.
Mais Fox et Leigh Hunt eurent beau écrire, chacun de son côté, un article sur « Paracelse », et saluer un genre qui leur paraissait à la fois intéressant et très nouveau, ils ne réussirent pas, en dépit de leurs efforts à faire apprécier l’œuvre, ni à secouer l'indifférence à peu près totale du public.
Néanmoins, la parution de « Paracelse » eut tout au moins certains résultats importants. Elle attira sur Browning l’attention de ceux dont le goût littéraire était plus affiné ; le mince volume trouva son chemin jusqu’au chevet d’une jeune malade, isolée dans une chambre où ne pénétrait que rarement le jour, et c’est ainsi que celle qui plus tard devait être sa femme, put lire « Paracelse » et déclarer que la critique faite par l’Afhenæum, était « aussi injuste que mal fondée » ; il suscita
également dans le cercle littéraire d’élite que fréquentait alors Brown-
ing une très grande admiration (17) pour sa personne et lui fournit
(6) « It is not without talent, but spoiled by obscurity, and onlg an imitation of Shelley. »
(16 bis) Au moment où Browning attendait la diligence qui devait le conduire chez Macready pour les fêtes de Noël, il remarqua un jeune homme qui attendait également et qui le dévisagea avec insistance. Ils firent ensemble le voyage sans se connaître. Arrivés à Elstree le tragédien les présenta l’un à l’autre. Forster, né la même année que Browning avait été choisi comme rédacteur à l’Examiner par Fonblanque, éditeur de la Revue.
(17) « I still believe, as stoutly as ever in « Paracelsus » and find more wealth of
ss
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Portrait de John FORSTER, vers /845
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ainsi l’occasion de se créer un nombre considérable d’amis influents (18) parmi lesquels il faut placer, en premier lieu, le célèbre acteur Macready. Par suite de l'influence importante que celui-ci ne cessa d'exercer sur le développement intellectuel de Browning, il nous paraît nécessaire de préciser tout de suite la nature du rôle qu’il a constamment joué.
Macready, né en 1793, avait, selon sa propre expression : « commencé la vie dans une position médiocre, mais honorable ». Son père, directeur de théâtre, ne réussit pas dans sa profession. Ce fut le fils, qui, par son adresse et malgré la vive répugnance qu’il éprouvait pour le métier de comédien, le tira d’affaire. Mal lui en prit ; à partir de ce moment, la famille exigea qu’il continuât à gérer le théâtre, et c’est ainsi que commença la carrière du célèbre acteur. Ses débuts furent pénibles : d’abord il eut à lutter contre des difficultés matérielles, mais encouragé et soutenu par la célèbre Mrs Siddons, puis par Mrs Jordan, il se révéla bientôt artiste véritable. Il fit, en 1816, la connaissance de Fawcett, qui dirigeait le théâtre de Covent Garden, et à vingt ans, il s'était déjà fait une belle réputation. Néanmoins, il eut de nouvelles difficultés à vaincre, car c'était aux deux Kemble que revenait seul le droit de jouer les premiers rôles dans toutes les pièces importantes où l’on voyait figurer également la séduisante Miss O’Neill. D’autre part, à Drury Lane, le seul théâtre bien en vue, le grand acteur Kean faisait fureur. Des déceptions diverses causèrent même une si grave maladie à Macready, qu’il songea sérieusement à quitter le théâtre pour se faire ecclésiastique. Cependant, par une noblesse de caractère qui lui était particulière, il y renonça, afin de pouvoir, avec tout l’argent dont il disposait, acheter pour son frère un brevet d’officier dans l’armée des Indes, tandis que lui-même reprenait, à contre-cœur, son ancien métier de comédien.
Attiré d’une façon irrésistible vers Shakespeare, il se mit alors à étudier tout spécialement le grand dramaturge. Il joua tout d’abord dans « Richard III >» et dans « Hamlet > même, avec assez de succès pour faire concurrence à Kean. Mais les affaires n’allant pas à son gré, il alla, peu après son mariage, chercher fortune en Amérique (1826).
thought and poetry in it than in any except Shakespeare », dit Arnould dans une lettre à Domett en 1843, et il ajoute : « The more one reads, the more miraculous does that book seem as the work of a man of five and twenty. >» (Browning en réalité m'avait que vingt-trois ans.)
(18) Il fit à cette époque la connaissance de Hengist Horne, Laman Blanchard, d’artistes tels que Stanfield et Maclise ; de Talfourd (biographe de Lamb), de Procter, de Leigh Hunt et surtout de Carlyle, l’ami de toute sa vie.
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Là, un concurrent peu loyal, Forrest, le contraignit, par ses cabales, à retourner en Angleterre. En 1898, il parut sur la scène avec Kean dans « Othello », où il joua le rôle de Iago.
La mort de Kean, survenue en 1833, lui laissa le champ libre pour pouvoir se consacrer aux tout premiers rôles. Mais, malgré son talent et ses efforts, les bénéfices furent si minimes, qu’à un moment donné, il fut forcé d'emmener sa troupe en province. Cette nouvelle tentative ne fut pas plus rémunératrice que l’ancienne. Aussi, dès son retour à Londres, au mois de novembre 1835, écrivit-il à Fox lui demandant de se rendre chez lui pour causer affaires. Browning, par la même occasion, fut invité à venir les rejoindre après dîner. Macready, en effet, était à ce moment à la recherche d’un écrivain de talent susceptible de lui fournir une pièce à succès. La rencontre mémorable qui eut lieu fut des plus heureuses pour l’un comme pour l’autre. Il y avait en effet de singulières ressemblances morales et intellectuelles entre les deux hommes. Le caractère sensible de Macready, sa profonde piété, ses préférences littéraires, sa sincérité et son énergie ne pouvaient que plaire à Browning. Lui-même, jeune, ardent et plein d’enthousiasme, avait pour le théâtre (19), comme on l’a déjà vu, le penchant le plus vif, et à plusieurs reprises il avait pu admirer et apprécier le talent de Macready (20). Tous les deux étaient émus de l’état lamentable où était tombé le théâtre et désiraient le relever de sa profonde déchéance. En plus de toutes ses qualités intellectuelles, Browning, à cette époque, au dire d’une de ses contemporaines (21), avait beaucoup de prestige physique.
La première impression qu'il fit à Macready, fut donc des plus favorables : « il s'exprime et se comporte avec l'air d’un jeune poëte, plus qu'aucune personne que je connaisse », disait-il après sa première rencontre avec lui, et il écrit dans son journal : « J’ambitionne de pouvoir le connaître plus intimement. » I] lut avec plaisir le « Paracelse » que le poète lui apporta quelques jours plus tard, et l’invita à sa maison de campagne à Elstree (22). Il put se rendre compte du reste dans quelle
(9) I se souvenait avec orgueil d’avoir serré la main de Kean, et gardait précieusement un porte-monnaie qui avait appartenu à celui-ci. É
(20) Le 21 octobre 1830, il l’avait vu dans Hamlet ; à noter qu’il qualifia le souvenir qu’il en garda de « a joy for ever ».
(21) « IT était alors mince et brun, fort beau, peut-être légèrement « dandy » d’apparence, mais avec cela plein d’ambition, avide de gloire .et de succès et déterminé à conquérir l’un et l’autre. » (Cité par Miss Bridell Fox, fille de Fox.)
(22) Faubourg de Londres. Browning put ; comme on vient de le voir (p. 62), faire la connaissance de Forster grâce à qui il entra bientôt en relations avec RBulwer Lytton.