‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 37 sur 183 · RAR À À À · texte numérisé non relu

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pourtant, croyez-m'en, jamais aube ne s’est révélée plus limpide à mes yeur que celle qu rayonna entre les sombres îles de cette mer azurée, à travers ces bosquets épais, ces temples blancs et ces humides cavernes, et rien désormais ne pourra exciter ma surprise, moi qui me suis tenu aux côtés d'Hermès aux pieds agiles, moi qui me suis ceint le front des tresses de Proserpine. »

S’il a recherché cette solitude, s’il a préféré fuir le monde, c’est que son contact ne lui a rien valu :

« Il est bien étrange que je me sois abaissé, moi qui pouvais rêver de la sorte, à rechercher quoi que ce soit d’'inférieur, quoi que ce soit de bas ou de doulourewx, maïs il ne m'arrivait pas de

douter. Je façonnais ma vie grossièrement, en vue de mes besoins

« immédiats. Pourtant, je me rendais vaguement compte qu'il y

avait au fond de moi-même, en dépit de tout, un pouvoir très

grand, quoique pas encore développé ; je sentais bien que si ces ombres et ces temps appartiennent aw passé, leur esprit néanmoins m'animait moi-même et devait régner en maitre.

« Mais l’action néfaste du monde avait laissé ses traces et la ruse, l'envie, la fausseté, tout le mal que produit le monde me laissèrent leur souillure à la longue ; je réussis à en purger mon âme, mais l'influence pernicieuse du monde persista, et rien, sinon la vie solitaire que je menaiïs une fois de plus et qui me permettait de reprendre le cours des vieilles délices qui jadis faisaient le bonheur de mon âme, n'aurait pu me ramener à la paix ». (V. 336-343).

Cette paix revenue en lui, il s’était réfugié dans son monde imaginaire et, se sentant de nouveau poète, il éprouva l’envie de chanter à son tour, à l’instar de ses bardes adorés ; il se livra à des effusions toutes lyriques, et se réjouissait de découvrir que celles-ci n'étaient pas trop inférieures aux créations qu’il avait tant admirées chez ses maîtres préférés

« A mesure que la paix se faisait en moi, je cherchais quelque occupation, et vint alors le chant ; ce ne fut pas une impulsion nouvelle, mais bien celle avec laquelle toutes les autres pour vaient se combiner. »

Véritablement, sa vocation était celle de poète :

« Je me tournais vers ces vieux temps, ces scènes de jadis où tout ce qui représente la beauté est né pour moi. Je faisais des vers grossiers sur tout cela. Puis j'interrompais mon travail. Je

« me rendais compte que je n'avais rien accompli pourtant, aussi « je voulus me renseigner sur tout ce que d’autres esprits avaient

parachevé... Nulle inquiétude ne s’'empara de moi lorsque je contemplais les œuvres des puissants bardes, tout joyeux que j'étais de découvrir tout d'abord que c'était mes propres pensées que je retrouvais dans leurs chants, mes propres imaginations étaient justifiées, leurs aspirations étaient bien les miennes. » (V. 380-.

Cependant, il ne tarde pas à se rendre compte que les très grands -

d’entre les poètes n’ont jamais voulu, ni pu se passer de l’étude de

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