RARE RR R À À À
Once more, therefore, come, O come !
L How should we clothe, how arm the spirit | Shall next thy post of life inherit — A How guard him from thy speedy ruin ?
e Tell us of thy sad undoing Here, where we sit, ever pursuing
5 Our weary task, ever renewing bé Sharp sorrow, far from God who gave
: Our powers, and man they could not save !
Æ (54) Chacun a l’idée qu’un successeur accomplira ce qu’il n’a pas réussi à faire. Cf. . V. 200, 332 et 348-353.
FE (55) Cf. V. 395 « Perils that oerwhelm me » et 495-500 : « And 1 would do as thou, a second time, and we shall fade, our task undone ». (55 bis) Aprile. 1 would love infinitely, and be loved. Ge First : I would carve in stone, or cast in brass,
LP The forms of earth. No ancient hunter lifted 4 Up to the gods by his renown, no nymph Supposed the sweet soul of a woodland tree Or sapphirine spirit of a twilight star, Should be too hard for me ; no shepherd-king Regal for his white locks ; no youth who stands Silent and very calm amid the throng, His right hand ever hid beneath his robe
Until the tyrant pass ; no lawgiver, No swan-soft woman rubbed with lucid oils Given by a god for love of her — too hard ! (420-432).
Pour exprimer, pour y placer les passions de l’homme, il aurait créé un monde à part, un monde :
C’est bien là Browning lui-même. Dans la deuxième tirade, il y a |
« plein de paysages, de bois, de vallées, de rochers et de plaines, de lacs qui, lorsque le matin se lève sur leur surface frémissante, flamboïient comme un dragon qui vole autour du soleil, des îles de l'Océan, si petites que le squale suivant à la trace une baleine morte, en les rencontrant, nageraït trois fois autour pour aller plus loin. Et ce ne serait pas tout. J'aurais représenté les labyrinthes de bronze, les palais, les pyramides, les cryptes, les bains, les galeries, les cours des temples, les terrasses, les quais, tout cela grouillant d'êtres vivants.
« …Puis, j'aurais parlé Aucune pensée, qui ait jamais agité le cœur humain, ne serait restée sans expression (56), toutes les émotions douces, depuis l'agitation twrbulente d’un cœur nourri de désirs semblables aux miens, jusqu’à la dernière sensation de
bien-être fermant les paupières fatiguées de celui qui dort par | une heure de l'après-midi accablante de chaleur, au-dessous de la
tente formée par un arbre, à côté d'une fontaine, aw bord du chemin : tout cela dans la langue qui convient à de pareils sujets.
« Enfin, comme un lumineux brouillard qui joint une étoile à l’autre, tous les vides laissés seraient remplis par la musique
exhalant les mouvements mystérieux de l'âme, indéfinissables,
excepté au moyen de mélodies étranges. » (V. 450-479) (56 bis).
une indication que cette chaleureuse ardeur de jouissance du beau, contenait une soif d’altruisme, un désir de haute charité. Ce qui prou-.
verait
qu’il s’agit ici de Shelley essentiellement, car Aprile déborde.
d'Humanité.
Cf. « Pauline », vers 370.
(56 bis) 1 would contrive and paint
Woods, valleys, rocks and plains, dells, and wastes, Lakes which, when morn breaks on their quivering bed, Blaze like a iwvyvern flying round the sun,
And ocean isles so small, the dog-fish tracking
A dead whale, who should find them, would swim fhrice Around them, and fare onward — all to hold
The offspring of my brain. Nor these alone :
Bronze labyrinth, palace, pyramid, and crypt, 1}
Baths, galleries, courts, temples and terraces, Marts, theatres and wharfs — all filled with men, (450-461) Men everywkhere !
