‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 4 sur 183 · AU NS M'A · texte numérisé non relu

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Society ». Celle-ci, instituée par un groupe de fidèles admirateurs, s’était donné comme tâche de faire régulièrement paraître — à partir de cette époque — des articles et des commentaires sur toutes les productions du poète.

La création de cette Société ne fut pas entièrement du goût de celui en faveur de qui elle avait été faite, aussi écrivit-il à un de ses amis : « Je ne souhaite point de mal à une Société dont les membres — à peu d’exceptions près — me sont inconnus, et qui s'occupe de mes œuvres avec tant de désintéressement. Ses exagérations proviennent de ce que mes livres ont paru incompréhensibles pendant cinquante ans. La réaction est naturelle, mais je ne comptais pas la voir commencer de si tôt. Qu'il y ait un côté grotesque à la chose, cela est certain, mais je suis surpris et touché d'un projet qui ne procède que de bonnes intentions » (3).

En effet, ces multiples travaux furent loin d’être tous à l’avantage de Browning ; si certains d’entre eux parvinrent à secouer en partie l’engourdissement du public, d’autres eurent un effet contraire, car il arriva que le but visé — à savoir, rendre d’un accès plus facile les œuvres du grand homme — ne fut pas réellement atteint. Les commentateurs, en surchargeant — par un excès de zèle — les textes de gloses d’une longueur déplacée, et en n’interprétant pas toujours d’une façon bien heureuse sa véritable pensée, n’aboutirent qu’à détourner davantage du poète le commun des lecteurs : ceux-ci furent naturellement peu portés à s'intéresser à des ouvrages qui leur paraïissaient demeurer, malgré tout, d’une interprétation trop difficile.

Chez un très grand nombre de gens se confirma donc l’idée d’une obscurité fondamentale chez un écrivain, que l’on s'était efforcé — apparemment en vain — de rendre plus intelligible.

Aussi, quoiqu’un petit nombre d’admirateurs l’eûssent, à cette époque, rangé, et non sans raison — en tant que peintre de l’âme humaine — immédiatement après Shakespeare, et bien que des honneurs multiples lui eussent été prodigués, son œuvre resta néanmoins mal appréciée de ses compatriotes.

Effectivement, on n’avait pas encore fourni au public anglais le moyen d’envisager — d’une façon concise — dans son ensemble, l’œu- - vre si vaste du grand poète. Ce ne fut qu’en 1885, c’est-à-dire seulement quatre ans avant la mort de Browning, que parut un livre d’une forme

plus maniable, et répondant mieux à ce besoin. Mrs. S. Orr, l’auteur

(3) Lettre à Ed. Yates, 1882.

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