‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 75 sur 183 · A RP ARR À À AR · texte numérisé non relu

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Mais, rendu plus humble, il reconnaît maintenant que l’amour, la crainte, la foi et non la suprématie intellectuelle, constituent l’'Humanité.

La troisième scène s’achève donc sur une note de désespoir avec, malgré tout, une lueur d’espoir réconfortante.

Quatrième Scène

Paracelse, dans une auberge, à Colmar en 1538, s’entretient avec Operinus, son secrétaire et boit à la perdition de Bâle, qui l’a destitué de son professorat, en attendant l’arrivée de Festus qu’il a appelé près de lui. Celui-ci ne tarde pas à venir et Paracelse le met au courant de la situation. Lui, le Professeur si vanté, a été hônni et bafoué, parce qu’il a eu l’imprudence de vouloir inculquer à ses auditeurs la vraîe science. La Faculté tout entière s’est déclarée contre lui dès qu’il eut cessé de prôner ses méthodes désuèêtes. Après l’affaire de Lichtenfels — ce malade qu’il avait guéri et qui avait refusé de lui verser ses honoraires — il a eu maille à partir avec les notabilités de la ville et a été forcé de fuir :

« Aussi longtemps que je me contentais de donner en repré- « sentation les pures bouffonneries de mon art, c’est-à-dire les « gambades qui ne mènent à rien, on me combla d'éloges, mais « peut-on espérer empêcher jamais la sottise et la faiblesse de la « nature humaine de reprendre le dessus ? Je voyais accourir en foule tous les pauvres diables, qui suaient, se bousculaient, « juraient à en faire résonner les murs de la salle ! Et tout cela e à cause de moi ! Je leur voulais du bien, ce qui n'était que « juste, mais ne voilà-t-il pas que je n'avisais, d'aventure, de leur

témoigner, en plus de cela, quelque confiance, quelque respect, en somme, un peu de sympathie. Voilà donc que je m'avise de leur donner un enseignement, de chercher non pas à les « éblouir >» mais à « leur inculquer » cet esprit qui pousse à la

« recherche de la vérité ; chose que précisément vous m'aviez « recommandée avant tout de faire ! Je me suis mis alors à leur « dévoiler le fond de ma pensée. Sur le champ, un bataillon d’entre

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eux pris de dégoût se défila. « Ce n’est là que l’ivraie que lot sort du sac », me dis-je, et je redoublai d'efforts pour garder ce qui restait,

« Mais, que vis-je alors ? Que tel individu n'était resté si longtemps que pour savoir exactement si je soutenais telle ou telle des propositions que lui-même défendait : tel autre voulait, avant de porter lui-même un jugement, entendre, en toute impartialité, le pour et le contre, puis après avoir écouté, formulait un jugement ; tel autre disciple, à la mine affable et souriante avait paru jusque-là s'être laissé duper par moi, mais à ce qu’il appert, il n'avait à aucun moment cessé de voir résider l'erreur là où précisément les voisins avaient trouvé le plus à admirer ; tel autre, fougueux docteur, qui m'avait salué du titre

d d'ami, ne l'avait fait en réalité, que pour cette bonne raison

que les voies écartées que moi-même j'avais suivies, pouvaient, une fois qu'on aurait démontré qu'elles étaient condamnables, servir à remettre en honneur les bonnes vieilles routes où nos aïeux trottinaient en sûreté, — même en dépit de leurs fils plus difficiles ; tel autre vénérable découvrait certains versets de l'Evangile de Saint Jean qui, lus dans l’ordre logique, apportaient un baume à l'âme, mais qui, marmonnés à rebours, guérissaient de la goutte, de la gravelle, de la colique et de je ne sais quoi encore ! »

« À quoi bon insister plus longtemps ? La fin de tout cela ? — une salle vide, un sourire mauvais, tranquillement octroyé de

« la part de graves personnages, un regard aigre-doux, désappro- « bateur, de ceux qui, à peine un an auparavant avaient, la toque

à la main, installé le nouveau professeur. » (Vers 80-120) (67 ter).

(67 ter) Just so long as 1 was pleased

To play off the mere antics of my art,

Fantastic gambols leading to no end,

I got huge praise : but one can ne’er keep down Our foolish nature’s weakness, There they flocked, Poor devils, jostling, swèaring and perspiring,

Son sort est celui de tous ceux qui ont voulu faire progresser l’humanité et qui reçoivent en échange la haine et la défiance d’autruit. C’est la catastrophe de sa vie. I1 la présente avec un humour ironique, mêlé d’amertume, de haine et d’orgueil. Il avait été séduit par la beauté des buts qu’il s’était proposés : «< Who shall know their passing beauty if not I ? » Suit alors un véritable cantique où la Bien-Aimée (c’est-à-dire

le beau rêve de jadis) est comparée à un vase rempli d’odoriférantes odeurs :

« Entassez les aromates, que ce soit de la casse, des bourgeons de santal ou des fragments de labdanum et des boules d’aloës, qu'enduit le terne nard et que fait jaillir de ses cheveux une Indienne, en les essuyant. On voit le long des parois des montagnes qui se dressent en piédestal, couler pareils baumes du haut des sommets des arbres, où les vents fatigués par la vaste et hurlante mer se trouvent contraints d’assembler la moitié des trésors que les îles leur ont fournis.

< Puis, répandez les douces odeurs affaiblies de quelque fin « linceul égyptien tout rongé des vers, qui, dès qu’on le déroule n’est

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