Mais il n’a été qu’un rêveur, ivre de gloire, oublieux des devoirs limités que l’âme doit accomplir (57). L'existence de Paracelse a manqué de chaleur, la sienne s’est consumée par sa propre ardeur. Suit une représentation symbolique de la quête du poète dans un pays exotique, dans ce pays lunaire (58), où il va cueillir des fleurs de beauté qu'il rapporte à ses compagnons
< Je voudrais m'aventurer noblement pour eux : Lorsque les nuits seraient silencieuses et silencieuse serait la mer, et que je percevrais dans le lointain la terre d’où j'étais parti, et que je devais regagner, je fendrais les flots pour me retrouver une fois de plus chez moi, je chargerais ma barque et revenant précipitamment je jetterais à leurs pieds mes acquisitions qu’elles fussent précieuses ou sans valeur. « Amis, leur dirais-je, j'ai voyagé loin, loin, pour les obtenir, par delà les monts élevés, hantés par les colombes, par delà les dunes de terre rouge du sein desquels croissent d’étranges arbres, par delà les pistes serpentant au milieu de sables aveuglants et menus, blancs comme du lait jusqu'au moment où, sous une immense lune, en tremblant, je cweillis ces herbes magiques, baies et boutons de fleurs,
« en toute hâte, sans prendre la peine de rejeter les mauvaises « herbes, heureux de les cueillir coûte que coûte. À Moi qui les
ai vu fleurir dans leur sol natal, ils paraissent à peine jolis; mais vous, tressez-les et ornez vous-en. Devinez, en les voyant, les
« sources qui les ont nourris, les étoiles qui étincelaient au-dessus
d'eux, nuit après nuit, les serpents qui ont voyagé pour sucer leur nectar. » (58).
Même thèse que dans « Sordello », cf. note page 300.
1 would adventure nobly for their sakes :
When nights were still, and still the moaning sea,
And far away 1 could descry the land
Whence I departed, whither I return,
1 would dispart the waves, and stand once more
At home, and load my bark, and hasten back,
And fling my gains fo them, worthless or true.
« Friends, >» 1 would say, « I went far, far for them,
« Past the high rocks the haunt of doves, the mounds
« Of red earth from whose sides strange trees grow out, « Past tracks of milk-white minute blinding sand.
< Till, by a mighty moon, I tremblingly
« Gathered these magic herbs, berry and bud,
« In haste, not pausing to reject the weeds,
« But happy plucking them at any price.
« To me, who has seen them bloom in their own soil,
« They are scarce lovely : plait and wear them, you ! %
C’est ensuite, après l’idéal, le monde réel :
« Et que ce méme esprit — tout comme un seul et même « souffle du printemps déchaîne à la fois les neiges des montagnes « et console les violettes dans leur ermitage — devrait, d’une façon « plus humble, savoir représenter. » (V. 567-571).
A la fin de ce chant, Aprile, déjà assombri par les pressentiments de sa fin prochaine, nous apporte des précisions sur son idéal poétique. À vouloir étreindre tout, il a échoué. Il eût mieux valu se borner, se limiter (59). I1 a négligé les joies fragmentaires, les beautés partielles, il a dédaigné le labeur patient, il a compris trop tard la leçon de la vie : qu’il ne faut pas mépriser ni méconnaître la valeur des petits résultats, et que le Savant ne soit jamais insensible à la Beauté, l’Artiste à la Science ! Les visions trop belles l’ont séduit, au détriment de la peinture de la pauvre humanité (60). Il meurt enfin (61), tandis qu’il croit voir s’assembler autour de lui la troupe des poètes qui n’ont pu accomplir leur destin. Il s’éteint dans les bras de Paracelse, qu’il salue comme le poète parfait, mais qui voit s’illuminer le « Never more », le « trop tard >» de sa propre carrière, se rendant compte alors que toujours l'amour doit exister à côté de la science, que le cœur n’a pas moins d'importance que la tête. Aprile est mort de la poursuite d’une destinée guidée par le sentiment du beau seulement, sans la collaboration de l'intelligence à la vie du cœur. L’erreur du poète est ainsi complémen-
taire de celle de Paracelse (62). Cette scène est peut-être la plus belle |
du poème.
