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de cet ouvrage : « A Handbook to the Works of R. Browning », et qui comptait parmi les amies les plus dévouées de Browning, lui rendait, en l’écrivant, un service considérable, et qu’elle accrût encore en composant, en 1891, la « Vie » du poète, mais qu’il eût été plus logique de faire paraître en premier lieu (4).
Dès lors, on vit paraître, à des intervalles rapprochés, des études nettement sympathiques sur Browning. Les plus intéressantes furent, en 1886, celles de A. Symons, de Stopford Brooke, 1902, de Chesterton, (que l’on lisait plutôt par égard pour le brillant critique d’esprit paradoxal que par amour pour Browning), en 1903, de E. Dowden, 1904, de Herford, 1905 — cette dernière étant une des plus pénétrantes. La plupart de ces études furent forcément trop restreintes pour qu’il fût possible d'examiner à fond chaque œuvre séparément avec tout le détail voulu. En 1910, parut la première biographie vraiment bien documentée du poète, par Hall Griffin. Bien que revue par M. Minchin, elle pourrait être cependant complétée avec avantage.
La soudaine floraison avait été riche, mais on constate qu’elle s’arrêta brusquement, car depuis une quinzaine d’années, on s’est beaucoup moins occupé de Browning dans son pays, aucun ouvrage de quelque étendue — ou conçu dans un esprit réellement critique — (5) n’ayant été écrit sur lui en Angleterre.
Par contre, à l’étranger, notamment en Amérique, on lui a consacré un nombre très considérable d'ouvrages. Ce pays avait été, en effet, un des premiers à faire un accueil favorable à Browning, et, de très bonne heure, s’était efforcé d’interpréter ses productions d’une façon plus éclairée. Dès 1886, Miss A. Wall avait fourni une « Paraphrase of Sordello », et, la même année, fut donnée, par Hiram Corson, une « Introduction to the Study of Browning's Poetry ». Le très consciencieux « Guide Book to Browning's Poetry », de G. W. Cooke, date de 1891. M. Lounsbury, en 1912, consacra une étude à la jeunesse de Browning dans « The Early Literary Career of Browning ».
Entre temps, on vit paraître coup sur coup de nombreuses éditions des œuvres complètes du poète, souvent fort soignées comme impression : tantôt celle de « The Riverside Press », Boston and New-York (1895), en un volume unique, tantôt celle de Helen Clarke et CR. Porter
(4) En effet, le poète étant mort à ce moment (1891) il eût été plus facile de contrôler pendant sa vie certains détails autobiographiques. Cet ouvrage, remanié et augmenté par Sir A. KENYON, parut à nouveau en 1908.
(5) L'ouvrage de Mrs. Sim : « Robert Browning, The Poet and the Man », 1993, ne se place malheureusement pas au point de vue critique. È :
(1899), accompagnée d’introductions et de notes. D’autre part, soit à Boston, soit à Chicago, soit à Philadelphie et dans d’autres villes américaines, on fondait des Clubs et des Debating Societies où l’on discutait les problèmes divers soulevés par un examen plus approfondi de ses œuvres. En 1889, commença à paraître une Revue littéraire : « Poet Lore », qui fut presque entièrement consacrée aux productions de l’auteur.
Aïnsi, au moment où l’Angleterre — une fois de plus — se désintéressait de Browning, toute l'Amérique lui consacrait un nombre de plus en plus considérable d'ouvrages dont la majorité lui était favorable. Le pénétrant critique qu'est M. W. Phelps donnait dans une étude : « Browning, how to know him », où perçait à tout propos la sympathie très vive qu’il éprouvait pour l’auteur, des éclaircissements aussi nets qu’agréables d'œuvres qui, jusque-là, avaient paru d’une interprétation difficile. Enfin, en 1924-25, parut à New-York un ouvrage témoignant d’un prodigieux labeur, dû à MM. L. W. Broughton et B. F. Stelter : « À Concordance to the Poems of Robert Browning » (6).
L'exemple donné par l’Amérique fut suivi par d’autres pays tels. que l'Italie, l'Allemagne, et même l'Inde, qui abordèrent dans un esprit analogue l’étude des œuvres de Browning (7).
En ce qui concerne la France, c’est à elle que revient incontestablement l’honneur d’avoir vu la réelle valeur de l’écrivain à un moment où celle-ci était encore méconnue dans son pays natal. Pourtant l'écrivain à l'esprit si primesautier, eût pu en vérité paraître, par certains côtés, plus incohérent à des mentalités latines. Sans doute, Lefèvre-Deumier, en 1854, avait, dans son étude sur Paracelse, fait allusion au jeune poète anglais, sans doute, en 1860, E. Forgues avait-il, dans son livre « Originaux et Beaux Esprits », consacré une étude à Browning, mais ce furent les très remarquables articles que fit paraître Milsand dans __ la Revue des Deux Mondes (1851), et dans la « Revue Contemporaine » (1856) qui, par la justesse de leurs aperçus, et la sûre pénétration qu’ils Ée témoignaient du génie du poète, mirent, plus tôt et mieux que dans tout autre pays, Browning à son vrai rang. Après une si heureuse initiative, - ilest fort regrettable d’avoir à déplorer l'absence d’une étude détaillée __ sur notre poète, — dans l'Histoire de la Littérature Anglaise de Taine —
(6) « Travail un peu décevant, de pure statistique, dit M. de Reul (« L’Art et la Pensée . € de R. Browning »), où l’on n’a pas pris le soin élémentaire de distinguer dans les réfé-
___« rences des homonymes comme « Sound » = sain, et Sound = Son.
54 (7) Par ex. A. AivaT : « La Poésie de M. Arnold et de R. Browning ». (Voir Biblio-
graphie.)