« And guess, from what they are, the springs that fed them, « The stars that sparkled o’er them, night by night, « The snakes that travelled far to sip their dew ! » Thus for my higher loves ; and thus even weakness Would win me honour. But not these alone Should claim my care ; for common life, its wants And ways, would I set forth in beauteous hues : The lowest hind should not possess a hope, À fear, but l’d be by him, saying better Than he his owe heart’s language (534-560.) (59) Vers 574-586. Les points de ressemblance ici avec la morale qui se dégage de « Sordello >» sont multiples. APhILE aurait dû choisir ‘une forme d’art : SORDELLO aurait dû choisir une voie, etc... | (60) Idée reprise et amplifiée dans « Sordello » : cf. fin du livre III. (61) C’est le Romantique qui se détruit, mourant jeune, ayant épuisé la vie. (62) Browning avait ajouté en 1849 un passage qu’il supprima en 1863, où il expo-
sait ses conceptions religieuses : « La nature de l’homme est d’être faible, sa force vient
de Dieu ; de la force de Dieu est née sa sympathie pour notre faiblesse qui le fait descendre sur terre, homme comme nous, etc. >» C’est un passage rare où il affirme sa croyance en la divinité du Christ. f
Troisième Scène
La scène III est une des plus longues et une des moins intéressantes. Elle renferme, par contre, une veine de poésie descriptive réaliste. Elle est consacrée au développement du découragement de Paracelse. Il a cherché, il est vrai, à recommencer sa vie ; il est arrivé au point culminant de sa courbe, Depuis cinq ans, il est à Bâle où il occupe la chaire de Professeur (63) et où la foule se presse dans un esprit béat. Selon toute vraisemblance, il est au comble de la gloire. Festus, qui est venu de très loin le rejoindre, est ravi de son succès apparent. Luimême et Michaelle, affirme-t-il, n’ont jamais cessé de penser à lui. Ils
ont eu, certes, des appréhensions à son sujet. L’idée qui nous est sug- gérée avec une infinie prudence, est que Paracelse au lieu de se marier, | a mené une vie dissolue. Ici perce le réalisme dans le poème où il se | manifeste si rarement, et qui sera à peine marqué au début de la : scène IV.
| Le manque de clairvoyance de Festus qui lâche le mot de : « glorious » exaspère Paracelse qui riposte avec toute la vivacité d’un homme aigri, dont l’épiderme est morbidement sensitif, If a ses nerfs, — signe indubitable de vieillesse et de dégénérescence morale. Les écailles tombent des yeux de Festus. Il voit maintenant l’altération des traits de son ami, ses cheveux blancs, ses mains amaïigries : « C’est vrai, dit-il, tu es bien changé ! » ë 5 Paracelse ramène la conversation sur Michaelle et il y a dans les vers qui suivent un passage idyllique et d’un caractère bien allemand, “sur la famille de Festus, — car celui-ci apprend qu’il a deux enfants : le petit garçon s’appelle Auréole, tout comme Paracelse, et une fille. Il présente ainsi, aux yeux de son ami, les bonnes images bien tou- - chantes et bien douces du bonheur familial, — détails qui ne doivent | qu’ajouter à la douleur de Paracelse, — Mais, peu à peu, Festus tâche d'en venir aux explications décisives. C’est à ce moment qu’il devient intéressant d’étudier les degrés successifs par lesquels Paracelse lâche - l’aveu de sa dégradation morale. Si, d’un côté, il plaisante amèrement et Ê fait la critique pittoresque et humoristique de son succès purement mon- dain, ses paroles ont par ailleurs tant d’amertume soutenue et énigmatique, que l’on sent grandir l’étonnement de Festus, puis enfin, la douleur. Il voit toute l’erreur de Michaelle qui a cru que Paracelse avait
Le